LE RÉGIME DES FLEUVES
g 1". — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. — LA NÉYA. — LES CRUES.
l.e régime des cours crcîui osl peiil-èlre ce qu'il y a de plus caraclérislique dans la physionomie des })ays du Nord. x\u point de vue des constructions, les glaces cl les débâcles donnent à résoudre un problème complélemenl inconnu dans les climats plus tempérés.
Chaque hiver la glace formée sur les rivières devient généralement assez épaisse pour imrter les plus lourds fardeaux*. Tout mouvement apparent de liquide est alors susi)endu : les petits affluents gèlent, la pluie est remplacée par la neige, les sources diminuent de volume jusqu'il tarir. En même temps, le travail de décomi)osition qui, à des températures plus élevées, s'opère sans cesse dans la nature, est interrompu pendant plusieurs mois. Lorsque le printemps ramène un peu de soleil et de chaleur, une crise viol(»nte opère en quelques heures la transformation des cours d'eau :1a débâcle n'est que le dernier et le plus brusque des phénomènes qui accompagnent le passage de l'hiver à l'été.
L'eau, en se solidifiant j)ar suite de rabaissement thermométrique, forme d'abord
* « I^ glace doit porter sur Teau, et avoir une épaisseur de 8 centimètres |)Our Tinfanteric passant en file, de i!2 centimètres pour la cavalerie et l'aitillerie de campagne. » (Aide-Mémoire des officiers d* artillerie, 1856 , p. 712.)