DIFFÉRENCES ENTRE LES ANNÉES CONSÉCUTIVES
Tonnes.
Les tarifs des transports à Petite Vitesse qui dans les périodes antérieures avaient reçu pour les engrais, les céréales, les houilles, les produits métallurgiques, les matériaux de construction, etc., des abaissements importants, n’ont pas fait l’objet de mesures étendues au cours des dernières années.
Sans compter les difficultés croissantes que rencontrent les propositions des chemins de fer du fait des contrôles, des consultations superposés et sans cesse plus nombreux qu’elles subissent, des restrictions, des surenchères qui en sont la conséquence, on verra plus loin, quand il sera question des dépenses, les charges nouvelles qui sont venues peser sur leurs exploitations et qui ont naturellement restreint leurs facultés pour encourir les risques d’abaissements de tarifs dont les compensations sont souvent incertaines ou lointaines.
Jusqu’à ces derniers temps, ces enquêtes et instructions étaient conduites sans participation des Chemins de fer tenus rigoureusement à l’écart. Mais récemment les Directeurs des six grandes Compagnies ont été admis à participer aux travaux du Comité Consultatif, qui prépare en dernier ressort les décisions à soumettre au Ministre. Chose curieuse, signe remarquable des temps, ces Directeurs n’ont que voix consultative sans droit de vote, alors que leurs propres ouvriers et employés appelés à siéger dans ce Comité y Occupent un rang supérieur, ayant voix délibérative, c’est-à-dire avec ce droit de vote refusé à leurs chefs.
Cette participation des Chemins de fer aux travaux des Commissions officielles avait été inaugurée auparavant dans une Commission extraparlementaire instituée après des débats à la Chambre des Députés sur les transports de denrées périssables. Celte Commission comprenait, avec des parlementaires et des représentants des producteurs et du commerce intermédiaire, des représentants des Administrations de chemins de fer.
De ces réunions sont sorties des notions précises sur les besoins de ce trafic spécial et pour donner satisfaction à ces besoins, un ensemble de tarifs à grande vitesse dont le résultat a été très heureux.
Ces transports de denrées ont été d’ailleurs l’objet d’une attention spéciale de la part des Chemins de fer dans les dernières années ; outre les diminutions des prix de transport, les tarifs dont il vient d’être parlé ont introduit la notion tout à fait nouvelle de la responsabilité des transporteurs dans les retards qui pour ces denrées sont un risque très sérieux, celle aussi de la demande par l’expéditeur, de l’itinéraire le plus rapide au lieu de l’itinéraire court qui est la règle ordinaire.
Ces mesures et surtout l’accélération la plus grande donnée à ces transports ont amené un développement très remarquable de ce trafic spécial.
Pour le trafic des voyageurs, on a vu que loin de subir le même arrêt que les marchandises, son développement avait pris au contraire un plus grand essor à la fin de la période.
Tous les efforts des chemins de fer ont principalement porté sur le développement des voyages d’agrément et les réductions des tarifs ont été multipliées dans ce but.
11 serait trop long d’énumérer toutes les combinaisons variées imaginées par les diverses Administrations ; il est intéressant toutefois de citer parmi les plus intéressantes, les billets de famille qui pour les périodes de vacances notamment, comportent des réductions spéciales dépassant parfois 80 °/„ du prix des billets complets pour les personnes d’un même groupe familial, à partir de la 4mc.
A cause du succès des billets généraux de libre circulation en Suisse pendant de courtes périodes de 15 ou 30 jours, on a aussi établi de pareilles cartes individuelles ou de familles embrassant des régions intéressantes pour le tourisme, comme la Touraine, l’Auvergne, les Pyrénées, etc. On a multiplié les billets directs internationaux.
Les cartes hebdomadaires à prix très réduit pour les ouvriers et employés dans la banlieue des grandes villes et dans le voisinage des centres industriels ont reçu de nouveaux développements, etc.
L’effort des Chemins de fer ne s’est d’ailleurs pas borné à l'établissement de ces tarifs spéciaux ; mais il a porté également sur l’accélération, la bonne répartition des trains.
On connaît et on apprécie en Angleterre l’organisation sans cesse plus perfectionnée que la Compagnie du Nord s’applique à donner à ses services franco-anglais viâ Boulogne ou Calais et Folkestone ou Douvres.
Il semble qu’elle en soit récompensée par le développement très marqué du mouvement des voyageurs par ces services.
Le tableau suivant, qui montre la marche de ce trafic entre les principaux ports français et la côte anglaise, fait ressortir ainsi la part prépondérante et croissante que cette Compagnie prend dans ce trafic.
ANNÉES
Calais
Boulogne