‹ Les chemins de fer russes de 1857 a 1862 (volume 2)Chapitre 69 sur 118 · INFLUENCE UE LA NEIGE · texte numérisé non relu

INFLUENCE UE LA NEIGE

Si la neige esl utile sur les roules, elle ne l'esl jamais sur les chemins Je fer. La voie devant èfre toujours maintenue libre, il faut disposer d'un personnel assez nombreux pour déblayer rapidement la neige des qu'elle est tombée sur le sol. L'emploi du wagon chasse-neige ne réussit que pour les faibles épaisseurs : pour les épaisseurs plus grandes, il y a un véritable déblai à opérer.

L'abondance des neiges a conduit à adopter en Russie certaines règles pour le tracé et la construction des lignes. On doit éviter les passages du remblai au déblai, parce que c'est en cespointsque les neiges tendenUe plus à s'accumuler. On supprime les banquettes, qu'il esl d'usage de laisser ailleurs dans les talus des tranchées, et qui fixent des quantités de neige nuisibles àlïqiiilibro des talus. On estime que les remblais sont moins exposés aux encombrements que les tranchées, bien que l'observation démente quelquefois ce principe. Une précaution utile consiste à proscrire dans les ouvrages d'art toute saillie de médiocre hauteur sur le plan de la voie.

Ce n'est pas lorsqu'elle tombe à la façon de la pluie que la neige occasionne les plus grands accidents. Lorsque le vent la chasse horizontalement et la soulève dans les plaines ou elle s'était d'abord déposée, phénomène connu sous le nom de chasse-neige, des quantités énormes peuvent Être amenées en un même point d'une voie, et la circulation des trains s'y trouve forcément interrompue. Les petites tranchées que rencontre la neige en mouvement sont immédiatement comblées. La topographie du pays exerce d'ailleurssurleschasse-neige une grande influence : certains points sont plus apposés que d'autres, surtout par certains vents; en d'autres points privilégiés, le chasseneige ne se produit jamais, quelque vent qu'il souffle.

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sur l'exploitation. 139 On ne connaît encore qu'un moyen efficace de combattre l'effet des chasse-neige : c'est de protéger la voie, du côté des vents régnants, par des plantations suffisamment serrées.

L'invasion des sables non fixés présente de l'analogie avec les chasse-neige. Ici l'emploi des végétaux est encore le seul moyen do donner de la fixité au sol mobile. Près de Dunabourg, le chemin de fer coupe des dunes de sable qui menacent de tout envahir. On les fixe en y semant l'herbe appelée spergula arvemix, qui, sous la protection passagère de quelques branches d'arbre, crott en une dizaine de jours.

Les plantations d'arbres et de h ai es- vives au bord des chemins do fer opposeront aux chasse-neige un écran d'une efficacité certaine. C'est malheureusement un remède lent contre un mal qui exerce ses ravages chaque hiver, et qui ne cessera, jusqu'à l'entière croissance de ces massifs prolecteurs, de troubler la régularité des tra:ns. Cependant on aurait tort de croire que la neige exerce sur l'exploitation des chemins de fer russes une perturbation proportionnée à l'abondance avec laquelle elle tombe. L'expérience de plusieurs années montre que ses inconvénients sont renfermés dans une limite très-rcstreinie. On pensait primitivement qu'elle empêcherait la circulation des lignes pendant des mois entiers; à peine l'a-t-elle arrêtée un ou deux jours par an, ce qui arrive aussi de loin en loin dans les contrées même méridionales '.

(I) Les dépenses etlraurdinaircs pour l'enlèvement des neiges montaient en 1800 it 7 ou S pour 100 dans les dépenses totales de l' exploitai ion, qui n éloil alors établie qu'entre Pélershourg et Dunnliourg, région eiposÉe plus que loute aulre au* chasse-neiçe. 1,'Mlension du réseau el les plantations latérales doitent vraisemblablement réduira celte proportion.

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L'expérience des chemins de fer ne modifiera donc pas l'impression générale produite par la neige sur les habitants des pays du Nord, impression bien différente de celle que nous éprouvons lorsqu'il le envahit pour quelques jours nos contrées plus tempérées. Elle est pour nous un obstacle de plus à surmonter; le Russe voit, au contraire, en elle un auxiliaire qui vient lui faciliter la vie et contribuer à ses plaisirs. Chez nous la neige n'est jamais qu'un étranger; pour le Russe, elle est un hôte qui sans doute a ses exigences et ses caprices, mais dont le retour annuel est désiré avec ardeur et salué par du joyeuses fêtes.

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