‹ Les chemins de fer russes de 1857 à 1862Chapitre 115 sur 155 · EFFORTS POUR RELEVER LE CHANGE · texte numérisé non relu

EFFORTS POUR RELEVER LE CHANGE

défemlisscnl tout agio sur Tor et l'argent, on ne }>ouvail, en 1862, se procurer de pièces en échange de billels de crédit qu'en payant une prime de 8 à 10 pour 100. Le change sur Paris, tombé à 3^,75 en 1857, descend à 3^,30 en 1859, remonte entre 5^,50 et 3^60 en 1861, el se trouve encore aux environs de ce taux à la fin de 1863, à la suite des remboursements à prix réduit que le gouvernement opère à laide de ses emprunts en Angleterre el en Hollande '.

La Russie en est ainsi à sa troisième liquidation: sous Alexis, le retrait du cuivre, sous Kicolas, la création du rouble-argent, qui réduit dans la proportion de 100 a 29 la dette nominale de l'État ; enfin, maintenant, le remboursement au-dessous du pair des billets de crédit. Mais la plus gi-ande diflicullé sera d'opérer le remboursement jusqu'au bout, et de chasser définitivement ce papier qui a une si déplorable histoire.

Si les métaux précieux étaient autrefois plus rares dans la Russie que dans le reste de l'Europe, le gouvernement devait accepter avec franchise cette situation particulière qui portail en elle-même son correctif; car la rarelé de Fargcnl entraîne le bon marché relatif des produits, el a pour conséquence les achats de l'étranger el les importations de numéraire. Les mesures prises par le gouvernement ont au conti^aire augmenté le mal qu'elles voulaient combattre : les métaux précieux se sont cachés devant le papier el le cuivre, ou bien onl quitté le pays, les prix nominaux se sont élevés, la richesse publique n'en a pas été augmentée d'un kopek, mais la monnaie a perdu loul caractère de fixité, et un négociant russe a pu chaque aimée voir ses inventaires s'améliorer et son capital décroître.

La baisse du change sur l'étranger, très-préjudiciable, sans doute, h certains intérêts, tendait aussi à modifier ce qu'il y a d'anormal dans cet étal économique. Un change bas augmente la puissance de la monnaie étrangère, et favorise les exportations. Là encore il fallait simplement laisser faire. Le gouvernement n'était pas convaincu de cette vérité. Au lieu de consacrer à des travaux utiles ce papier, tout déprécié qu'il fût, et de faciliter par là Texporlation qui est la fortune du commerce du pays, il a entrepris de relever artificiellement le change. Voici ce qui a été imaginé à cet effet en 1857, el renouvelé depuis à plusieurs reprises. Le ministère des finances en^ie sur les places étrangères des pièces d'or russes qu'il fait ensuite revenir à Pétersbourg par une opération de banque, dont il traite les conditions avec lui-même. Ce voyage d'impériales à l'étranger accompagné d'un marché fictif à la Bourse peut-il

^ Depuis cette époque, le cours du rouble a été relevé fictivement à i fr. en 1864 ; il est retombé tout aussitôt à 3 fr. 20, puis, en 1866, à 5 fr. ; la guerre entre la Prusse, et rÂutriclie Ta fait descendre ji:><|u*à 2 fr. 60. Il est à environ 5 fir. 40 au moment où nous écrivons (janvier 1868).

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