CONCLUSION
Notre préoccupation dans cet ouvrage n’a pas été de mettre à nu les causes profondes qui ont en un quart de siècle transformé complètement toutes les colonies d'Afrique. Une telle œuvre dépasserait les limites forcément restreintes de cette étude.
Nous avons simplement voulu démontrer l’effort constant de toutes les nations colonisatrices pour créer et développer les voies de communication, pour instaurer ce que très justement on a appelé « la politique des chemins de fer ».
Alors qu'il y a trente ans l'importance d’une voie ferrée coloniale aurait été plus ou moins relative et n'aurait jamais risqué de bouleverser l'équilibre de l'Europe, aujourd’hui le chemin de fer devient plus que jamais l'instrument et l'objectif des grandes activités internationales et il semble que sa créatiou ne doive pas être le but final, mais bien la cause initiale de toute conquête.
Hier encore la plus vieille des traditions géographique militaire, politique, économique, considérait comme de grande valeur les vallées des fleuves. Les routes terrestres suivaient les pistes de guerre tracées par les premiers hommes le long des fleuves. Les voies ferrées n’eurent à l’origine qu'à s'installer sur ces chemins antérieurs. Mais tout change et le génie des hommes à abordé et a vaincu toutes les difficultés. Franchissant les montagnes, dédaignant les précipices, il a supprimé tant au point de vue stratégique qu'économique l'importance exclusive des vallées. È
Le chemin de fer remplace le fleuve et installe autour de lui des champs d'exploitation et d'apport artificiellement constitués. Une vie nouvelle apparaît. Les indigènes faisant affluer leurs produits le long des lignes, assurent la formation pour ainsi dire subite aux abords de la voie ferrée, d’agglomérations qui dans un délai très court devien-