‹ Les chemins de fer en 1862 et en 1863Chapitre 37 sur 58 · DÉTAILS SUR LA FABRICATION DES RAILS EN FER · texte numérisé non relu

DÉTAILS SUR LA FABRICATION DES RAILS EN FER

Composition de la trousse. — L'exposition, outre les rails en acier puddlé, Bessemer ou fondu, nous offre un grand nombre de rails en fer, de formes variées, dont la cassure dénote généralement un fer de bonne qualité. Mais quelle conséquence utile 1irer de l'aspect de ces rails? Nous savons que des usines dont la fabrication courante est médiocre ont exposé de très-beaux rails. Cela n'a rien qui doive étonner. La question serait de savoir à quel prix ces usines pourraient livrer ces rails aux Compagnies. Il ne faudrait d'ailleurs pasjuger de la qualité des rails par la cassure seulement. L'aspect de la cassure varie suivant la manière dont elle a été faite. Les ingénieurs ne sont pas d'accord sur l'influence exercée par cet aspect sur la durée du rail ; les uns veulent une cassure partie grenue, partie nerveuse, d'autres une cassure toute grenue ; quelques-uns enfin une cassure entièrement nerveuse. La question si intéressante de la fabrication des rails ne peut être utilement considérée que dans les usines. Nous n'avons pu mallieureusement les visiter; mais des notes qui nous été fournies par M. H. Mathieu, ancien élève de l'école centrale

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des arts et manu facture?, ingénieur du matériel au chemin de fer du Midi, qui y a séjourne et en a étudie les procédés de fabrication, jetteront quelques lumières sur ce sujet. Avant de les transcrire, nous croyons devoir les faire précéder de quelques ligues sur les méthodes les plus généralement en usage- Pour fabriquer un rail, on commence toujours par former une trousse composée de barres de fer plat d'environ 7 mètres de longueur que l'on superpose. On chaullo la trousse au rouge blanc dans un four à réverbère, puis on la fait passer dans un laminoir où, après avoir été étirée dans plusieurs cannelures de dimension el de forme variées, elle finit par prendre la forme dit rail. I*s barres de fer, par la compression, se sondent entre elles de manière a ne plus former qu'une seule et même barre. Quelquefois on se sert, pour comprimer la trousse, indépendamment du laminoir, des marteaux d'espèces diverses.

Les barres dont on forme la trousse ne sont pas ordinairement de la même qualité. Celles qui , se trouvant au sommet et nu pied de la trousse, doivent faire partie du champignon dans le rail tini (rail à double champignon), sont en fer grenu n* 2 (fer corroyé).

Pour le rail a simple champignon, Yignole ou autre, elles ne sont en fer n" 2 que pour le sommet. Les autres, qui forment le corps du rail , ou le pied dans le rail h simple champignon, sont en fer n° I (fer puddlé ou ébauché), le rail périssant le plus souvent parle dessoudage de ses éléments, on attribue ce dessoudage à l'emploi des deux espèces de fer n* 2 et n* 1, qui se soudent mal l'un à l'autre. On a donc essayé de substituer

entièrement composées lie Ter n° 1 ou de fer n s 2. Les barres de fer n° 2 se soudent mal les unes aux autres, celles en fer n" 1 se soudent bien ; mais il faut pour obtenir de bons rails employer du fer n° I d'une qualité particulière. Ou a donc renoncé aux trousses en fer n" 2, et on essaye dans un grand nombre (i'usires. en Allemagne surtout, les trousses en fer puddlé. La question des avatitages respectifs des rails en fer n" 2 et n° 1 ou en fer n" l seulement n'est pas encore résolue.

En France, toutes noa grandes usines, après avoir essayé les trousses en fer puddlé, continuent a faire emploi des trousses composées de fer n" t et n" 2. Il en est de même eu Angleterre. C'est en Allemagne seulement que la fabrication des rails uniquement en fer puddlé s'est répandue.

Nous n'avons pas à parler de la fabrication des rails en France, bien connue de nos ingénieurs. Les notes de M. Mathieu feront connaître celle du pays de Galles, et d'autres notes, que nous croyons devoir également reproduire, et qui ont été rédigées par M, Guillaume, ancien élève de l'école centrale, ingénieur du matériel iixe au chemin de fer de l'Est, donneront une juste idée de la fabrication en Allemagne.

Les personnes qui voudraient connaître mieux cette fabrication devront consulter un intéressant mémoire publié par M. hesbrière , ingénieur civil, sur la fabrication des rails en fer puddlé Ji l'usine du l'héuix (bords du Rhin).

Voici d'..bord 1rs notes de M. II. Mathieu.

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•'Fabrication des rails en Angleterre. — La Compagnie des chemins de fer du Midi français a fait, en Angleterre, pour les besoins de son nouveau réseau, une commande assez importante de rails, que les forges françaises ne pouvaient s'engager à livrer en temps opportun.

■ Ces rails ont été commandés aux deux usines de Blaind et Dowlais, situées dans le pays de Galles. Les conditions du marché ont été exactement celles imposées à nos forges françaises. Quelque répugnance que les maîtres de forges anglais aient d'abord manifestée à accepter notre cahier des clvirpos, ci'iirnibnl ils ont compris que la seule manière de faire concurrence à nos usines sur le marché français était d'acci'ptfr les mêmes conditions qu'elles.

« Les fontes servant à la fabrication des rails proviennent toutes des mêmes minerais : fer carbonaté, hématite rouge, auxquels on ajoute des scories provenant des fours à puddler et des fours h réchauffer, grillées en las.

■ Les fourneaux marchent à l'air chaud.

• La fonte qu'ils produisent est généralement mazée. Quand elle ne l'est pas, on la coule dans des lingolières que l'on arrose d'eau.

■ La fonte mazée est destinée a la fabrication des couvertures, la fonte non mazée k celle des fers qui doivent composer l'intérieur du paquet.

■ En outre, le puddlage esl conduit avec l'une ou l'autre fonte, de manière à obtenir du grain pour les couvertes et du nerf pour le repos du paquet. La boule' puddlée est pressée au squeeier et amenée par quatre

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