CATHERINE II
donner aux détenteurs ries monnaies de cuivre plus anciennes de rapporter ces monnaies au trésor pourles échanger, rouble pour rouble, cou Ire la monnaie nouvelle d'une valeur intrinsèque moindre. II est clair que l'ordre île l'Impératrice ne l'ut jamais exécuté, et que le cuivre relativement plus riche des émissions antérieures sortit delà circulation sans rentrer dans les caisses de l'État.
L'Impératrice Aune améliora la monnaie d'argent sans cesser la fabrication des monnaies de cuivre. L'Impératrice lïlisabcth, comprenant enfin que celle masse de euivre faisaii disparaître, (ouïe la monnaie, d'argent et entretenait la cherté universelle, voulut retirer lous ces cuivres, ouïes transformer seulement en monnaie d'appoint. Le gouvernement ne pouvait rembourser toute celle pelile monnaie en une autre monnaie réelle; il la démonétisa peu à peu, ne l'acceptant en payement des impots que pour une valeur réduite d'année en année. Les erre ors du gouvernement élaient ainsi mises à la charge dos particuliers. Encore les réformes Icnlée.s par Klisabelh ne devaienl pas mémo soulager le trésor. Une quatrième Impératrice. Catherine II, dont le rogne est pour l'éclat extérieur l'égal de celui de T'ierre le Grand, allait en elle! porler à la situation financière (le la Itussie un coup don! elle devait se ressentir longtemps, et dont elle ne s'est pas encore relevée.
Une seule mesure iulelligHite est due à Catherine 11 en matière du finances : elle régla le cours légal de la monnaie d'or, en prenant le nombre I â pour rapport des valeurs de l'or et de l'argent à poids égal.
Les variations possibles de ce rapport ont l'ail penser à certains économistes qu'il y avait lieu de n'accorder de valeur monétaire qu'à l'un seulement de ces deux métaux. C'est pousser trop loin l'obéissance aux principes. Si l'on
rnuiiitiiE émission u'assignats. 217 observe que l'or et l'arpent ont des usages parfaitement iilciil if]iicN, et que l.i baisse île la valeur de l'un entraîne nécessairement une baisse pour la valeur de l'antre, on reconnaîtra que les variations itu rapport de leurs valeurs Minultuiiées dmvriil toujours ivslct' as>iv. petiles, t:l le danger de voir .['un des deux diminuer sensiblement de prix, sans i|in: l'an tri' l'accompagne dans celle baisse, ne parait ra plus aussi réel. On a vu eu effet lo rapport de l'or à l'argent, (ixé à l a j eu l'Yanee à la fin du dernier siècle, lornlier seulement à I ;> '. après que la multiplication des espèces eu oravail prorundéineiit aiiérc la prripoi-liou priiuilne entre les quantités de l'un et de l'autre de ces métaux. Un rapport fixe entre l'or et l'argent facilite au contraire singulièrement les relations commerciales. Catherine lixa pour ee rapport le nombre 15 ; Nicolas l'a relevé à 15 un peu au-dessous du rapport légal des monnaies françaises.
Mais Catherine altéra le cours des monnaies d'argent en revenant sur les améliorations décrétées par l'Impératrice Anne. Outre celle première faule, elle reprit une idée émise sous le règne d' Elisabeth, et qui consistait à substituer à la lourde monnaie rie cuivre, taxée arbitrai renient par l'ftlal, la monnaie plus maniable de l'assignat en papier, sur laquelle le gouvernement écrit ce qu'il veut, qui coûte peu rie chose, et qui permet à l'État de croire qu'il possède loutes les sommes dont il a besoin.
L'émission des premiers assignats se fil en 1768, et s'annonça avec une certaine timidité. L'assignat se présentait au public comme un remplaçant commode de la monnaie de cuivre. Deux banques furent créées : l'une à l'éleisbourg, l'autre à Moscou. Les particuliers étaient invités à y déposer leur cuivre, en échange duquel les banques leur
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(1 on ne raient des assignats pour la valeur imposée. L'échange inverse du bille! contre du métal devait d'ailleurs être toujours possible. Ces mesures plurent au publie, el, en un instant, il y eut en circulation un million de roubles en monnaie de papier. Enhardi par ce premier succès, le gouvernement augmente graduellement la quantité d'assignats a échanger, "puis il se laisse séduire par les facilités que lui présente son crédit, et émet du papier sao s garantie métallique. Un moment, l'impératrice s'émeut des conséquences possibles de celte innovation ; elle limite, en 1774, à 20 millions de roubles le total des assignats qui pourront être mis en circulation dans i'Linpit v. Mais, sous uu gou vernemenl absolu, des impressions de cette nature ne taillent guère il s'effacer. On voit bientôt, en 1785, la quantité d'assignats atteindre la somme de 50 millions. Jusque-là le cours de la monnaie de papier se soutenait assez, bien pour encourager le gouvernement dans ses opérations les plus audacieuses : le papier ne perdait pas plus île 2 à 3 p. 1 00. En 1 786, la création de 50 millions de roubles en nouveaux assignats, qui ne doivent plus èl re échangeables, est le signal d'une dépréciation qui croîtra désormais d'année en année, et qui s'accélérera encore dans les dernières années du grand règue par l'émission déplus de 5" millions en papier. Le rouble assignat s'échangeait en 1 780 contre 98 kopeks en argent ; il tombe, en 1791, à 81 kopeks 1/3; en 1795, à 71 , enfin à 08 1/2 a l'avénemcnt de l'empereur Paul. Il ne s'arrêtera pas à ce niveau.
Le gouvernement recueillait dès lors le fruit de ses opérations : les impots rentraient en assignais, et les prix s'étaient élevés de toute la valeur perdue par la nouvelle monnaie courante.