DR LA RÉFORME
incompatible avec celle erreur île principes. Il faut, puisque, le servage esl détruit, que l'autocratie disparaisse, que l'Empereur soil le chef de l'administration et non le maître du pays, que le droit individuel ail d'autres garanties que le bon plaisir du monarque. L'tiistoire est sur ce point d'accord avec la logique. Ce, n'est pas par une circonstance fortuite que le servage se trouve ne dans le même siècle que l'autocratie. On ne peut briser le lien moral qui unit ces deux institutions. L'émancipation du paysan entraînera dans un avenir plus ou moins éloigné l'émancipation politique de la nation. La couronne aura ainsi posé d'elle-même le principe qui iloil la transformer un jour. D'ici là, l'histoire de la Russie sera probablement signalée par hien des désordres : car de toutes les réformes, celle qui consiste à introduire l'honnêteté dans une administration gangrenée esl la plus diflicile à mener jusqu'au bout, parce que les agenls de la réforme sont les premiers intéressés :ï la faire échouer. 11 y a un second obstacle, tout politique, à la transformation morale de la Russie. L'Empire est formé d'une agglomération de peuples différents de caractères et d'origines, et ayant des lendancestout opposées. Le même sceptre est étendu sur des ltusses, des Polonais, des Allemands, des Bouliharos : l'autocratie es! regardée, peut-être avec raison, comme le seul procédé de gouvernement qui puisse maintenir l'unilé mensongère de l'Empire. Si donc la nécessité des réformes doit cire de mieux en mieux sentie, !e gouvernement ne pourra ou n'osera satisfaire aux légitimes besoins du peuple : la continuation du désordre dans l'empire russe ne manque pas ainsi d'une graude probabilité.