SUR LE MATÉRIEL BOULANT
' Les directeurs des Compagnies en Angleterre, dit M. Lan, se préoccupent peu de résoudre celte question; ils paraissent être unanimes pour repousser cette idée, à cause des chances d'accidents qu'entraîneraient des arrêls provoqués inconsidérément et pour des motifs plus ou moins frivoles. »
En France, les directeurs de nos grandes Compagnies, interrogés par le gouvernement, on répondu dans le même sens.
Chauffage des voitures. — On a beaucoup parlé de la nécessité de chauffer les voitures des trois classes. En Anglelerre, on ne chauffe jamais les voilures de deuxième et troisième classe. Quelquefois même, d'après M. Lin, on néglige de chauffer les premières. Les Compagnies françaises ne demanderaient pas mieux que de chauffer les voitures de toutes classes, si on pouvait leur en indiquer le moyen. Elles y trouveraient certainement leur avaniage, car le surcroît de frais qui en résulterait aurait été amplement couvert par l'augmentation du nombre des voyageurs. Malheureusement, on n'a découvert jusqu'à présent aucun procédé tout à fait pratique de réaliser cette pensée. Les directeurs de Compagnies ont été unanimes sur ce point, lorsqu'à l'occasion de l'enquête ils ont été mis en demeure d'émettre leur opinion.
On se hute en général beaucoup trop d'accuser les administrateurs, directeurs et ingénieurs en chef des Compagnies d'être indifférents au bien-être ou k la sécurité du public. Leurs intérêts se confondent plus souvent qu'on ne ie suppose avec ceux des voyageurs.
£98 RAPPORT DE M. PKRDONNET .
Ainsi, s'agit-il de la sécurité, qui plus qu'eux esl intéressé à rechercher et a employer toutes les précautions, tous les appareils capables de contribuer à l'augmenter? Appelés par leurs fonctions à voyager fréquemment, ils sont, plus que ceux qui les condamnent, exposes aux accidents. Qui plus qu'eux également est capable d'éludier les mesures à prendre dans ce but ?
Rtanmt.
De tous les matériels, le matériel français, que nous avions regretté de ne pas voir sufu'samment représenté à l'exposition de Londres, mais dont toutefois le wagon l'auwels et Cie pouvait donner une idée , est celui qui nous semble avoir la supériorité. Il est le plus économique, le plus léger.
Il est plus commode pour les voyageurs que le matériel anglais ou le matériel belge, et n'est comparable, sous ce dernier rapport, qu'au matériel allemand, généralement trop lourd pour un service de grande vitesse.
Les roues en fonte, dont l'usage est si répandu en Allemagne, sembleraient pouvoir être substituées avec avantage en France aux roues en fonte do fer ou entièremenl de fer, du moins dans les wagons à marchandises. Nous pensons que les Compagnies françaises feront bien d'en essayer l'emploi. Elles ont déjà porlé leur attention sur la question des avantages respectifs des différentes espèces de bandages en acier puddlé, Verdié, et en acier fondu de Bessemer, substitués aux