‹ Les chemins de fer en Amérique [microforme]Chapitre 141 sur 195 · Railroad Gazette du 29 novembre · texte numérisé non relu

Railroad Gazette du 29 novembre

2. Le cyprès vient dans les plaines qui bordent les rivières, et l'on se sert généralement du flottage pour le transport des bois. Le cyprès noir ayant un poids spécifique considérable, on est obligé d’attacher les bûches de ce bois à des bûches de bois plus légers, tels que le genévrier ou le sapin. — Ces sujétions du transport augmentent le prix de revient.

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On admet, en général, que les traverses en chène ne doivent pas recevoir du rail une pression de plus de 28 kilogranmes par centimètre carré; celte pression est réduite à 21 et 17 kilogrammes pour les autres essences. C’est en partant de ces chiffres que l'on rè-

gle, d'après la charge des roues motrices, la largeur des traverses et leur écartement, ou bien la largeur du pied des rails.

Conservation des traverses, — Le renouveilement des traverses d'un chemin de fer entraine des dépenses de deux natures : des dépenses de fournitures et des dépenses de mise en œuvre,

Même dans les localités où le bois abonde, où il n'a pour ainsi dire pas de prix, tant qu'ilest sur pied, le prix très élevé de la maind'œuvre a fini par conduire à la recherche des moyens propres à augmenter la durée des traverses.

Les soins donnés au drainage du corps de la voie ont pour bul principal la conservation des traverses. Il en est de même du choix du ballast et de la défense de recouvrir les traverses avec du ballast!,

Pour diminuer les chances de pourriture, on bouche sur diverses lignes les trous que présentent les traverses; le personnel de la voie est muni de chevilles en bois, qui doivent être enfoncées dans les trous que laissent les clous ou les chevilles retirées lors du renouvellement des rails.

Dans la région du Pétrole, en Pennsylvanie, on enduit de cette huile les traverses aux endroits où les rails s'appliquent: sur quelque: chemins de fer, on substitue le goudron à l'huile de pétrole.

Indépendamment de ces précautions prises pour la conservalion des traverses, une fois qu’elles sont posées, on cherche depuis quelques années à prolonger la durée des bois par une préparation préalable.

C'est sur les côtes de l'Atlantique et du Pacifique que les prcmiers chantiers pour l’imprégnation des bois ont été établis. On a commencé par appliquer des procédés de conservation aux bois destinés à des travaux maritimes et à la construction des navires, pour les mettre à l'abri du ver taret, qui se rencontre dans tous les

1, On à constaté sur le chemin de fer Central Pacific que les traverses en sapin, posées dans la région des Eaux amères, sur un sol qui renferme beaucoup de sels alcalins. notamment du sulfate de magnésie, se conservaient beaucoup mieux que partout ailleurs,

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ports de l'Atlantique, el plus encore dans ceux de l'Océan Pacilique, et l'on est passé ensuite à la préparation des lraverses de chemin de fer, Ilexiste déjà un assez grand nombre de chantiers pour cette préparation, Tout récemment un grand établissement de ce genre pour l'iniprégnaltion à l'huile de goudron vient d'être fondé à Elisabeth, sur le chemin de fer Central of New-Jersey.

En 1873, le nombre de brevets délivrés pour des procédésde préparation de bois dépassait déjà 50, et il a dû sensiblement s'accroitre depuis cetle époque.

L'un des premiers procédés introduits en Amérique * été le procédé Bethell, depuis longtemps appliqué en Angleterre, où l'on emploie, comme on le sait, l'huile de goudron.

On sait que pour faire pénétrer cet antiseptique dans l'intérieur du bois on introduit les pièces à injecter dans un cylindre, que l'on ferme hermétiquement, et qui peut supporter une pression intérieure de 6 à 8 almosphères.

La profondeur à laquelle pénètre l'huile de goudron, ainsi que la quantité absorbée, est plus ou moins considérable suivant l'essence et l'état de dessiccation du bois. Lorsque le bois est bien secet bien écorcé, la matière antiseptique peut pénétrer presque jusqu'au cœur des pièces de bois équarries.

D'après un rapport de M. F. J. Arnold, le sulfate de cuivre aurait été aussi employé avec succès sur certains points; cependant, c'est l'huile de goudron qui a toujours donné les meilleurs résultals,

Parmi les divers procédés d’imprégnalion imaginés en Amérique, nous croyons devoir signaler ceux de M. M. Seely el Robins, Tous deux se servent comme Bethell de l'huile de goudron.

Le professeur Seely provoque la pénétration des bois en Îles immergeant dans l'huile de goudron chauffée à une lempéralure variant de 100 à 150 degrés centigrades,

Cette haute Lempérature détermine lévaporalion de l'eau contenue dans le bois. Dès qu'elle est atteinte par toute la masse, on remplace le goudron chauffé par du goudron froid, pour que le vide, qui se fait par la condensation de la vapeur, remplissant les pores du bois, y détermine la pénétration de l'huile de goudron. On voit que l'humidité du bois ne nuit pas à la facilité de l’imprégnation

1], San Francisco, 1819.

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faile d'après le procédé Seely; suivant l'essence des hois el les dimensions des pièces injectées, l'absorption varie de 60 à 190 kilogrammes d'huile de goudran par mètre cube.

Quant à M. Robins, il opère avec les vapeurs d'huile de goudron, Il commence par bien écorcer les bois, qui sont ensuite introduits, comme dans le procédé Bethell, au moyen de wagonnets, dans un cylindre susceptible d’être hermétiquement clos, Sous l’action de la vapeur d'eau à basse température, ilse fait tout d'abord un lavage et un ramollissement de la surface. Le bois subil ensuite successivement l’action de la vapeur d'eau surchauflée, destinée à opérer lu dessiccation, et celle des vapeurs d'huile de goudron.

On a soin toutefois de n'introduire, dans le récipient qui renferme les bais, que les vapeurs qui se développent après que la tempéralure a dépassé 100 degrés. ". Le goudron est maintenu à des tempé ratures variant entre 100 et 200 degrés centigrades pendant plusieurs heures, pour que le bois reste soumis à l'action de ces vapeurs, Ce n'est que 10 à 12 heures après que l'on a cessé le chauffage du goudron, que l'on relire les hois.

L'étude comparative du procédé Bethell et des deux procédés américains précités a conduit M. Arnold, qui expérimentait sur des pieux en chêne, à reconnaitre que l’absorplion de l'huile lourde de goudron était par mètre cube suivant le procédé employé :

Procédé Bethell : de 159 kilogrammes;

Procédé Seely : de 65 kilogrammes;

Procédé Robins : de 16 kilogrammes.

La profondeur de la pénétration de l’antiseplique dans le bois ayant été à peu près la mème dans les trois cas, M. Arnold conclut en faveur du procédé Robins, qui consomme le moins d'huile de soudron. En effet, ce n’est pas la quantité d'huile de goudron introduite qui importe le plus pour la conservation des bois, car unc très faible proportion d'acide phénique, environ un cinq millième, suffit pour prévenir la décomposition des matières azotées. Le bois ne contient qu'environ 4 pour 100 de matières sujettes à entrer en fermentation: c'est donc à la pénétration dans toutes ses parties, et non à l'augmentation de la quantité de Pantiseptique introduite. qu'il y a lieu de s'attacher pour prévenir la pourriture.

1. L'huile de goudron soumise à une température inférieure à 100 degrés C,. donne principalement des vapêurs ammoniacales et des vapeurs d'huile légère de naphte qui ne sont pas propres à l’imprégnation,

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Prie des traverses, — I ne peut guère être parlé d'un prix moyen des traverses de chemin de fer. Les prix différent essentiellement suivant les localités, et ce sont les frais de transport jusqu'à l'endroit où se fait la livraison qui représentent généralement la plus forte partie du prix à payer. Vient ensuite le prix de la main-d'œu vre d'abatage et de débit, et ce n'est qu'en dernière ligne et dans une proportion bien faible que figure le prix du bois proprement dit,

Aussi est-on frappé du peu de différence de prix qui existe entre les bois de qualités très diverses, Ainsi, pour une fourniture le 60 000 traverses provenant des Elats de Mississippi et d’Alabam faite en 1877 au port d'Indianola (Texas), les prix payés par tra verse étaient de 4 fr. 85 pour le pin, et de 6 francs pour le € près blanc. Les transports par mer de la scierie jusqu'au lieu de four nilure entraient pour 2 41. 25 el 2 fr, 50 dans ces prix.

Sur les gran: entrepôts, ayant des débouchés pour tous les bois, et desservis par des voies navigables, les différences de prix suivant l'essence des bois sont plus marquées : à Buflalo (Etat de New-York), sitüé sur le lac Érié à l'entrée du canal Erié, le mètre cube de bois de construction coûte environ 39, 44, et 62 francs, suivant qu'il s’agit du sapin, du pin ou du chène. Ces prix sont plus élevés de 7 à 15 francs pour l’intérieur de l'État de New-York, et ils alleignent 55, 65 el 85 francs pour l'intérieur de l'Etat de Pennsylvanie,

Chicago, situé sur le lac Michigan el recevant dans son port les navires des lacs Huron et Supérieur, tous bordés de grandes forêts, est un des entrepôts les plus importants pour le commerce des bois. Les prix des bois de construction en grume y varient pour les essences de sapin, de pin et de chène, de 20 à 27 francs le mètre cube !,

Sur la côte du Pacifique, le mètre cube de re! wood en grume se paye de 35 à 55 francs, suivant les facilités d'accès que présente le port dans lequel il est livré.

Suries chemins de fer iraversant des forêts et n’exigeant pas des

1. Le bois de construction se vend généralement aux États-Unis aux 1000 pieds H0ard Measure, Un pied Board Measure est un parallélipipède ayant un pied carré pour base, et un pouce, soit un douzième de pied, pour hauteur. Les 1000 pieds B. M, correspondent à 2%°,96 soit environ 2 1/# mètres cubes,

lraverses régulièrement équarries, le prix par traverse fournie aux dépôls varie de 1 fr. 50 à 2 francs ; dès qu'elles ont à subir des lransports, le prix augmente sensiblement: ainsi le prix de revient sur le chemin de fer de l’Union Pacitic, lors de la construction de cette ligne, élait, pour les traverses en sapin, que l’on se procu- ‘ait sur le parcours mème de la ligne, de 2 fr. 50 en moyenne, tandis que les traverses en chêne, qui exigeaient un certain transport. revenaicnt à 4 francs. Le rapport entre les quantités de traverses en sapin el en chène avant été de 8 à 1, le prix moyen des traverses est ressorti à 2 fr. 70,

La ligne de Louisville et Nashville, qui au commencement payail ses traverses à raison de 2 francs, les paie maintenant, depuis qu'elle est plus exigeante pour la forme et la qualité (elle n’admet plus que le cyprès blanc, le chêne ou le châtaignier), à raison de 3 fr. 50,

Le chemin de fer du Cincinnati-Southern a payé récemment ses traverses en chêne blanc, cubant environ 0"%,08, au prix moyen de 2 francs.

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