‹ Les chemins de fer russes de 1857 à 1862Chapitre 130 sur 155 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

RCFRACTIO.Y.

Au solstice d'hirer, D = — 23«28'. . .

Aux équinoxes, D =

Au solstice d'été D = + 23»28'. . . .

T imaginaire, (jour de li heures.)

Hais il y a exagération à comprendre dans la durée du jour effectif la totalité du crépuscule et la totalité de Taurore; et il est plus juste de n'ajouter à cette durée que la moitié environ de ces deux périodes. Cela revient à diminuer l'angle f.

On peut déterminer la valeur pratique de cet angle en observant que c'est vers 57^ de latitude que commence

NOTE Vlil.

d*une manière sensible le phénomène d'un jour de vingt-quatre heures à Tépoque du solstice d'été. On doit donc avoir à la fois T= 24 heures, D = -4-23<»28', > = 57<».

On en déduit :

Sin çi

+ tgD lgA=l.

Cos > cos D Et par suite :

Sin ,; = cos i ( os D — sin D sin i = cos (> -h D) = ces (57« -h 23» 28') =-- cos {80« 28')

Donc :

Lie compteur russe (stehet).

Les négociants russes se servent, pour faire les additions, d'un appareil qui rend cette opération très-rapide, et qui permet de Teffectuer nombre par nombre, au lieu de la faWii colonne par colonne.

Un cadre rectangulaire en bois, ABCD, posé à plat sur le comptoir du marchand, ou sur le bureau du teneur de livres, porte intérieurement des fils rigides de cui\Te, a, fc, c, rf, e, f, g, /i,... tendus à égale distance les

uns des autres, parallèlement au petit côlé ÂB du cadre. Ces fils, qui sont en nombre plus ou moins grand, correspondant chacun à une unité décimale d'un cerLiin ordre. Ainsi, le fil a correspondra, par exemple, aux centièmes, le fil fr, aux dixièmes, le fil c, aux unités simples,... le fil h, aux centaines de mille.

Le dessus du cadre forme un plan légèrement incliné vers le bas, à la façon d'un pupitre à écrire. L'arête DC, la plus éloignée du calculateur, e>t plus élevée de l'anHc AB, qui est la plus voisine de lui. Les fils participent à cette inclinaison qui rend plus facile la lecture des nombres marqués par l'instrument.

On donne de plus aux fils fixés à l'intérieur du cadre une faible courbure dans le plan vertical ; le milieu de chaque fil est ainsi un peu plus haut que ses deux extrémités ; il résulte de là que les boules enfilées sur ce fil, une fois amenées à Tune de ses extrémités, s'y trouvent en équilibre slable, et n'ont aucune tendance à retourner vers r extrémité opposée.

Sur chacun de ces fils, sont enfilées dix boules ^ égales, représentant chacune une unité de l'ordre indiqué par

> Dans les compteurs usuels il j a deux 'fils qui ne portent que quatre boules; nous faisons abstraction de ces deux fils pour simplifier notre exposition. — La plupart des auteurs qui ont donné en France la description du itcket, ne placent que neuf boules sur chaque fil. C'est en faire l'appareil destiné à enseigner la numération dans les écoles primaires, au lieu d'un appareil propre i simplifier les opérations.

le fil. Pour éviter la confusion entre ces boules, les deux boules du milieu, qui ont les numéros 5 et 6, quel que soit le sens dans lequel on les compte, sont peintes en noir ou rouge, tandis que les huit autres, réparties de chaque côté des deux boules centrales en deux groupes de 4, conservent la couleur naturelle du bois.

Cela posé, tout nombre moindre qu*un million, et n ayant pas plus de deux décimales, peut être représenté sur le compteur; il suffit, en efl'et, de pousser sur chaque Gl contre le côté BC un nombre de boules égal au nombre d*unités de Tordre correspondant à ce fil, qui sont contenues dans le nombre donné, et de sé[)arer les autres boules en les amenant contre le côté AD. Par exemple, le nombre 23098,28 aura sur le compteur la représentation suivante :

xoottoooo-

xootioa

xootto

XH

Docottoo — r

■oc

<xx:

<XX)9êCCO0

-ootioooo

-ocmêoœc

La ligne fictive MN, qui sépare les boules en deux groupes, laisse à droite toutes celles qui concourent à représenter le nombre, et à gauche, toutes les boules étrangères à cette représentation; nous appellerons ce groupe, qui, réuni à Tautre groupe, forme une somme constante, le résidu du nombre marqué par le compteur.

Supposons qu*on veuille ajouter à ce nombre 25098,28, un autre nombre donné, 86448,37. On y parviendra en prenant, dans le résidu du premier nombre, les boules nécessaires pour représenter le second, et Taddition se fera en réunissant ces boules aux boules déjà amenées au contact du côté CB. Mais pour cette seconde inscription de nombres, on ne poiu-ra plus disposer sur chaque fil de la totalité des boules qui s*y trouvent placées, puisque quelques-unes d*entre elles sont employées à la représentation du nombre précédemment inscrit. On a, par exemple, à marquer 7 centièmes avec les boules contenues à gauche de la ligne MN ; ce serait impossible avec les seules ressources du fil a des centièmes, puisqu il n'y reste plus que deux boules disponibles. Mais 7 est égal à ^0 — 5; au lieu d'avancer vers la droite 7 boules prises au résidu sur la ligne des centièmes, on en avancera une prise au résidu de la ligue des dixièmes, et ou repoussera dans le résidu trois boules du groupe déjà inscrit sur le fil des centièmes. En résumé, le chifire 7 des centièmes du second nombre smscrira en dénmrquant 3 boules du fil a, et en marquant une nouvelle boule sur la ligne b.

On passe alors au chiffre 3 des dixièmes. Comme la ligne b ne contient encore du côté marqué que 3 boules, savoir, 2 pour la représentation du premier nombre, et 1 que nous venons d'y joindre pour Tinscriplion des centièmes du seconde nombre, il en reste 7 au résidu; nous pouvons donc en prendre 3, et les réunir aux 3 déjà marquées : ce qui en fera 6 en tout sur le fil dès dixièmes.

Les 8 unités simples du second nombre donné ne peuvent se prendre sur les 2 boules résidu de la ligne c. On devra donc opérer conmie tout à Theure. Au nombre 8 on substituera la différence 10 — 2 ; on démarquera 2 boules de la ligne c, laquelle sera réduite à 6 boules marquées, et Ton avancera une boule de la ligne d, qui correspond aux dizaines. Or cet emprunt est toujours possible, car le nombre inscrit précédemment nayaut pas plus de 9 unités dans un ordre quelconque, il reste toujours au moins une boule sur chaque fil après qu*on en a tenmné Tinscriplion. Le conteur réduit à 9 boules par ligne ne présenterait pas cet avantage.

La ligne d se trouve ainsi contenir 10 boules toutes marquées. Mais cette inscription n'est que provisoire :

10 boules marquées sur une ligne équivalent à une boule marquée sur la ligne immédiatement supérieure. On

repoussera donc les 10 boules de la ligne d, en avançant en échange vers la droite une boule de la ligne e des centaines.

L'addition des 4 dizaines du nombre 86418,37 se fera ensuite en avançant 4 boules de la h'gne d ; les opérations se poursuivent ainsi sans aucune ambiguïté. Toutes les opérations partielles sont possibles, et possibles d'une

seule manière, et Tou trouvera en définitive, pour somme des nombres 23098,28 et 86448,37, la représentation suivante :

Ml

oonoitooo-

ÛOOOtêOOOt"

DCXX)t-

DOOO- CCXX>-

[ioODO^

-v-^oooitoœo

■«xoo

-oooo

-••oxx

-••axe -•oooc

Savoir, i 09546,65. En réalité, nous avons substitué au second nombre, 86448,57, le nombre égal 126452,43^ où les chi (Très surmontés d'un trait sont supposés prb négativement ; sous cette forme, nous avons pu Técrire à la suite du premier.

La soustraction se fait sur le compteur d après les mêmes principes. Soustraire un nombre A d'un nombre B, marqué sur le compteur, c'est ajouter le nombre A au résidu du nombre B : opération qui s'effectuera facilement, en ayant recours aux empnmts, si cela est nécessaire.

Toutes les personnes qui ont des calculs à faire , en Russie, manient cet instrument avec une extrême rapidité. L'addition se fait presque aussi vite que la lecture des nombres à ajouter, et elle se fait sans erreur. Celui qui calcule la plume à la main ne peut inlerromprc une addition une fois qu'elle est commencée ; une longue addition est une opération pénible , qu'il faut fractionner en opérations plus courles pour être bien sûr d'un résultat. Avec le compteur, au contraire, le calculateur peut arrêter son opération après chaque nombre, et la reprendre ensuite où il l'a laissée. L'instrument conserve la trace de toutes les opérations partielles déjà eflectuées. Il possède un autre avantage, celui de s'adapter sans difficulté à un système de numération quelconque et de permettre Taddition des nombres complexes comme celle des nombres décimaux. 11 faut pour cela modifier convenablement le nombre déboules à faire porter à chaque fil. Le compteur nissc , qui est , dit-on , une imitation de l'abaque des Chinois, est en un mot susceptible d'une foule de combinaisons, et n'a qu'un inconvénient, celui de rendre paresseux l'esprit des comptables, qui ne peuvent plus faire d'opérations sans le secours de cet appareil , une fois qu'ils en ont pris l'habitude ^

Les poêles.

(( Les poêles échauiïcnt l'air au moyen de la chaleur qui passe à travers les parois du foyer et des tuyaux à fumée, soit pendant le temps même où on y fait du feu, soit après que le feu y est éteint. Dans le premier cas, les parois de l'appareil doivent être construites avec des matériaux bons conducteurs de chaleur et doivent pos-

> Les bâtons de Neper simplifient les multiplications comme le compteur russe simplifie les additions. Cet appareil peut être rendu très-pratique, en y introduisant an mécanisme particulier, destiné i niveler les divers hâtons, et à les rapprocher de manière k faciliter les réductions nécessaires pour former les produite partiels. Mais la multiplication peut se simplifier de bien d'autres manières. Sans parler des logarithmes, on pourrait faire des multiplications très-rapides à l'aide d'une table de carrés. Étant donnés les deux facteurs a et b dont on demande le produit, on formera sans peine les nombres i (a-f-^) et |(a— ^), on en cherchera les carrés dans la table, et on retranchera le plus petit du plus grand. On a en effet :

ab = (*(«-!-*))*-. (\{a^b))\

Cette transformation ramène pour ainsi dire à une table i simple entrée (celle des carrés) la table i double entrée de Pythagore qu'on ne peut pousser bien loin dans les deux sens.

séder un grand pouvoir émissif. Tels sont les poêles en mêlai, dans lesquels la combustion s*opère lentement et par petites quantités de combuslible : ils ne donnent de la chaleur que pendant la combustion. Dans le second cas, les poêles doivent se construire avec des matériaux conduisant mal la chaleur, et dont la surface ait un faible pouvoir émissif. Tels sont les poêles en briques et carreaux de faïence, connus sous le nom de poêles russes, poêles hollandais et poêles suédois. Ils s'échauffent par une combustion rapide et énergique ; on les ferme ensuite par des portes et un couvercle ; ils conservent alors en eux-mêmes une quantité de chaleur qu'ils communiquent lentement à lair à mesure qu'ils se refroidissent, et ils peuvent en maintenir la température à un degré convenable pendant nngt-quatre heures.

« Pour les poêles de la première espèce, les meilleurs matériaux sont la fonte, et après la fonte, le fer. La surface extérieure des conduits pour la fumée doit être peinte en noir....

« Les poêles de briques et carreaux de faïence (planche XL) se composent :

<( D'un four où est le combustible;

< D*un serpentin où les gaz produits par la combustion se refroidissent jusqu'à ce qu'il ait acquis lemoindi« degré de température qui puisse entretenir encore le tirage. Le serpentin se compose de branches verticale^, appelées puits, ou bien se trace en hélice à la manière des vis ;

a D'un tuyau à fumée.

« La capacité du four se calcule d'après la quantité de bois qu'on veut brûler dans une seule chauffée. Une trop grande capacité serait nuisible, en ce que les parois du four, quand elles sont trop loin de la flamme, s'échauffent moins, et en ce que, quand la section horizontale du four a des dimensions exagérées, la grande aflluence d'air qui se produit refroidit les gaz de la combustion. Le four doit avoir de 4 à 8 centisagènes (0™,085 à 0"*,171) de longueur de plus que le bois de chauffage; la longueur de la bûche varieordinairement de 0^,17 à 0^*,31 (0",362 à 0°,662); le four doit donc avoir une longueur de (TSSO à 0««-,40 (0°,420 à 0",850). La largeur du four ne doit pas être plus grande que celle de la porte par laquelle on introduit le bois, environ 0'*^',125 ((r,267). Sa hauteur doit excéder celle du tas de bois du tiers de cette dernière hauteur. On admet ordinairement qu'un poêle hollandais brûle par mob un volume de bois ayant pour base une sagène carrée et pour hauteur la longueur

de la bûche. La section transversale du chargement journalier est ainsi égale à peu près à ^ de sagène carrée ou

à 0^ ,033 (O"*^*"', i 5) , de sorte que la hauteur du tas de bois à placer dans le four est d'environ ^'. . = 0^,264

(0™,562) ; on laisse 1 centisagène ou 2 centimètres de jeu total entre le tas et les joues du four, et, par suite, Ja hauteur du four doit être 0^,35 (0",747). L'ouverture pour l'introduction du feu se ferme par une porte, et a une section carrée de 0^^,125 (0",267) de base. Entre le poêle et sa fondation, on ménage un intervalle ou l'air puisse s'introduire pour empêcher la transmission de la chaleur dans la fondation. L'âtre est' soutenu par les murs du poêle. Il se compose de deux rangs de briques. Sa hauteur au-dessus du niveau du pbncher de la cliambre atteint 0^,125 (0'°,267). L'épaisseur des murs du four est de 3/4 de brique (19 centimètres 1/2) ; on ne met qu une demi-brique (13 cent.) quand le poêle est entouré de carreaux de faïence. L'épaisseur de la voûte qui couvre le four ne doit pas être moindre qu'une demi-briqu£.

a Dans les poêles suédois, le four a la grandeur d'une cheminée, et se ferme par une porte à deux battants.

« Les parois du serpentin se construisent en briques, corps mauvais conducteur de chaleur, et qui, pour cette raison, absorbe lentement la chaleur dfs gaz produits. La longueur du serpentin doit suffire pour que les gaz aient perdu leur chaleur à l'entrée du tuyau. Le développement total du serpentin à partir de la voûte du fom* jusqu'au couvercle par lequel on ferme le poêle est de 6 à 7 sagènes (12°',80 à 14" ,93). Dans les poêles hollandais ordinaires, on partage cette longueur en huit tuyaux ; pour les poêles plus petits, on réduit proportionnellement le nombre de tubes à six ou quatre. La section transversale du serpentin est rectangulaire, de i brique en tous sens (26 centimètres), ou de 1 brique de long sur 1/2 brique de large (0",26 sur 0",i5), ce qui donne une section de 0''S'*'^,0156 ou de O^^^'^.OOTS (0""'^-,0710 ou 0"^*^,0355). Les intervalles entre les tuyaux sont de 1/4 de brique. La couverture du poêle est de 12 à 3/4 de brique. La distance du dessus du poêle au plafond de la chambre doit être au moins de 0*** ,17 (0",36). Les murs extérieurs du poêle ont 3/4 de brique, et seulement 1/2 brique pour les parois sur lesquelles on pose des carreaux de faïence.

« La section du tuyau à fumée peut être calculée d'après la quantité de combustible brûlé par heure. Pour chaque poud de houille brûlée en une heure, on compte 0"^"" ,0069 de section (0'"^*"-,19 par 100 kilos) ; pour chaque sagène cubique de bois, de 0*'^""-,964 à 1«k^«"^ ,447 (0"^',45 à i)"^^ ,6S par mètre cube). D'après ces don-

nées, et (l*après la quantité de bois ordinaire brûlée par un poêle hollandais, le tuyau devrait avoir une section de 0''*'*^-,006 à 0*'^''"-,009 (0"'^-,0270 à 0"'^"*,0410). En pratique, on donne au tuyau une section carrée dont le côté a la longueur d'une brique. La meilleure section serait la section circulaire. Mais il est difficile de la faire avec des briques, et pour cette raison, on adopte généralement la forme carrée. Les perfectionnements introduits dans la fabrication des tuyaux en poterie permettent cependant d'employer aussi le tuyau circulaire. La hauteur du tuyau dépend de la hauteur du bâtiment. Pour une hauteur moindre que 2 sag. 1/4 (4*" ,80), le tirage est trop faible, et il faut prolonger le tuyau plus haut. L'épaisseur des murs extérieurs du tuyau est d'une brique; si le même massif donne passage à divers tuyaux, on les sépare par des cloisons d'une demi-brique chacune. Audessous du toit le tuyau est maçonné avec de l'argile; au-dessus, avec du mortier.

(( Un poêle hollandais de dimension ordinaire peut maintenir à la température convenable 17 sagènes cubiques d'air en moyenne (168 mètres cubes).

« Les poêles ronds d'Vntermak (pi. XL) se composent d'une caisse cylindrique en fer doublé intérieurement de briques minces. Le four, entouré de briques, occupe la partie inférieure. La région au-dessus du four est partagée suivant les rayons du cylindre par des cloisons de i/4 de brique, qui forment des puits pour la circulation de la fumée. Pour donner de la chaleur dès qu'on commence à allumer le poêle, on réserve sur tout le pourtour du poêle, à des hauteurs difiérentes, deux cavités qui communiquent avec l'air de l'appartement au moyen de petites ouvertures ménagées dans l'épaisseur des parois ; Tune est entre la voûte du four et le fond des puits, l'autre est au-dessus des puits. Ces deux ouvertures communiquent Tune à l'autre par un tube de fer vertical placé dans l'axe du poêle. L'air de lappartement entre par l'ouverture inférieure, s'échauffe, monte par le tuyau central jusqu'à l'ouverture supérieure, et retourne dans l'appartement.

« Les dimensions des poêles russes dépendent de l'usage auquel on les destine. Dans les cas les plus fréquents, pour une habitation particulière, on donne au foyer une surface horizontale de 0"^ ,22 (1 mètre carré); la hauteur de la voûte du four au-dessus de l'àtre va jusqu'à 0**^ ,27 (0",575). La hauteur de l'àtre au-dessus du plancher est 0"»-,35 (0",747) ; la largeur de l'ouverture est 0"»^ ,20 (0'",427), la hauteur, 0"»-,17 (0",36) ; la profondeur du foyer, 0*'«-,25 (0",53). ».

(Extrait des Tables, formules et données numériques, etc., par M. le lieutenant-colonel (maintenant général ) Lipine, du corps des voies de communication. — Tome II, p. 128 et suiv. (Texte russe.) Pétersbourg, 1855.)

Les poêles ne suffisent pas pour assurer aux habitations du nord de la Russie une température convenable ; il faut encore que les murs aient une grande épaisseur, que les ouvertures soient garnies de doubles fenêtres et que les joints en soient bien bouchés. On réserve seulement quelques vasistas (fortotchka ) dans les doubles fenêtres pour renouveler l'air des appartements. — Dans les chaumières de la petite Russie, on a adopté l'usage de portes de communication extrêmement basses; il résulte de cette disposition que l'air chaud qui tend à séjourner dans la partie haute des chambres, se mélange difficilement avec Pair froid du dehors au moment où Ton ouvre une porte. — L'essai des calorifères, dans certaines maisons de Pétersbourg, n'a pas complètement réussi; ce système, applicable aux escaliers et aux antichambres, ne convient pas aux pièces habitées. .

Résumé de la campag^ne de f 81 !S.

Napoléon franchit le Niémen à Kovno avec 200,000 hommes, le 24 juin 1812. La grande armée comprend à ce moment un effectif de 400,000 hommes en première ligne, de 200,000 en seconde ligne, en tout 648,000 hommes, en y comprenant le contingent ^tutrichien.

Séjour de Napoléon à Vilna, du 28 juin au 1 6 juillet. Opérations sur les ailes de l'armée. Davout à Minsk.

18 juillet. Établissement de Napoléon à Gloubokoe. — Davout à Mohilef.

L'armée russe évacue le camp de Drissa. Rarclay de Tolly remonte le cours de la Dvina vers Vitebsk ; Bagration , le cours du Dniepr vers Smolensk. Combat du 23 juillet à Mohilef. — Combats d'Ostrovno, les 25 et 26 juillet.

— Combat en avant de Vitebsk, le 27 juillet. — Barclay de Tolly, résolu un moment à livrer bataille, apprenant la défaite de Bagration à Hohilef , .continue à rétrograder, 27 juillet.

Napoléon arrive à Vitebsk le 28 juillet. 11 y séjourne jusqu'au \\ août. La grande armée est distribuée entre la Drina et le Dniepr. L*efTectif de la première ligne est déjà réduit à 175,000 hommes (force réelle). — Jonction de Bagration et de Tolly : Tarmée russe présente un eflcctif de 140,000 hommes.

Pointe du général Tormasoiï vers Kobrin.

Napoléon essaye de tourner l'armée russe. Passage du Dniepr à Rassasna, les 13 et 14 août. Marche sur Smolensk, combat de Krasnoe, le 14 août. — 16 août, arrivée devant Smolensk. Attaque de Smolensk le 17. Les Russes évacuent Smolensk le 18, et mettent le feu à la ville. — Combat de Valoutina , hvré par Ney à Barclay de Tolly, sur la route de Smolensk à Moscou.

Opérations sur les ailes. Schwarzenberg et le contingent autrichien contre TormasufT, bataille de Gorodetchno, 12 août. — Oudinot et Saint-Cyr contre Wiltgenstein, bataille de Polotsk , 18 août.

25 et 24 août. Barclay de Tolly semble prêt à livrer bataille, à Dorogobouj ; Napoléon quitte Smolensk le 24, arrive à Dorogobouj le 25. L'armée russe se retire sans combattre. iNapoIéon la pour-uit; arrive à Viasma le 28, en repart le 51, arrive à Gjatsk le même jour, et y séjourne jusqu'au 4 septembre. KutusofT prend le comman- ^dément de ffarmée russe et succède a Barclay de Tolly. — Napoléon joint l'armée russe à Borodino, le 5 septembre. Bataille de Borodino (ou la Moskowa), le 7 septembre 1812. Entrée de Napoléon à Hojaisk, le 9 septembre. Napoléon arrive devant Moscou, le 15. L'armée russe se retire sur la route de Rézan. Entrée des Français à Moscou 14 et 15 septembre.

Incendie de Moscou. 11 commence dans la nuit du 15 au 16, et dure jusqu'au 18. Rentrée de Napoléon à Moscou après l'incendie, le 19.

Kutusofl passe de la route de Moscou à Rézan à celle de Moscou à Kalouga, et occupe le camp de Taroutino , 27 septembre. — Négociations entamées avec Kutusoff. Entrevue de M. de Lauriston avec lui, 4 octobre.

Première gelée, 13 octobre. La grande armée est réduite à 100,000 hommes environ.

Napoléon quitte Moscou le 19 octobre, par l'ancienne route de Kalouga; puis il passe de cette route à la nouvelle , en lais&mt l'armée russe sur sa gauche. 11 occupe Malo-Jaroslavetz. Kutusoff, averti du mouvement de l'armée ennemie, marche sur Malo-Jaroslavetz. Bataille du 24 octobre.

Conseil de guerre du 25 octobre. La retraite est décidée pr la route directe de Smolensk. Commencement de la retraite , le 26. — 50 octobre , Mojaisk. — 51 octobre, Gjatsk. — Combat de Yiasma pour rouvrir la route.

— 5 novembre, Dorogobouj. — 10 novembre, Doukhoftchina. — Insuccès éprouvés sur les ailes de la grande armée. Le 12 novembre, arrivée à Smolensk, séjour jusqu'au 14. A la sortie de Smolensk, Tarmée active est réduite à 56,000 hommes, dont 500 cavaliers montés. L'armée russe présente un effectif de 50,000 hommes.

Arrivée à Krasnoe — Kutusoff, après avoir laissé passer Napoléon et la garde, coupe le chemin au reste de l'armée. La route est rouverte par Eugène, en sacrifiant la division Broussier, 16 novembre. Le 17, bataille de Krasnoe.

Passage du Dniepr par Ney et l'arrière -garde ; arrivée de Ney à Orcha le 19. Effectif à Orcha, 24,000 hommes armés, 25,000 traînarJs.

Passage de la Bérézina , les 26, 27 et 28 novembre. Incendie des ponts le 29.

Le thermomètre à — 20<* Réaumur.

Dernier combat de Molodetchno, 4 décembre.

5 décembre, à Smorgoni , départ préci|>ité de Napoléon pour Paris.

Arrivée des débris de l'armée à Vilna, le 9 décembre. (Le thermomètre à — 50* Réaumur.)

Évacuation de Vilna , le 10. Perte du trésor de l'armée.

Arrivée à Kovno, 11 et 12 décembre.

Le 15, Ney et Gérard quittent Kovno avec quelques centaines d'hommes; les derniers débris de Tarmée se rassemblent à Kœnigsberg. — Maladies, fièvres, mort du général Esblé...

Tel est le résumé de cette campagne , désastreuse pour la fortune de Napoléon, mais peut-être plus funeste encore à la Russie ; il y a quelques années, les provinces qui avaient servi de théâtre à cette' lutte ne s'étaient pas complètement relevées de leur ruine.

La Russie a été plusieurs fois envahie par des armées étrangères. — En 1610, à la chute du tsar Basile Chouiski, Moscou est occupé par les Polonais, qui n'en sont chassés qu'en 1612. (Minine et Pojarski, bataille du 24 août 1612.) Les Polonais rentrent pour la dernière fois en Moscovie en 1615, sous la conduite de Lissovski ;

après avoir vainement assiégé le couvent de Troïlz, ils retournent en Pologne sans rien faire. — Le siècle suivant, Pierre le Grand, d'abord battu par les Suédois, arrête à Poltava les progrès de Charles XII. — Cent ans plus tard, Napoléon renouvelle la même épreuve sur de bien plus grandes proportions. Tous ces événements ont valu à l'empire russe une réputation de puissance et d'invulnérabilité à laquelle la guerre de i85i à 1856, conduite par les alliés avec beaucoup plus de prudence , a donné un éclatant démenti.

NOTE xr

Sur les voies de commanieation de la Rnssie.

Pour compléter ce que nous avons dit dans notre chapitre second des voies de communication de la Russie , nous réunissons dans cette note quelques nouveaux renseignements sur les commmiications par bateaux à vapeur, les ports de mer, et le télégraphe.

Bateaux à vapeur . — On trouve sur la Neva , pendant la belle saison , des bateaux à vapeur omnibus qui font le service de Pétersbourg et des îles. D'autres remontent la Neva jusqu'à Schlûsselbourg , à l'entrée de Ladoga. Un service établi sur le lac Ladoga met en communication Schlûsselbourg avec le monastère de Valaam, Serdobd, Kersholm et Konievielz. On peut, par cette voie, rentrer en Finlande et regagner Pétersbourg par Vibourg et Je golfe. — Enfin des bateaux à vapeur remontent du Ladoga dans le Svire, et passent dans le lac Onega.

Le Volga, de Tver à Astrakhan, et la Kama, de son embouchure dans le Volga jusqu'à Perm, sont parcourus par un grand nombre de bateaux à vapeur. Les bateaux sur le Don correspondent avec ceux du Volga , par l'intei médiaire du chemin de fer de Tsaritsin.

Sur le lac de PskofT, service de Pskoff à Dorpat.

La navigation maritime à vapeur de Pétersbourg comprend les lignes suivantes :

Pétersbourg à Cronstadty batimems d'un faible tirant d'e.vd. — Pétersbourg à Péterhoff .

Ligne de Finlande et de Suède : Vibourg, Uléaborg, Abo , Stockholm.

Ligne de Livonie et de Courlande : Reval , Riga, Liban.

Lignes d'Allemagne : Pétersbonrg à Stettin, Pétersbourg à Lubeck.

Ligne d'Angleterre : Pél!ersbourg à HuU.

Lignes de France : Pétersbourg à Dunkerque , Pétersbourg au Havre.

Sur la mer Noire, on trouve trois compagnies principales de bateaux à vapeur : la compagnie russe de la mer Noire , la cx)mpagnie autrichienne du Lloyd , et la compagnie française des Messageries impériales. Les rapports entre Odessa, Sévastopol, Théodosie, Kertch, Poti. .. sont assurés par les bateaux de la compagnie de la mer Noire.

Sur la mer Caspienne: services réguliers entre Astrakhan , les villes du pied du Caucase, et la cote de Perse. C*est cette voie qu'on prend pour aller de Pétersbourg à Téhéran.

Le Niémen et la Vistule ont une grande importance pour le commerce russe; en temps de guerre , le blocus des côtes n'empêche pas l'exportation par ces rivières , qui se jettent à la mer sur le territoire prussien. Le Niémen a une navigation maritime jusqu'à Kovno ; la douane russe est à lourbourg. Un canal sur le territoire prussien fait communiquer le Niémen avec le Prégel et le port de Kœnigsberg. La Vistule, voie d'exportation pour les blés de Pologne, qui vont s'entreposer à Dantzig, a une grande navigation à la descente : la douane russe est à Nieszawa.

Ports de mer. — Les grands ports de la Russie, Pétersbourg, Riga, Odessa, sont trop connus pour qu'il soit nécessaire d'en parler ici. Nous nous contenterons d'indiquer les deux nouveaux ports auxquels devaient aboutir les lignes coiiccdces en 1857 à la Grande Société : Liban, sur la Baltique ; Théodosie, sur la mer Noire.

Théodosie, ancienne possession génoise sur la côte S. delà Crimée, a une magnifique rade, orientée vers le midi, et par suite très-peu exposée aux coups de mer. Il n'y aurait presque pas d'ouvrages à construire pour protéger ce port naturel : des quais, des magasins et le chemin de fer assureraient la prospérité de cette ville.

Liban est le port le plus méridional de la Baltique ; ici de grands travaux seraient nécessaires pour créer un véritable établissement maritime. Voici, au surplus, un résumé du projet de port dressé en 1858 par M. Bresson, ingénieur de^ ponts et chaussées, qui fera connaître ce point de la côte.

La ville de Libau est située, presque tout enlière, sur la rive sud d'un chenal qui fait communiquer le lac de Liban avec la mer, sous la btitude de 56® 30^ à 70 verstes N. de la frontière de Prusse.

Le lac de Libau a une longueur de 16 verstes dans la direction du S. au N. ; sa largeur perpendiculairement à celte direction varie de 900 à 1500 sagènes, et sa surface est de 52 verstes canées en eaux moyennes. La profondeur du lac est en moyenne de 2 pieds au-dessous du zéro de Téchelle des pilotes; vers l'extrémité N., elle augmente jusqu'à 9 ou 10 pieds.

Le bassin du lac comprend une superficie de 2000 vei*stes carrées ; lu principale rivière qui Talimente est la Bartau, à la pointe S. du lac.

La surface de Teau a des variations de hauteur qui Tamènent tantôt au-dessus, tantôt au-dessous du niveau de la mer, de sorte que Técoulement par le chenal peut se faire successivement dans les deux sens. En général, o pieds est le maximum de cette différence de niveau, mais elle peut s'élever jusqu'à 4 pieds, si, par exemple, il y a coïncidence exacte entre une crue du lac et une mer tout h fait basse. *

Le lac de Tosniar, au N. du lac de Libau, n'en est que le prolongement.

lia ville est située presque tout entière à la pointe N. de la langue de 2 verstes de large, qui sépare le lac de la mer. Un pont en charpente les fait communiquer au N. avec la Courlande ; en suivant la langue de terre, vers le S., on se rapproche de la Prusse et de Memcl. La côte que l'on suit en cet endroit est toute droite, courant du S. au N. sans aucune sinuosité. Le fond de la mer est plat, et formé de s:ible fin. Cependant au N. de Libau, on rencontre quelques bancs de gravier avec des gi*anits roulés. Droit devant le port, la mer a une profondeur de 42 pieds à 7 verstes de la côte ; à 7 verstes encore plus loin, la profondeur atteint 60 pieds.

La mer Baltique n'a en ce point ni marées ni courants réguliers. Les vents du N. 0., de l'O. et du S. 0. en élèvent le niveau ; les vents opposés l'abaissent. Sur la côte, on remarque une tendance permanente dos eaux à couler du S. au N.; mais cette tendance est souvent neutralisée par l'effet des vents. Les coups de vents viennent du S. 0. et du N. 0. Les vents régnants sont ceux de la partie 0. de l'horizon, et notamment ceux du S. 0.

A 400 sagènes du rivage,* le fond se relève graduellement vers la côte; à 2 verstes, les bâtiments trouvent un bon mouillage qu'on ne peut guère appeler une rade, puisqu'il n'est pas abrité par la côte, mais qui n'en est pas moins sûr, parce que l'ancrage y est excellent, et que même par les gros temps, la mer n'y acquiert pas un volume trop considérable. On indique pourtant à 14 verstes dans le -n. E. du port de Libau, et à 6 verstes de distance droite de la côte, un banc dangereux, où la profondeur n'est que de 15 pieds.

Le port actuel n'est pas autre chose que le chenal, qui a 800 sagènes de longueur, et dont la direction se brise au milieu de son étendue; ce chenal est précédé de deux jetées, dirigées vers l'O. 34" N, et présentant en plan des inflexions dans tous les sens. La largeur du port est de 50 sagènes dans le coude que subit sa direction ; elle atteint l'axe du chenal ; près des bords, elle est considérablement réduite. Par le chenal passent quelquefois des courants de o*" de vitesse par seconde, dus à la différence de niveau du lac avec la mer ; il sert aussi de passage aux débâcles du lac.

Les quais sont construits en bois sur fondation de pierres avec des parements d'une inchnaison variable. Le couronnement est établi à 0**8-,70 au-dessus du zéro de l'échelle ou du niveau ordinaire de l'eau. Le pont qui traverse le chenal est formé de 7 travées, offrant une ouverture totale de 45 sagènes ; la travée centrale a 5 sagènes d'ouverture, et est formée d'un tablier mobile pour le passage des bateaux.

Les jetées sont formées par des coffrages en charpente échoués sur le fond de la mer et remplis d'enroche- * ments. Elles ont une longueur de 200 sagènes. La largeur libre entre les jetées varie de 20 à 33 sagènes. La jetée S. dépasse la jetée N. de 8 sagènes ; la première a provoqué des atterrissements plus volumineux (jue la seconde ; et la côte au S. des jetées s'avance de 60 sagènes plus loin qu'au N. Outre ces mouvements lents de la pbge, il y a aussi à considérer les mouvements brusques qui résultent des tempêtes. On a eu des exemples de ces effets par le coup de vent des 10/22 et H/23 septembre 1857.

Les jetées actuelles sont fort dégradées ; la charpente des coffres est pourrie ; les ferrures en sont toutes disloquées ; les enrochements ont été roulés en talus plus doux par les coups de mer ; le halage est impossible par les gros temps, la mer passant par-dessus l'ouvrage. En un mot, c'est une véritable ruine.

Tout le fond de la mer dans les environs de Libau a des profondeurs variables d'un point à l'autre, et pour le même point d'un moment à l'autre. Au mois d'août 1857, il y avait 15 pieds d'eau au bout des jetées, et à cet endroit s'ouvrait une passe dirigée vers l'O. N. 0. Après le coup de vent des 10 et 11 septembre, il n'y avait plus que 8 à 9 pieds de profondeur, et la passe s'était déplacée en plein 0.

La régime de la côte résulte en définitive de causes très-compliquées et fort variables, que l'on peut réduire

à trois principles : le courant littoral, le courant du chenal et les tempêtes. Les remous produits par la rencontre des courants produisent des dépdts qui comblent les parties les plus profondes. De ces trois causes, Tune , le courant du chenal, est favorable à Tentretien du port ; les deux autres lui sont contraires.

Les avantages du port de Liban résultent de la situation de ce port ; la température y est plus douce que partout ailleurs sur la cote de Russie, et parce que la latitude est plus basse que dans les autres ports, et parce que les vents du S. 0., qui sont les vents dominants, tenif»èrent encore le climat. Les glaces du N. de la Baltique passent devant Liban sans s*y accumuler. Enfin, le défaut de rade n'est pas d'une grande conséquence, puisijuc, la mer n'ayant pas de marées, le port est à toute heure accessible.

Mais ces avantages sont en partie détruits par les défauts du port actuel, le mauvais état des Jetées, la faible profondeur d'eau que l'on trouve à leur extrémité, et les variations de l'espace libre qu'elles renferment, variations qui occasionnent de véritables dangers.

Le port a SOOsagènes de lorf|, 20 à 50 sagèncs de large, 1 4 à 15 pieds de profondeur au milieu ; il serait facile de poiter la profondeur à 17 ou 18 pieds en construisant des quais ; 176 bateaux peuvent tenir amarrés dans le port, en double rangée, près des rives.

Aujourd'hui, il n'y a pas de quais, et le port n'est éclairé par aucun phare.

Le lac de Libau a jusqu'ici conservé le port i^r les chasses naturelles qu'il produit; de plus, il préserve le port des atterrissemeuts provenant des sables charriés par les rivières qui s'y jettent ; il le préserve également des débâcles de ces rivières ; enfin il garanlit l'avenir du port, pourvu que l'on développe l'efficacité de cette action.

En résumé, l'établissement maritime de Libau présente actuellement :

(( Une rade foraine, sans aucun abri, mais d'un accès facile et d'un bon ancrage ;

« Une passe, bien située sous le vent de la rade, et dans laquelle les bâtiments peuvent bien arriver par tous les vents qui soulèvent une grosse mer sur la côte, mais avec des fonds instables et des profondeurs insuffisantes ;

« Des jetées en ruine, bordant un chenal d'une orientation convenable, mais d'une ouverture trop étroite en rade, et étranglée à son origine ;

(L Un port long, mais trop peu large, à peu près complètement dépourvu de quais accostables et d'installations pour faciliter les mouveiiîents de matières, avec des profondeurs auxquelles il y aurait peu à ajouter pour l'amener à lui état satisfaisant ;

« Une absence complète de l'éclairage de la côte et du port ;

« Enfm, par l'étendue des terrains et du lac (jui se trouvent à proximité Ju port, une disposition favorable aux améliorations et aux développements que l'on voudrait y apporter. »

Deux combinaisons peuvent être étudiées pour améliorer cette situation ; la première consiste à rebâtir les jetées et à approfondir le chenal ; la seconde, à créer un avant-port, comme on le fait sur beaucoup de ports de la Méditerranée. La profondeur à maintenir en tout point doit être d'au moins 18 pieds, les bâtiments â voile de 600 tonneaux tirant jusqu'à 17.

11 serait impossible de rebâtir les nouvelles jetées de la première combinaison sur l'emplacement des anciennes ; ce serait rétrécir le chenal qui est déjà trop étroit, et ne rien faire pour corriger les inconvénients de la variation de largeur du chenal entre les jetées actuelles. La première combinaison consisterait à prolonger les jetées suivant un nouveau tracé jusqu'aux profondeurs de 18 ou 20 pieds, points où le fond a plus de stabilité et résiste mieux à l'agitation de la mer ; elles auraient une longueur moyenne de 380 sagènes, borderaient un chenal d'une largeur uiiifornie de 50 sagènes. Cette largeur est nécessaire pour la sécurité des manœuvres ; mais, plus grande, elle enlèverait aux chasses naturelles du port leur efficacité. La jetée du sud avancerait de 25 sagènes au delà de la jetée du nord, ce qui, joint à une petite déviation du musoir, faciliterait l'appareillage des navires sortant.

Le système proposé pour la constiiiclion de ces jetées est un système mixte où l'on emploierait tous les procédés spéciaux de construction à la mer : pilotis et palplanches, fascines et blocs, massifs de béton, etc.

La dépense de l'établissement de ce chenal se calcule comme il suit :

Jetée sud 377 sagènes à 1,700 roubles. 640,900 roubles.

Jetée nord 552 — — 5y8,400 —

Musoir sud ... . 15 — — 62,000 —

Musoir nord. ... 15 — — 62,000 —

Draguage du chenal 11 ,900 sagènes cubei à 5 roubles. 59,500 —

Total. . • 1,422,800 roubles.

iNOTE XL

La seconde combinaison consiste à infléchir les jetées droites de la première à partir de leur musoir, de manière à former un bassin de 500 sagènesde large sur la côte, et d'une surface de 116,500 sagènes carrées, ou 48 déciatines, qiie Ton draguerait à la profondeur de 18 pieds partout. L'estimation de cet avant-port monte à 2,298,900 roubles; la première combinaison exige un bassin que Ton peut estimer 265,070 roubles; de sorte que celle-ci, qui permet la suppression du bassin, ne dépasse pas de 600,000 roubles l'estimation de la première. M. Bresson considère ce projet comme la solution la plus complète de la question d'amélioration du port de Liban.

Le projet de l'élargissement du port a été dressé en supposant que nulle part la largeur ne devait descendre au-dessous de 45 sagènes, largeur actuelle du port près du pont qui le traverse. Les quais seraient reconstruits en charpente d'abord, puis en maçonnerie ; le système admis dans le projet rendrait facile cette transformation. L'établissement du quai du nord monterait à 502,000 roubles, et celle du quai du sud à 452,000. *

La gare du chemin de fer pour les vopgeurs serait éUiblie sur h rive droite du port, à 80 sagènes de la route de Mitau, et parallèlement à cette roule.

La gare des marchandises serait placée, dans la première combinaison, sur le bord du bassin joignant le chenal ; dans la seconde, dans l'angle du chenal et du quai de l'avant-port.

Ces dispositions suivraient pour faire de Libuu un port important ; mais on peut les développer à l'est, en profitant de l'existence du lac, le long du |uel on pourrait créer une seconde gare de marchandises ; en face, on établirait une forme de radoub et de visite pour les navires à réparer , puis des cales de construction de navires neufs. En se bornant à une seule forme de radoub, on porte l'estimation à 1 ,401,750 roubles.

On peut faire observer en faveur du projet d'avant-port, que cette région ne gèle que par les froids de 20*, tandis que le chenal actuel gèle par des froids de 10" au-dessus du pont, et de 15<* au-dessous. Ceci montre aussi qu'il est essentiel de placer la gare des marchandises à l'ouest, pour qu'elle soit utile le plus longtemps possible aux relations avec le port. La gare de Test ne servirait que lorsque les relations deviendraient très-actives, c'està-dire pendant l'été, lorsque les glaces ne sont plus à craindre ; l'auteur du projet ne la comprend que dans les travaux sans urgence.

Pour tirer le meilleur parti du lac qui, jusqu'ici, a maintenu la profondeur dans le chenal, on pourrait construire une digue de retenue, avec barrage mobile, qui formerait une rade intérieure, permettant les développements ultérieurs du port, et qui donnerait le moyen d'emmagasiner dans le lac, comme dans un vaste bassin de retenue, un volume d'un million de sagènes cubes par pied de différence de niveau. La dépense du barrage monterait à 289,000 roubles. La rade intérieure suppléerait jusqu'à un certain point à l'absence d'une bonne rade extérieure, et économiserait la construction d'une digue en mer, qui coûterait huit millions de roubles.

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