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nent des centres importants de trafic, et témoignent leur exacte compréhension de moyens d'action qui sont mis en œuvre.
La création d'un réseau ferré africain a transformé complètement la situation de ces immenses et riches territoires. La conception magistrale du Franssaharien. Ce chemin de fer de Kayes au Niger, la ligne du Cap au Nil, du Congo belge, de l'Est africain, permettront de faire traverser un continent de part en part, de relier entr'elles des terres qui s’ignorent et de faire rebrousser les richesses ignorées du monde noir vers le vieux Nil qui ne se connaissait pas des sources aussi lointaines.
Sans doute de telles entreprises ont été difficiles et périlleuses, mais déjà les résultats commencent à s’apprécier. Une transformation complète s’est produite dans toutes les régions desservies et toute la prospérité dont bénéficient les colonies et les métropoles est dûe à ce nouveau et puissant agent d'évolution commerciale.
Et comme exemple il nous paraît nécessaire de montrer le changement extraordinaire, la métamorphose, pourrait-on dire de diverses colonies. :
En Afrique Occidentale française, le chemin de fer a été non seulement un meilleur instrument commercial, mais encore un excellent facteur de pacification.
= Au Sénégal, la création de la ligne Dakar-St-Louis donne à la culture des arachides une extension prodigieuse, l'exportation qui n'élait que de 175 francs en 1846 s’éleva en 1880 à 20.000 fr. Dès la mise en exploitation de la ligne en 1885 13.133 tonnes, en 1895 34.837 tonnes, en 1905 53.817 tonnes, en 1997 101.832.675 tonnes étaient transportées.
En 1910 malgré une diminution de poids de 10.000 tonnes, les arachides sont en avance de 3 millions de francs. De vrais villes sont installées, des voies Decauville relient entre elles les différents comp: toirs et les populations, il y a quelques années encore brutales et autoritaires se livrent à la culture de ce produit, se transportent vers les stations de la voie ferrée. Au point que trois communes mixtes sont instituées en 1904 et que le chiffre des exportations et des importations double en 10 ans. s :
Dans le Haut Soudan jusqu'à l'époque de la création de la voie ferrée le commerce du Haut fleuve, s'était borné à quelques petites opérations de traite que faisaient les traitants de St-Louis sous la protection d’un avis qui les escortait, Sitôt là fermeture de la traite,
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ils retournaient avec quelques chalands ou pirogues, chargés de gomme, de plumes de parure et d'or de Galaim. Le reste de l’année le commerce se cantonnait autour des forts de Bakel et de Médine. Avec l'occupation du Haut Fleuve, les maisons .- du Sénégal ouvrent des comptoirs où viennent s'approvisionner les Diaoubas indigènes, mais aussitôt que les ateliers de la construction de la ligne sont créés à Kayes, ces maisons s’établissent définilivemeot. Les efforts du commerce se portent vers le Sahel. Le syndicat du Soudan français installe à Kita un comptoir, une socicté hollandaise, la compagnie commerciale du Soudan français vient s'installer à Kayes et à Kita, la compagnie Niger Soudan s’installe à Bamako. A l'heure actuelle dans le Haut Sénégal et Niger, on peut compler ure trentaine de comptoirs européens, la plupart français et cinq maisons indigènes. L'ouverture de la ligne Thyes à Koyes et le prolongement < jusqu’à Kankan du chemin de fer de la Guinée, aura pour effet de desservir des pays déjà producteurs et de permettre une exploitation sérieuse des sels gemmes et du bétail de la région de Tichetet Taoudenit, sur la frontière Saharienne des articles de traite, tissus, senolerie, koia et caoutchouc venant des frontières du Sud et de la Côte d’or anglaise. Il ne faut pas oublier que les territoires compris entre le Niger, le golfe de Guinée et l'Atlantique contiennent de l'or et du fer. Si l'exploitation sérieuse des mines de fer doit être envisagée avec réserves, il n'en est pas de même des mines d’or qui sont très importantes et qui donneront à toute cette région un essor! industriel et - commercial considérable. Les filons aurifères importants existent au Bambouck. L'exploitation est tout à fait primitive en raison des difficultés de transport des matériaux. Mais il serait facile de relier cette région par un chemin de fer Decauville à la ligne Kayes Niger, de - mettre en communication les centres auriféres de Kamanan, de Tambaoura, de Mamakono avec les gares de Bafoulabé au Kale et d’expédier ensuite par le Sénégal à St-Louis, ou par la ligne Thyes- BAYeee à Dakar les produits aurifères de cette région.
En Guinée Française, un développement commercial analogue s’est produit. Tout le négoce de la région qui se trouvait avant la chute de Samory était absorbé par les comptoirs anglais de Siérra Léone. Tous
. les indigènes venus de Kankan ou Kouroussa portaient leurs produits . vers Falaha, Karin et Frec Towm, seul port important de la région. L occupation par nos troupes de la route de Kouroussa à Konakry par
Timbo, assura la pacification du pays et permit aux indigènes de fa
suivre à leurs produits la route de Konakry, ville nouvelle qui all bientôt être dotée d’un port et de voies d'accés.
Au début une lutte très pénible et très dure s'engagea contre les centres commerciaux anglais situés aux rivières du Sud, Bake, Baffa, : Dubreka, Un règlement de frontière nous fit bénéficier fort heureuse- E ment du trafic considérable des caoutchoucs du ou et des Koïas 4 de la Guinée anglaise. ER
En 1897 alors que le trafic de Frec Town était à peu près insigni- 4 fiant, le commerce de la Guinée Française accusait 14.363.351 francs dont 6.725.276 pour l'exportation. Tous nos efforts pour nous Mt tenir dans une situation aussi florissante auraient été inutiles sans la construction du chemin de fer. Dés que les études de la ligne ont été achevées en 1899 l'exportation du caoutchouc s’éleva de 7 millions et. 1 demi à 8.600.060 de fr. en 1902. È
Le rail qui au 31 mars 1909 atteignait le kilomètre 355 à partir de Konakry est arrivé à Kouroussa en octobre 1910, point terminus de à la ligne.
Au nord de Kouroussa dans le Sakho à côté de Didé se trouvent des gisements considérables d’or qui sont en exploitation. Desservis pa ; Siguiri êt le Niger, des chargements pourront descendre jusqu’à Ko roussa où ils prendraient la voie ferrée pour être embarqués à ‘a Konakry. De
Le chemin de fer de la Côte d'Ivoire quoique desservant une régio encore insuffisamment explorée à un intérêt économique certain. permet l'exploitation de forêts tropicales, contenant des caoutchoucs et des bois précieux. Il donnera également un essor considérable l'industrie minière très répandue dans tout le bassin de la Lanoé. :
Au Dahomey le chemin de fer a permis également le développement des cultures d’arachide, d'huile de palme, de coton et surtout de | maïs dont la production est passée de 207 Tr en 1904 à 20.000 Tr.
1908. | es Dans quelques années lorsque toutes les voies de pénétration sero définitivement et complétement exploitées, il sera peut-être possibl de les relier entre elles par la création d’une ligne coupant sensibli ment en ligne droite la boucle du Niger de Sikasso à Say, qui desserirait les territoires du Lobi, du Mossi et du Haut Dahomey. Le développement remarquable des cultures et des industries dan