SCÈNE IV TAPIOU. puis GINGINET
TAPIOU, seul.
Ouf! j'ai décroché quatre wagons, j'ai les bras cassés; couchons-nous. (Il ôte sojl habit. — Voyant sur le guéridon, premier plan, droite ^ la veste et la toque de cuisinier.) Tiens... un costume de cuisinier... Je l'ai porte jadis... et je ne puis le revoir sans émotion. [Il passe la veste.) On est beau là-dedans!... {il met la toque) et làdessous! Je voudrais avoir autant de mille francs de rente que j'ai fasciné de femmes sous cet uniforme. {Il accroche sa tunique et son képi à une patère, au premier plan.
droite.) A ma connaissance, je n'ai jamais manqué une blanchisseuse... ce costume les grise... je vais dormir dedans... il m'ouvrira la porte des rêves!... Éteignons la lampe. {Il se dirige vers le comptoir.) GixGiNËT, entrant par le fond, à gauche; il tient une bouteille vide à la main.
Pardon, mademoiselle... c'est encore moi qui viens vous déranger.*
TAPiou, se retournant et à part.
Qu'est-ce qu'est que celui-là?
GixGiNET, regardant le comptoir.
Tiens... elle n'y est plus. [Apercevant Tapiou.) Ah! un cuisinier. [A Tapiou.) Nos dames ont soif, et je vous demanderai un peu d'eau pour emplir ma bouteille.
TAPIOU.
Oui... D'où sortez-vous?
GINGINET
De mon wagon, parbleu !
TAPIOU, ahuri.
Et... et où allez- vous?
GINGINET
A Croupenbach, par le train qui va partir,
TAPIOU.
Vous en êtes bien sûr?
GINGIXET.
Nous sommes là... dans les wagons qui sont sur la voie.
TAPIOU, à part.
Sacrebleu! je l'ai décroché avec les bestiaux!...
GiNGiNET, prenant une carafe et emplissant sa
bouteille.
Vous permettez?...
* Tapion, Gingiuet.
TAPIOU.
A votre service.
GiNGiNET, à part, secouant sa jambe,
La nounou m'a marché sur un cor... Je la crois trèspassionnée, cette femme-là. [Hautj à Tapiou.) Partonsnous bientôt?
TAPIOU.
Dans la minute ! dans la minute !
Alors, je me sauve! Serviteur! [Il sort à gauche au fond par la porte qui conduit sur la voie,)