MESLRKS FINANCIÈRES DU GOUVERNEMENT
influer sur le cours du rouble? Il n'en résulte jamnîs qu'une oscillaliou passagère, cl les cours, relevés un instant par cette opération imaginaire, retombent bien vite à leur premier et véritable niveau sous la masse des remises provoquées dans fout le commerce par cette hausse inattendue.
I^s emprunts du gouvernement ont aussi j)our objet de relever le change. Il consolide dans les banques les capitaux qui y sont déposés en billets de crédit (1^ septembre 1859); CCS capitaux sont reconnus comme dette de l'État. Pour titres de celle dette, le gouvernement émet des billets de banque portant uu intérêt jour par jour à 5 pour 100 par an. Par là il remplace un papier par un autre sans qu'on voie en quoi la fortune publique y trouve son avantage. Puis commence la série des empnmts à rinlériour et à l'étranger: à l'intérieur, pour retirer les billets de crédit ; à rétranger pour appeler a soi des espèces sonnantes; les intérêts de tous ces emprunts doivent être servis en or ou en argent. On croit jeter par là petit à petit dans la circulation des espèces métalliques : il est probable qu'on n'y réussira pas. Les sommes payées en espèces par le gouvernement n'entrent pas dans la circulation, elle sont soigneusement enfouies ou passent immédiatement à l'étranger. De plus, les emprunts intérieurs créent des titres dont le public ne tarde pas à se servira régal des billets de crédit contre lesquels ils ont été échangés, de sorte que la quantité de papier reste toujours la même, tandis que la circulation métallique demeure toujours nulle.
Pour sortir de ce mauvais pas, il n'y a en réalité que deux méthodes. La première consiste à employer le plus utilement possible les valeurs dont on dispose, a accroître la richesse générale, qui pourra un jour rendre bien légère la dette actuellement si lourde pour VÈUxL Dans cette voie le gouvernement ne peut tout faire, si la nation ne le seconde pas. L'affranchissement des serfs amènera sans doute dans le caractère national, une transformation dont les (inances pubhques ne tarderaient pas à ressentir rheureuse influence.
L'autre méthode, révolutionnaire, serait appropriée à la situation qui est révolutionnaire aussi. Elle consisterait à supprimer les billets de crédit, et à décréter que dorénavant tous les payements se feront en espèces. Cette mesure assez brutale ferait voir le jour à toutes les monnaies tenues en réserve par les particuliers, et rien ne dit que ce n^est pas ainsi que doit finir la comédie jouée depuis deux cents ans par la Russie devant l'Europe, et par laquelle une nation pauvre et insouciante a réussi à faire croire qu'elle possédait d'énormes richesses, et qu'elle méritait un crédit illimité.
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