‹ Les chemins de fer russes de 1857 a 1862 (volume 2)Chapitre 93 sur 118 · CAPITAL DE LA OIUNOE SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

CAPITAL DE LA OIUNOE SOCIÉTÉ

sion successive d'actions et d'obligations. Les notions devaicnt avoir une valeur nominale dp, 125 rouble?. Les statuts no définissaient pas la valeur nominale à donner aux obligations; ils établissaient seulement ce principe que le capital obligations pourrait atteindre, mais non déposer, ie capital souscrit par les actionnaires. La première émission était fixée à fiOO,000 actions, représentant un capital de 75 millions de roubles ou de .100 millions de francs.

La valeur nominale des actions de la Grande Société était exprimée non-seulement en roubles, mais encore en francs, en livres sterliniis, en florins de Hollande, et eu limiers de Prusse. L'action île 1 2o roubles il Pélersbonrg était censée valoir I>00 fr. h Paris, 20 livres sterling* h Londres, Ibalers à Berlin, et 230 florins a Amsterdam. Les coupons des actions devaient être payables dans chacune de ces places au change résultant des rapports admis par les statuts, et nonobstant les variations du change effectif.

L'émission de 1857 réussit assez bien â Pélcrsbounr. mais elle échoua complètement à Londres, où l'entreprise, des chemins russes était l'objet d'appréhensions politiques assez vives. La liussie et la Hollande donnèrent en entier le capital qu'on leur demandait; les autres parts do la souscription furent fournies par les fondateurs et leur clientèle ordinaire, sans souscription publique.

Le premier appel était des trois dixièmes du capital nominal souscrit; il mit entre les mains de la Compagnie une somme de 22,500,000 roubles, soit 90 millions de francs'. Dans les trois derniers mois de 1857, la Compagnie offrit aux actionnaires la faculté de se libérer entièrement par anticipation. Cette mesure provoqua la

libération dp 134,0X5 titres. Suspendue pendant toute l'année 1858, elle fut reprise en I8îi9 et dura jusqu'aux appels qui rendirent la libération obligatoire. Jusqu'en 1860, la libération facultative eut un plein succès : nu 31 décembre 1859, le nombre des actions volontairement libérées s'élevait à 337,713, ou à plus de la moitié du nombre total des titres émis.

L'émission des obligations fut commencée le l tr septembre 1858 pour les capitaux russes seulement. L'obligalion élait de oOO roubles, devait rapporter 4 1/2 p. 100 d'intérêt, et était remboursable sans prime. Malgré ces conditions bien inférieures à celles que l'on faisait à la même époque aux obligations des cliemins français, le capital réuni par celle voie monta à 33 millions de roubles, représentés par 70,000 titres. Plus de la moitié de celle somme appartenait à divers établissements de bienfaisance,

L'intention de la Compagnie était de rassembler au moyen de ses obligations un capital de 75 millions de roubles, égal an montant du capital nominal des actions émises. Les statuts, comme nous l'avons dit, lui en reconnaissaient le droit, et il u'est pas douteux que celle émission n'ail réussi à ce moment. D'une part en effel, la demande d'obligations fui à peu près décuple du nombre de litres offerts au public; de l'autre, les établissements publics, et notamment le Saint-Synode, voulurent prêter à la Compagnie des capitaux qu'elle fut forcée de refuser. Le gouvernement limita eu effel à 35 millions le moulant de l'émission projetée, sous prélexte quec'élaitàcelle somme que s'élevait alors le capital réellement versé par les actionnaires. Celte inlerpréiation étroite des statuts amena des résultats également onéreux pour la Société el pourl'Éla'. '

ouvoir dans les affaires de la Société pilai effectif à 110 millions de roubles,

cependant pas immédiatement. La situation M n iinciiie de la Grande Société était très-solide, l'avenir paraissait assort 1 ! ; lus actions Taisaient une petite prime à la bourse de Pôlersbourg, et les capitaux disponibles du pays cherchaient volontiers ce placement, où ils trouvaient à peu près S p. 100 du revenu, tandis que l'intérêt dans les banques, longtemps fixé à i- p. 100, venait d'être réduit à 3. Mais la prospérité de la Compagnie, compromise par la restriction que le gouvernement avait arbitrairement apportée au rassemblement de son capital, devait souffrir encore des mesures qu'il essaya, à partir de l'année 1850, dans l'intérêt prétendu des finances de l'Empire.

Apres avoir inutilement tenté en 1859 un emprunt étranger que les événements politiques survenus celle année rendirent impraticable, le gouvernement convertit, le 1" septembre, les fonds déposés par les particuliers dans les banques en billets de banque de l'Etat, rapportant 5p. 100 d'intérêt annuel. C'était immobiliser tout d'un coup 300 millions de roubles. L'emprunt étranger, suspendu en 1859, fut repris en 1800, et réussit cette fois, sous la condition que les inlérèts fussent payés chaque année en espèces sonnantes. Commencé en 1800 par une somme de 12 millions de roubles, l'emprunt doit être continué d'année en année jusqu'à ce qu'il ail fourni 100 millions.

Les nouveaux litres émis par le gouvernement enlevèrent aux actions delà Grande Sociéléla supériorité quelles avaient jusque là conservée par rapport aux autres valeurs.

Elles tombèrent il Pélersbourg au-dessous du pair. A Paris, la baisse du change les mettait encore à 10 p. flO au-dessous du cours nominal de Pétersbourg. Celte déprécialion rendait impossible une émission d'actions nou-

rlevenait impossible si les condilions de l'entreprise notaient pas améliorées.

El non-seulement l'exécution des lignes nouvelles devenait par là très-problématique ; l'ac lie vemenl des trois lignes entreprises allai! nécessiter aussi la création de nouvelles ressources. Les dépenses de la Compagnie s'étaient élevées au-dessus des prévisions, par suite du rencbérissement généra! des matériaux et de la main-d'œuvre, el par suile de la baisse du change, oui créait pour la So ciélé une charge de plus en plus lourde. L'Administration publique do son cùté ne cessa pas, jusqu'au jour où les nouveaux statuts vinrent modifier les situations relatives, d'accroître par tous les moyens en son pouvoir les dépenses de la Société. 11 suffil délire les dépêches ministérielles rédigées pendant cette première période. Quelques-unes de ces décisions, il esl vrai, n'ont pas été maintenues ; mais elles n'en montrent pas moins l'esprit qui lésa toutes dictées. A Dunabourg, !e Ministre voulait faire construire a la Compagnie un pont pour route à côlé du ponl du chemin- de Ter; à Moscou, nous l'avons vu remettre en question la traversée delà \ille déjà exécutée; sur la ligne de Varsovie, il prétendit faire poser sur-le-champ les deux voies, parce que lel était le projet du gouvernement, tandis que l'acte de concession n'exigeait la pose de la seconde voie que si leproduit brut dépasse 0.000 roubles parverste ; le Ministre voulait encore faire payer à la Compagnie les droits d'entrée sur les fers de ses pouls métalliques, dUpo-

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