‹ Les chemins de fer russes de 1857 a 1862 (volume 2)Chapitre 105 sur 118 · LE CHAMP · texte numérisé non relu

LE CHAMP

la voie dans le champ de foire, et sur les rives des deux neuves. Le siège principal de la foire est situé à gauche de laclfaussée en venant de Moscou : en avant, le bâtiment de l'administration, faisant corps avec le gostinniî-dvor (t); par derrière les files de magasins, inondés à chaque printemps, et quelques mois après remplis de marchandises. Un jardin sépare en deux groupes égaux les diverses lignes de boutiques, A l'extrémité, on trouve, à angle droit sur les autres, la ligne chinoise, qui tire son nom des formes données dans celte ligne aux toitures des magasins. Derrière la ligne chinoise, enfin, la cathédrale russe. Un large fossé de ceinture isole sur trois côtés l'espace que nous venons de parcourir; d'autres constructions de destinations diverses s'élèvent en dehors de ce fossé. D'un côté, on aperçoit une église arménienne : elle a pour pendant a l'autre extrémité de h ligne chinoise une mosquée musulmane, bltie sur un tertre, orientée suivant la coutume, et surmontée de ce môme croissant qui, à quelques pas de la, se *oit renversé sous la croix de la cathédrale orthodoxe. Les restaurants el les théâtres, comme les bâtiments religieux, sont venus se grouper le long du canal d'enceinte (2).

A Nijni, chaque branche do commerce a sa place spéciale. La rive droite du Volga est le grand dépôt des thés de la Chine ; un peu plus bas est le débarcadère des bateaux à vapeur du Volga el de la Kama. La quincaillerie, les produits chimiques, les vins, vinaigres et alcools, etc.,

(i| Gosliimil-dvor, cour des étranger*, hasar où loui le commerce des villes mues fis II »ul refols concentre.

(î) Sous les principales allées du cliamp de foire s'étendent les >oulermins Mlis sous le rfgne de Nicolas, el renfermant las rélé.liics [urines publique? nctliiyiics juc- k-s nuis de l'Oka.

sont localisas chacun dans un périmètre défini. Une Ile do l'Okaest réservée aux fers et aux cuivres de l'Oural. Enfin des boutiques construites aux abords du pont de bateaux reçoivent le petit commerce des gouvernements voisins; cette région, toujours encombrée de monde, est proprement la bourse des négociants de la foire. C'est là que se fout les grands marchés.

L'aflluence do cent mille personnes venues de toutes distances et de toutes directions fuil chaque année de Nijni une véritable frontière entre le inonde russe, qui est lui-mémo encore à part dans l'Europe, et Se monde de l'Asie centrale, totalement différent. On y trouve des peuples nouveaux, ou y entend dus langues sans parenté avec les langues européennes. Des types (alars et uiogols su rencontrent en fouie à coté des figures slaves. C'est !e Tatar qui domine parmi les Orientaux qu'on trouve à la foire. Il est rare que des Chinois viennent y apporter les échantillons d'un troisième monde différent des deux premiers. Les Asiatiques du midi sont eux-mêmes peu nombreux; on voit cependant à Nijni des Persans, des Arméniens, et quelquefois des Turcs. En résumé, les portions intelligentes des peuples musulmans ne sont que faiblement représentées, et la raee étrangère que l'Européen voit il Nijni est très-probablement la plus pauvre parmi celles qui occupent l'ancien continent; du moins, c'est celle qui a eu pour spécialité jusqu'ici de détruire ce que les autres races ont créé. Il n'en est que plus curieux de voir les produits des industries modernes exposés aux regards des hommes les plus arriérés de l'univers.

Les progrès des voies do communication en Europe ont frappé de décadence plusieurs foires autrefois très-fréquenlées, et l'on se demande si la foire de Nijni doit subir cette

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