CHAPITRE XX
âËRTIGE DE LA TRACTION
Généralités. —Nous avons vu au chapitre xviii de quelle maniërele service de la traction est rattaché à l'organisation générale. dans les compagnies de chemins de. fer. Dès qu'une ligne est ouverte, c& service devient sans contredit le plus important de tous, celui où les compagnies s'efforcent le plus de faire appel au zèle et à l'intelligence de leur personnel pour obtenir des améliorations et des économies. Si en effet des limites plus ou moins étroites sont im-! posées par l'importance du trafic à l'utilisatiou de la voie et dtt niatériel fixe, il n'en est pas de même pour le matériel roulant: dont on peut, pour un trafic donné, tirer plus ou moins bien parti, ce. qui est surtout vrai pour les machines qui en constituent l'élément le plus dispendieux.
' Nulle part, plus qu'en Amérique, on ne se montre persuadé de ce principe que ce matériel ne produit qu'autant qu'il roule, ni dis*^ posé & en poursuivre aussi loin que possible l'application.. , .:; :, Il suffit.de jeter les yeux sur les comptes rendus annuelliement distribués aux actionnaires des compagnies de chemins de fer, pour, juger du soin que mettent les compagnies à faire connaître au pur^ blic les résultats économiques obtenus dans les diverses brandies de service, et en particulier dana le service de la tra^tion^ Les extraits souvent très étendjus qu'elles donnent des rapports, du^ chef de ce service, et qui permettent à la fois aux actionnaires dt) juger des efforts qu'elles font pour accroître par des économies leura bénéfices, et aux diverses administrations de chemins de fer dQ se mettre au courant de ce qui se fait chez chacune d'entre elles, ne font que résumer d'autres publications mensuelles destinées plus particulièrement ft mettre squs' les yeux de^Jeur personnel^ A^^^ le plus grand détail, tous les renseignements statistiquesxejatîfs.i Ift
marche et à Tentretien des machines. Ces publications, qui don* nent pour chaque machine les noms du mécanicien et du chauffeur, servent à la fois à exciter Témulation de tous ces agents et à établir le montant des primes à leur allouer ^
Ce qui frappe tout d*àbord dans l'examen de ces documents sta« listiqueSy c'est le petit nombre de locomotives, eu égard à l'importance du trafic, et leur grand parcours annuel. Leur utilisation, plus complète qu'en Europe, offre d'ailleurs cela de remarquable, qu'elle n'entraîne pas une augmentation des dépenses de réparation et d'entretien, ce qui s'explique à la fois par le système de construction plus solide et plus uniforme employé pour les machines et par leur moindre vitesse de marche.
Ce fait ressort des résumés que nous donnons ci*aprè8 de divers rapports sur le travail [performance) des locomotives.
Statistiqiie de la traction sur divers réseaux, — On a condensé dans le premier tableau qui suit un des tableaux affichés mensuellement dans les divers bureaux du service de la traction sur le chemin de fer de Louisville-Nashville, qui fournissent pour chaque locomotive, par division du réseau, tous les renseignements que nous avons réunis ici pour l'ensemble du réseau et des machines. . Ces résultats que nous donnons pour le mois de mai 18S1 s'écartent peu de la moyenne relevée pour tout l'exercice 1880-1881 pendant lequel le nombre de locomotives en service a été de 311. Le parcours total de ces locomotives a élé de U025 175 kilomètres, ce qui fait ressortir un parcours annuel moyen de 45 097 kilomètres par locomotive. Les frais d'entretien et de réparation, y compris la construction complète de trois locomotives, se sont élevés en moyenne par kilomètre de parcours à 14,9 centimes dans le même exercice.
Un second tableau contient, sur l'exploitation en 1880-1881 des trois divisions du Pennsylvania R.R., des indications analogues mettant en lumière la grande influence qu'exerce, sous une bonne administration, l'importance du trafic sur les conditions économiques de la traction :
]. L'association dts Matier mechaniu citée plus haut publie mensueUement dans la RaUroad GaxHt9 des tableaux statistiques analogues, embrassant de 60 â 80 lignes de dienins de fer.
CHAF. \X. — 6ËR\1C£ DE LA THAGTION.