L'AGRICULTURE RUSSE
g I". — CinfiOSSCHII'TIONS AfiHICOLKS. — t:l.ASSKMKNT DES GOUVERNEMENTS. — MAIN-D'OEIVIU:.
Tl n'entre pas dans le plan de cet ouvrage de faire une étude complète de l'agriculture de lit Russie. Nous nous contenterons de quelques aperçus qui d'ailleurs ne peuvent paraître déplacés lorsqu'il s'agit des chemins de fer russes. C'est en effet sur les produits agricoles que l'on comptait en 1 8'i7, pour alimenter les chemins de fer qui furent alors concédés (1). Des quatre grandes lignes projetées, les deux lignes retirées de la concession en 18(11 avaient particulièrement le caractère de lignes agricoles ; el leur ajournement laisse malheureusement l'agriculture des régions les mieux douées de la Russie dans l'état d'infériorité où elle a été jusqu'ici, faute de dékmcliés faciles et de transports économiques; car, en Russie, le
(1) ■ Ainsi, moyennant une voie ferrée continue à travers vingt-six ii uumernemeiils. ~<- ti.nneiiml reliés : ti-nis capilate, nus principiui i " tlenvos navigables, te- rentres île nos l'.uÉilanls u^iicoks «1 doux porta
jcccssibles presque Lente l'année sur lu mer Noire et la mer Uallique ;
l'exportation sera fueiliiée. les transports el l'approvisionnement întC-
riaur* seront Maori» - (Oukase rlu iiiï janvier 18S7.)
i"0 CARACTÈRE DE LAC, RI CULTURE RUSSE.
progrès agricole est tout entier dans le propres des voies de communication.
Jusqu'à présent l'a^i-icullurc russe a suffi tant bien que mal aux besoins du pays; elle produit même dans les bonnes années un excellant disponible pour l'exportation. Des difficultés de (ouïe espèce, au premier rang desquelles il faut placer l'absence des moyens de transports, retardent le déplacement de ces excédants de production ; aussi il n'est pas rare de voir des différences de prix effrayantes d'un pointa l'autre de la Russie; ici l'abondance, là la disette. Quand par hasard la neige tarde à couvrir le sol, les villes du nord sont exposées a manquer du nécessaire. Ou comprend que, dans ces conditions, la culture en Russie ait le caractère exclusivement pastoral, et que son premier objet, et presque son unique objet, ait été de nourrir la population qui s'y livre : le produit est presque entièrement consommé par le producteur. S'il y a excès de production, cet excès est exposé à pourrir sur place avant d'avoir trouvé un emploi utile. De là le peu d'augmentation dans la richesse agricole. Le cultivateur ne cherche pas à stimuler les puissances productives du sol. Le système presque exclusivement adopté est celui de l'assolement de trois ans, qui laisse reposer la terre. L'agriculture russe ne produit en moyenne que quatre fois la quantité de grains semée.
Voici comment on évaluait, il y a une dizaine d'années, la production et la consommation moyenne de la Russie en céréales. Ce calcul ne comprend pas dans la Russie les élats annexes de la Pologne et de la Finlande, ce qui réduit la population de l'empire à 55 millions d'habitants.
Hëcotle muyeime annuelle en ciiéalcs du loutu espaça : environ SOO, 000,000 *'«■