‹ Les chemins de fer français de 1905 à 1910Chapitre 7 sur 19 · PRODUITS NETS DES SEPT GRANDS RESEAUX · texte numérisé non relu

PRODUITS NETS DES SEPT GRANDS RESEAUX

rapports des augmentations annuelles des recettes brutes à la recette moyenne de la période 1897-1899 prise comme période initiale, au 2me, les rapports des variations des recettes nettes à la recette nette de la même période initiale.

Par exemple pour 1906 la Fig. 9 montre que sur le réseau d’Etat l’augmentation de la recette brute a été de 21 °/0 de la recette moyenne initiale ; la Fig. 10, que la progression de la 'recette moyenne a été de 5 °/0.

Le seul examen de ces graphiques fait voir que si la progression des recettes brutes a été peu différente sur le réseau de l’Etat et sur l’ensemble des réseaux des Compagnies, par contre les variations de la recette nette ont été bien plus défavorables sur le premier, à telle enseigne qu’en 1908 le produit net y accusait

une diminution de 17 °/0 par rapport à la recette nette de 1897-1 899 tandis que malgré la diminution survenue depuis 1906, sur l’ensemble des réseaux des Compagnies privées, il subsistait une augmentation de 9 °/0.

Il est bon de noter enfin sur le graphique (Fig. 1 1) que ces résultats plutôt défavorables sont obtenus

avec des tarifs moyens sensiblement plus élevés et en tout cas en moindre décroissance sur le réseau de l’Etat que sur les autres réseaux privés.

Ces résultats qu’on retrouve dans tous les pays ne tiennent pas d’ailleurs aux personnels qui dirigent ces réseaux d’Etat ; en France au moins il aies mêmes origines que ceux des Compagnies ; mais ils tiennent aux défauts multiples inhérents aux régies d’Etats.

On a cité parmi les principaux de ces défauts, en Allemagne, l’excès de réglementation et de fonctionnarisme , en France, la plus grande difficulté dans un pays démocratique, de résister aux exigences du public et du personnel ; à ces causes générales ajouter l’insuffisance des moyens d’action de ces réseaux d’Etat dont les ressources dépendent trop étroitement de Budgets annuels toujours en déficit, toujours et avec raison àpremeijt marchandés.

On se préoccupe bien il est vrai de pallier aujourd’hui ce dernier inconvénient en ouvrant aux Chemins de fer de l’Etat, dans le Budget général, un compte spécial d’emprunt qui permettra de faire face aux travaux complémentaires et aux acquisitions de matériel, sans attendre les resssources des Budgets annuels.

Ce n’est pas dans les Budgets français le premier exemple d’une caisse spéciale ainsi alimentée par l’emprunt ; mais toujours ces budgets annexes ont donné lien à des abus, à des difficultés et l’effort constant des hommes d’Etat a été de les faire desparaitre pour réintégrer leurs comptes dans les Budgets annuels.

L’expérience montrera si l’expérience nouvelle sera exempte des défauts qui ont l'ait condamner les précédentes.

Quoi qu’il en soit, à la suite de ce rachat, le réseau de l’Etat a ses deux parties Etat (ancien) et Etat (Ouest) séparées comme le montre la carte Fig. 8 par une partie du réseau d’Orléans s’étendant à l’Ouest de de Tours le long de la Loire et dans la partie Sud de la Bretagne.

Cette interposition des lignes de la Compagnie d’Orléans gêne naturellement la fusion des services des deux parties ancienne et nouvelle de réseau d’Etat.

Aussi depuis le rachat, des pourparlers sont-ils poursuivis avec cette Compagnie pour le rachat de ces lignes, rachat partiel pour lequel les conventions antérieures ne prévoient aucune disposition.

Il faut donc discuter, pratiquer le régime des compensations nécessaires dans toute tractation de ce genre, et on retrouve alors les difficultés d’ordre parlementaire qu’on a rencontrées pour toutes les conventions antérieures : les stipulations favorables à l’Etat obtiennent facilement une approbation qu’on marchande au contraire ou qu’on refuse aux concessions dont il est cependant nécessaire de payer ces avantages.

Aussi le sort de celte convention est-il encore incertain.

En attendant, les deux parties du réseau d’Etat demeurent séparées, de sorte que jusqu’ici tout cet effort, ces sacrifices, ont abouti simplement à susbtituer l’Etat à la Compagnie de l’Ouest pour la gestion d’un réseau médiocre.

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