CHAPITRE XXII
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A voir les conditions fort imparfaites dans lesquelles s'exploitent les nouvelles lignes, souvent improvisées à la hâte, des États-Unis et du Canada, il est difficile de se défendre de l'impression que les accidents doivent y être beaucoup plus fréquents qu'en Europe. Certains publicistes américains ont même prétendu qu'il périssait annuellement plus de personnes sur les chemins de fer et les bateaux à vapeur dans un seul des grands États de l'Union que dans tous les États européens réunis. Le fait que les grands journaux de New-York ont presque tous les jours à enregistrer des accidents survenus sur quelques points de l'immense territoire des États-Unis, en faisant croire qu'ils sont plus nombreux que dans d'autres pays où ils sont relevés avec moins d'empressement par la presse, ne conduit que trop facilement le public à des appréciations inexactes à ce sujet.
Accidents par imprudence. — Il importe tout d'abord d'établir une distinction entre les accidents dus à l'imprudence des victimes et les accidents survenus aux trains proprement dits. En raison de la grande liberté qu'on a de circuler, soit sur la voie, soit sur les trains, et de la répugnance que professent les Américains pour une foule de sujétions auxquelles le public sur le continent européen se soumet aisément, dès qu'elles ont pour objet sa sécurité, il n'y a pas lieu de s'étonner que la première catégorie d'accidents soit très nombreuse .
Dans les rapports produits par les commissions des chemins de fer pour les États de Massachusetts, New-York, Pennsylvanie et
Illinois en 1875-1876, on trouve les accidents répartis ainsi qu'il suit :
DÉSIGNATION
NEW-YOUK
MASSACHU- SETTS.
PENxNSYL- VANIE.