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Notis avons eu Toccasion d'assister à des essais divers, qui nous ont permis de constater les qualités tout à fait surprenantes de la fonte employée à la fabrication des roues dans certains établissements *.
Roues à disques en papier. — Pour rendre les roues plus élastiques et moins sonores, après avoir essayé pendant quelque temps de se* servir du bois, on a fini par employer le papier comprimé.
L' American Paper Car Wheel &, d'Hudson (New- York), fabrique des roues en papier ayant jusqu'à 1",07 de diamètre. Le disque central en papier est fixé» ainsi que le montrent les figures S3 et 24, pi. IV, au moyen de cercles vissés contre des saillies du bandage entre lesquelles il est emprisonné. En soumettant le disque en papier & une pression de 400 tonnes, on parvient à lui donner une très grande dureté.
La Compagnie des Pullman cars, qui emploie de préférence les roues en papier, attribue à l'élasticité de cette matière la grande durée de certains bandages de roues. On cite des roues à disques en papier et bandages en acier fondu ayant fait sous un wagon-lit un parcours de 525 000 kilomètres en ne passant qu'une fois au tour. L'épaisseur du bandage permettant un second passage au tour, on estimait qu'on pourrait atteindre un parcours total de plus de 650 000 kilomètres. Les disques en papier peuvent être réutilisés avec de nouveaux bandages.
Voitures de loxe.
Ainsi que nous Tavons dit, la première classe des voitures à voyageurs est remplacée sur les chemins de fer aux États-Unis par des voitures présentant des dispositions spéciales, qui les rendent tout particulièrement propres, soit aux voyages de jour, soit aux voyages de nuit. En dehors de ces voitures de luxe, dans lesquelles les voyageurs peuvent s'installer moyennant une redevance supplémentaire pour tout le trajet qu'ils font, il y a encore des wagonssalles à manger, dans lesquels on fait passer successivement les voyageurs du train aux heures des repas.
Wagons-salons. — Les wagons-salons {drawing room cars) ont
1. Une note insérée à la fin de ce volume donne quelques détails sur des expériences faites aux ateliers du chemin de fer de Pennsylvanie à Altoona.
cela de particulier^ qu'ils assurent à chaque voyageur un espace plus grand que celui qui lui serait assigné en cas d'afiluence dans une voiture ordinaire, et qu'on donne généralement aux voyageurs la possibilité de se placer dans une direction quelconque. Dans les voitures ordinaires, le dossier du siège est bien réversible, mais c'est le conducteur qui tient les clefs des serrures maintenant chaque dossier dans l'une ou l'autre de ses deux positions, et chaque siège devant être occupé par deux voyageurs, il faut encore un accord, non seulement avec le conducteur, mais aussi avec un autre voyageur pour pouvoir changer sa position par rapport à la direction de la marche du train. Dans les wagons-salons, chaque voyageur a son fauteuil. La majeure partie de ces sièges se trouvent montés sur un pivot vertical, qui permet au voyageur, non seulement de se placer dans le sens du mouvement ou dans le sens opposé, mais aussi de prendre les positions intermédiaires. Dans un pays pittoresque, le voyageur peut ainsi se tourner vers le côté qui présente pour lui le plus d'intérêt; des glaces de dimensions exceptionnelles, séparées par des panneaux pleins de très faible largeur lui permettent de mieux jouir de la vue.
Les sièges sont disposés en double ou triple rang dans le sens de la longueur ; un certain nombre d'entre eux, au lieu d'être montés sur pivots, se trouvent fixés contre l'une des parois ou placés dans les angles. Cette position, qui enlève au voyageur la possibilité de faire pivoter son siège, le met par contre à l'abri des courants d'air.
Pour que des sociétés d'un certain nombre de personnes puissent s'isoler du reste des voyageurs, on établit en général, dans les wagons-salons, des cloisons formant des coupés isolés (staie roamé) dans lesquels il y a de quatre à six sièges. Nous donnons pi. Y, fig. 9 et 10» la coupe et le plan d'un wagon-salon. Le wagon représenté ne contient que 27 sièges, quoique la longueur de la caisse soit de 15", 10. Par l'emplacement donné aux cabinets d'une part, aux cloisons entourant le poêle et les provisions d'autre part, la voiture se trouve divisée en sa longueur en trois parties. Sur celle du milieu, on a encore [pris une part pour y établir un coupé séparé.
Ce n'est que dans la partie centrale que se trouvent des fauteuils pivotants. Les sièges, dans les deux sections voisines des portes, sont des fauteuils et des pliants; dans le coupé séparé, il y a deux pliants et un divan pour deux personnes. Tandis que les fauteuils pivotants ont des dossiers de hauteur insuffisante pour pouvoir
60 CINQUIÈME l^ÂRTIE. — MATÉRIEL DE TRANSPORT.
y appuyer la tête, ceux des autres sièges sont assez hauts pour cela; c'est du reste un avantage auquel, il faut le dire, le public américain ne parait pas tenir au même point que le nôtre.
Pour mettre les sièges placés près des portes d'entrée à l'abri des courants d'air, des paravents vitrés se rattachent, par des retours d'équerre, aux faces de tête du wagon de part et d'autre des portes, et forment un petit couloir. La largeur de la caisse du wagon étant de 2«»,80, sa longueur, de 15",10, on a l"*,566 de surface de wagon par siège dans ce wagon-salon.
Gomme les wagons de luxe représentent en raison de leur installation coûteuse un capital très important, et que leur nombre n'est pas considérable, on a pris l'habitude de leur donner, comme aux locomotives chez nous, en dehors du numéro d'ordre, un nom.
Il y a des wagons- salons qui utilisent beaucoup mieux la superficie de la caisse que celui dont nous venons de parler; ainsi le chemin de fer de TErié a un wagon-salon dans lequel les sièges pivotants sont placés sur trois rangées; il y en a 15 dans la partie centrale; 4 près d'une porte, et 5 près de l'autre. Contre les cloisons renfermant le coupé isolé, la toilette et le poêle, se trouvent trois banquettes ou divans formant sièges pour 8 personnes, et trois fauteuils; de plus, dans le coupé isolé, ily a un divan pour 4 personnes et trois fauteuils. Cette voiture offre donc des sièges pour 42 personnes. Une voiture ordinaire peut recevoir dans le même espace 62 personnes; chaque voyageur dans ce wagon de luxe a donc une fois et demie l'espace qui reviendrait à chaque voyageur dans une voiture ordinaire qui serait au complet; de plus, il se trouve dans un wagon plus élégant et présentant plus de surface éclairée que les wagons ordinaires. Pour le reste, c'està-dire quant à la hauteur libre et au système de chauffage, il n'y a pas de différence notable avec les voitures ordinaires. r La ventilation est généralement plus soignée dans les wagonssalons; ainsi il y en a qui ont les déflecteurs système Winchell, et où toutes les ouvertures peuvent être closes avec des cadres tendus de toile métallique pour arrêter la poussière et les étincelles.
Wagons-lits. — Les wagons-lits (sleeping cars) sont les wagons de luxe les plus répandus et en même temps ceux qui sont les plus nécessaires sur les chemins de fer en Amérique. Ils ne remontent pas au delà de l'année 1859, époque où les premiers wagons-lits
furent construits clans les ateliers de la Compagnie du Chicago et Alton R.R. ^
L'usage de ces wagons a pris une extension considérable sur la plupart des lignes : en 1880, on a compté en moyenne, par train de voyageurs, pour une voiture ordinaire, une proportion de wagons-lits de :
0,45 sur la ligne de Louisville-Nashville, et de
0,44 sur le Pennsylvania-Central entre Philadelphie et Pittsburg.
Ainsi qu'on l'a vu par la description qui précède, les voitures ordinaires n'offrent en effet, même pour le cas où elles seraient loin d'être au complet, nulle commodité pour les voyages de nuit. Les banquettes n'ont qu'environ un mètre de long; on ne peut donc pas 8^ allonger, et les banquettes, se trouvant en face l'une de l'autre, ne présentent, même en rabattant les dossiers en sens inverse, qu'environ 1°*,30 de longueur, ce qui est également insuffisant pour pouvoir s'étendre dans le sens de la longueur du wagon. Les grandes distances que l'on a souvent à parcourir d'une traite aux Etats-Unis, jointes à cette installation incommode des voitures ordinaires pour les voyages de nuit, ont dû nécessairement conduire & l'introduction de wagons spéciaux pour ces voyages. Le mérite d'avoir perfectionné la construction des wagons-lits, au point où nous la voyons parvenue aujourd'hui, revient principalement à M. Georges Pullmcmj de Chicago, qui a monopolisé longtemps la construction et la location des wagons-lits, et qui a donné son nom à leur système d'installation.
Le wagon-lit américain diffère avantageusement de ceux que l'on a introduits depuis quelques années sur plusieurs lignes européennes. Les dimensions bien supérieures des caisses et leur mode de suspension contribuent considérablement à cette supériorité.
Le wagon-lit typique présente les dispositions suivantes : à droite et & gauche du couloir central se trouvent, comme dans toutes les voitures & voyageurs des chemins de fer américains, des banquettes transversales. Les dossiers- de ces banquettes ne sont toutefois pas réversibles comme dans les voitures ordinaires; ils sont fixes, et il y a toujours deux banquettes qui se font face et forment une division, dite section du wagon. Un wagon-lit contient en général 12 sections, ce qui permettrait à la rigueur d'y faire coucher