SCÈNE IX
JULES, BERNARDON, puis GINGINET, CLÉ- MENCE, JEN NY, COLOMBE, TAPIOU, Public.
JULES, seul.
C'est un joli militaire!... Est-il bête! Ah! je sais bien qui est-ce qui n'ira pas ce soir à Strasbourg.
BERNARDON, entrant, troisième plan, gauche.
J'ai mon jeton. 'Apercevant Jules.) Ah ! le voilà. *
JULES
Mon oncle!
BERNARDON.
Tu as reçu ma lettre... voici ce dont il s'agit. Tu vas partir ce soir pour Strasbourg.
JULES
Strasbourg ! Ah ! non ! impossible !
BERXARDON.
Comment!
JULES
Marseille, si vous voulez.
BERNARDOX.
Quelle est cette plaisanterie? Si tu refuses, je te coupe ton crédit... tu n'auras plus un sou de moi...
* Bernardon, Jules.
JULES
Mon oncle...
BERNARDON.
C'est oui ou non !
Je partirai. [A part.) Je trouverai bien un moyen...
PERNARDON.
II s'agit d'une mission de confiance... On inaugure demain, à Croupenbach, la maison d'école...
JULES
Croupenbach ?
BERNARDON.
OÙ est ma propriété... J'ai promis un discours... et comme ça m'ennuie de parler devant des idiots pareils... tu me remplaceras...
JULES
Merci !
BERNARDON.
Tu assisteras au banquet...
JULES
Ouf! ça sent la choucroute... Enfin!... où est-il, votre discours?
BERNARDON.
Nous allons l'improviser ensemble... Mettons-nous à cette table... * {Tous deux s'asseoient à la table.) As-tu une idée?
JULES
Non.
BERNARDON.
Moi non plus.
Mettons-les ensemble.
* Jules, Bernardon.
(iixGiNET, entrant du troisième plan à gauche, tenant son bordereau; il est suivi de Clémence, de Jenny et de Colombe. Il traverse au. fond et vient à droite regarder les guichets. *
Nous avons été trop loin... il faut revenir au i^uichel vingt-quatre... (A Jenny, lui montrant le numéro vingtdeux, écrit sur un guichet.] Vinj^t-deux!... Répète!
jENxv, répétant.
Vinti-deux.
GINGIXET.
Pas mal. 'Montrant un autre guichet.) Vingt-trois!
JE NX Y, répétant.
Vinti-trois.
GiNGixET, à Clémence.
Elle ira ! elle ira ! '// remonte, suivi de Jenny et de Clémence^ et ment près des guichets de gauche.)
COLOMBE, à part, tenant soyi globe.
Je sens mon bas qui traîne... [Elle va du troisièmfi plan gauche à l'extrême droite.) J'ai perdu ma jarretière...
TAPI ou, entrant du troisième plan gauche, avec une jarretière rose à la main. A Colombe.
Mamzelle... voici ce qui est tombé de dessous votre robe...
COLOMBE
Ma jarretière !
T A PI 0 u. a^ec passion.
Je la garde! je la garde !
GINGINET
\ingt-quatre!... Voilà notre guichet... (On entend sonner quatre heures.)
Jules et Bernardon '(à la table du milieu), Clémence, Jenny.
Impossible d'improviser avec une plume de fer! [Il se lève.)
JULES, se levant.
Pour faire un discours... il n'y a encore que la plume d'oie 1...
GiNGiNET, passant son bordereau par le guichet numéro vingt-quatre.
Monsieur l'employé...
l'employé, lui renvoyant S071 bordereau.
Quatre heures!... la caisse est fermée... *
GIXGINET.
Fermée ! Je proteste ! [Tous les figurants se précipitent aux différents guichets, qui se ferment.)
TOUS
Fermé ! fermé !
Je proteste, mais j'ai besoin de mon argent ! Je pars ce soir... [A Bernardon.) Monsieur l'employé supérieur...
BERNARDON.
Remettez-moi une note !
JULES, à Ginginet.
Portez vos coupons chez Monteaux et Lunel... boulevard Montmartre.
GINGINET
Je ne vous parle pas, monsieur !... Quel numéro ?
JULES
Dix-sept.
{^.* Clémence, Jenny, Ginginet, Jules, Bprnardon,Tapiou,Colomhe.
LES CHEMINS DE FER li'i
GINGINET
Merci ! [A part.) Polisson !
TAPiou, faisant sortir la foule.) Allons! évacuez, messieurs!... évacuez!
CHŒUR
Puisque aujourd'hui la caisse Se ferme soudain, Il faut sans paresse Revenir demain.