SONDAGE
cription sommaire que nous avons donnée de lagéologie de la Russie; on y verra le terrain houiller recouvert immédialement, en beaucoup de points, par le terrain jurassique. Au Donetz, les premières couches du lerrain carbonifère sont desgrès schisteux, où se rcucoulrenl des lits de fossiles végétaux en stratification disconlauleavee lesdépôls jurassiques supérieurs. C'est au-dessous de ces grès qu'on trouve la houille. L'analogie des couches traversées! l'éréehlchépino avec les grès schisteux du Donelz, la discordance constatée des slnililicalimis. ia disparition complète des fossiles jurassiques dont l'abondance, quelques mètres plus haut, était si caractéristique, enfin la présence îles em-
eutamé le terrain carbonifère, ot font présumer que la houille eût été rencontrée si l'on avait pu pousser le travail à la profondeur qu'on s'était proposé d'atteindre.
Les recherches ont donc été interrompues au moment où l'on touchait probablement à un résultat pour un des trous de sonde, et où toutes les difficultés élaieut surmontées pour un autre, celui de Pétrovka. Ainsi tronquées, elles ne présentent plus qu'un intérêt géologique, en mettant en évidence la distribution ries terrains dans la profondeur, eL eu indiquant avec certitude les prolongements de certaines coupes géologiques déterminées d'après l'observation de la surface du sol.
Les résultats géologiques de ce travail ont été confirmés par une autorité très-compétente, M. le général llelmersen. du corps impérial des mines île Russie. Nous citerons ici la lettre écrite par le général à l 'ingénieur chargé des travaux de Péréchlcliépiuo, en réponse à la communication faite à l'Institut des mines, à Saint-Pétersbourg, d'échantillons retirés dus trous du sonde.
DE PÈnÉCFITCHÉPINO.
. SalM-Pétenl rg, 1B/Î9 iémntn IM1.
« Monsieur, j'ai examiné* les tctiiiiililluiii île roclies el Je fossiles fournis par le sondage que voua avei osécoté dans le gouvernement d'Kkatcrinoslaf, près du r [liage de IViïchtchcpino, j'en ai pu conilure, presque sans doute, qu'a la profondeur de (113!", 43 nu-dessous de la surface du sol. In soinlape a I ii 1 1 1 ■ f 1 1 '■ le (eu'uin carbonifère, el que ]n sonde s'est enfoncée de il> mètre- emirun rlans les couches de «
u 1. Sur la présente d'eu grès ri eiiucnl cdiii]hisl' de phosphalc de
» Ce grès, comme on le sait, ne se trouve on Russie que dans l'étage inférieur du lerrniti erétaijé. Il e«l tiiniiii sous le iumi de Samarode ou Rogalich.
■ 3'U présence des couches jurassiques dans le sondage de IVréchtchépino esl parfaitement constatée par les échantillons de lirgphtrn dilutaln, c-ju'cii ( n-^- i-at ru r i -i i^li iju pour l'époque jurassique dans la Russie.
■ Les couches de ce terrain ïtral jusqu'à la profondeur d'environ 192 mètres.
« Toutes les assises de ces trois diiréronli terrains paraissent avoir conservé leur horizontalité primitive, sans avoir subi le moindre dérangement.
- 4° Mais il n'en cet pas de même des grès el des argiles atfeluU par la sonde ù une profondeur de ItJJ lucres. Les rouelles de ces grès Boni fonçaient inclinées (la"); il y a donc stratification discordanlo cnlro ces gros el les coudies de* terrains rrélaccs i't jurassiques qui les recouvrenl. D'ailleurs ces grés ressem'ilent, ii s'y méprendre, aux échantillons de certains çrès du lorrain i-;irbuti i fi-r.' du district do Luugane, et contiennent même ries liandes dé houille.
u Dans ce même terrain vous avez trouvé dés géodes de t/ihtrvsidcritc argileux, minerai trCs-coiiiniiin rl.ins le terrain inr boni l'ère de l.ou-
■ Ces trois caractères pris ensemble paraissent suffisamment prouver que le sondage de l'éréchtilicpiuo H été arrêté dans le terrain enrhonifere. C'est surtout le caractère des gréa et leur forte inclinaison qui
jgî ïouimE.
* -outicnnenl mon opinion. Un effet, toutes les couches carbonifères du
■ sud de la Hussi.' f«>»t plus ■■ccli-Of -îûts iv|.luV 5 , Irni.li' n-.f „ irslerraiTisjiiriiwiri'.i''' ''1 en-ln.-i'-î. îiiC-mi! daiiï le hmsiii.iiii- .Iîi l.'"'.iiri « Mrboniri.ro, sont rarement altérés, et toujours sur un espace Ires-
■ restreint.
.Agréez ■ G. dï Himumch. ■
Avant de quitter les charbons naturels, nous devons dire un mot delà tourbe, que l'on rencontre abondamment en Russie, comme dans bien des pays pauvres. Le drainage naturel du pays est très-insuffisant, et t'agricullure tout entière, concentrée sur les terrains les plus fertiles et les plus secs, n'a pas encore cherche" à disputer les fonds de vallée au travail de décomposition qui
nature y opère g,
. La lourbc se forme dans tous
les fonds que les crues ne nettoient pas chaque année. On en a conclu qu'elle ne pouvait se trouver que dans les parties basses des vallées dont les versants sont perméables. C'est a cetle quantité de vallées tourbeuses que l'on doit vraisemblablement attribuer le grand nombre de petites rivières qui ont reçu en Russie l'épilhéle de noire : en russe, tekernaïa; en larlare, karapyu.
Outre la carbonisation lente et constante des végétaux dans les fonds humides, il se produit parfois, dans les régions septentrionales, une combustion spontanée du sol qui s'éleud sur d'énormes surfaces. Pendant l'été de 1858, de Pétersbourg a Pskolf, et de Pétersbourg àTver, dans un rayon de 250 à 300 kilomètres, toute la campagne semblait briller; de tous côtés on voyait s'élever des colonnes de fumée. Ce vaste incendie, outre les dommages causés aux forets, provoqua des accidents Irès-graves. La petite ville de Louga prit feu et fut presque entièrement consumée. Ici les traverses du chemin de Moscou, là les approvisionnements de bois pour la ville de Pétersbourg,
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rassemblés !e long <le ia ligne de Varsovie, fureril carbonisés par l'action de la chaleur. C'est h celte combustion presque générale qu'il faut sans doute imputer le cruel événement '|ui arriva alors a Péters bourg, l'explosion de la poudrière d'Okhta, qui lit périr plus de vingt personnes. Telle peut être la conséquence d'un été chaud dans le nord de la Russie. Les végétaux en décomposition donnent naissance à des gaz inflammables : on voit d'abord nue petite- fumée sortir des broussailles et de l'humus des forêts; cette fumée s'éclaire ça et là de jets de flamme, et, si la pluie ne coupe pas court à ce commencement d'incendie, la combustion se propage en augmentant toujours d'intensité.
Lorsqu'on parcourt la Russie, on est frappé de la multitude de fortls qui ont souffert des incendies. Une partie de ces sinistres doit ûtre attribuée soit a des imprudences, soit à la malveillance, soit enfin au besoin que l'on peut avoir ressenti d'expliquer les défrichcmenls irréguliers. Car, en Russie, l'incendie, appliqué aux foréfs, aux magasins, aux arsenaux, aux ministères, est un régulateur fréquemment employé dans les fausses situations, et un redresseur commode des comptabilités infidèles. Sans vouloir réduire l'étendue des ravages produits par les diverses causes que nous venons d'énumérer, il est juste de reconnaître que la combustion spontanée du sol dans les élés secs exerce aussi sur les forêts une action destructive, et que la population n'est pas assez, nombreuse sur les points attaqués pour lutter contre ce fléau. Dans celte occasion comme dans beaucoup d'autres, les Russes laissent faire • la fumée, disent-ils, purifie l'atmosphère en détruisant certains miasmes putrides, et d'ailleurs les premières neiges éteindront les feux do l'été.
g IV.- LES FORÊTS.
On s'imagine volontiers dans l'Occident qwe la Russie, pays que quelques personnes croient encore neuf, doit ivciiler des richesses fureslieres corn para ides à celles que l'on trouve dans le nouveau monde. Il y a beaucoup îi rabattre de celte opinion. Les forè.ls occupent une notable parlie de la surface de ta Russie, mais l'exploitation en a été" presque partout conduite sans prévoyance, et en dehors de toute idûc rationnelle. L'abondance du bois et le bas prix qui en résultait permettaient alors beaucoup d'ex- Iravagances auxquelles la rareté du bois ne lardera pas à mettre un terme; la nécessite" de songer à l'aménagement des bois sera reconnue prochainement en Russie, comme elle l'est depuis longtemps en France, par suite des dilapidations des siècles passés.
En général, les bois de la Russie ne sont pas beaux. Les essences les plus répandues sont les arbres résineux et le bouleau. 11 ne faudrait pas juger de tous les sapins du nord de la Russie par les arbres do choix que l'on amène en France sous le nom de sapins de Riga. Ceux qu'on trouve dans les forêts voisines de l'élersbourg sont peu élevés, et manquent de vigueur comme de grâce. Le sapin cl le bouleau croissent, il est vrai, jusqu'à des latitudes tres-liautes; mais la latitude de 00- ne conliibue pas il leur donner plus de vitalité. Aussi éprouve-t-on toujours une agréable impression, lorsqu'on va de Pôle rs bourg vers
des forêts semblables à eelics qui font l'ornement, un peu trop rare aujourd'hui, des contrées que nous habitons. Le bouleau croit jusqu'à la latitude île 09" ; le sapin ne
dépasse pas U8". Pour la Russie, le sapin est l'arbre par excellence. C'est lui qui donne les bois de eonstrudion. planches et grosses pièces du charpente; c'est lui qui fournit les traverses de chemins de fer ; il donne encore le bois de chauffage généralement adopté pour les poêles et pour les locomotives. Le bouleau a d'autres emplois. Sans valeur comme bois du construction, il est supérieur au sapin par ses propriétés chimiques. Pour le chauffage, c'est un bois de luxe, qui brûle vile et avec une bulle flamme, sans projeter d'éclats. Aussi le bouleau est-il Irès-convenable pour le chauffage des cheminées. Son écorco, riche on matières euipyrcumatiques, llambo facilement; la distillation en relire le goudron. La cendre du bouleau donne une lessive dont ou relire la potasse. L' écorco est employée dans les constructions pour envelopper l'about des pièces de charpente engagées dans la maçonnerie. Ce petit matelas suffit pour empêcher l'acliou de l'humidité sur les bois.
Le bouleau a sur le sapin une autre supériorité, qui ie fait préférer dans l'Oural, où l'on consomme chaque année d'énormes quantités de bois pour les traitements métallurgiques. 11 croit en quarante années, taudis que, sous le même climat, les conifères ont besoin de soixante ans pour acquérir tout leur développement. La culture du bouleau est ainsi beaucoup pl us nipiile que a-iU'- du sapin, et d'un antre côté sou pouvoir culnriliqnc est aussi grand, si même il ne l'est plus.
D'après Rumfort, le sapin donne par sa combustion une quantité de chaleur qui varie de 3,000 à ;i,400 calories, suivant qu'il est plus ou moins sec ; il peut donner jusqu'à 3, 7b'0 calories s'il est forteinenl séché a l'air. D'aprèi M. Berlhier, le bouleau, dans des conditions