LA NEVA
Le cours de la Neva, de Schliisselboiirg à Pétersbourg, a en plan la forme d'un arc dont la convexité est dirigée \ers le sud. A Pélei^liourg, la Neva atteint la largeur de 500 sagènes environ, et se partage en deux grands bras, qui se subdivisent chacun. On distingue parmi les bras principaux la grande Neva, la petite Xéva, la petite Nefka et la grande Nefka. A part quelques îles qui font partie de la ville, les îles de la Neva sont couvertes d'une magnifique végétation, et forment le séjour d'été d'une grande partie de la population de Pétersbourg ».
A 27 kilomètres en avant de Pélersbourg, du côté de la mer, se trouve Kronstadt, le port militaire fondé en 1710 pour la protection de la nouvelle capitale. Kronstadt est construit sur un îlot qui se rattache par une série de bas-fonds à la côte sud du golfe de Finlande. La mer a trop peu de profondeur entre Kronstadt et Pétersbourg, l>our que les bateaux d'un tonnage au-dessus de la moyenne puissent remonter jusqu'à la Neva.
Pendant l'hiver, tout cet intervalle est envahi parla glace, qui s'étend encore à 50 kilomètres plus loin. On peut aloi-s circuler en traîneau entre les deux villes.
Voici, sur les époques de la prise et de la débâcle de la Neva, les résultats des observations :
Sur une série de 145 observations, faites de 1706 à 1858, la Neva a été gelée, au plus tôt, le 16 novembre (ancien style), en 1805; ce qui correspond au 24 ou au 25 novembre (style nouveau) ;
Au plus tard le 18 décembre (ancien style), en 1846;
Va le jour moyen de la prise ressort au 15 novembre (ancien style).
On signale, en 1750, une première prise le 51 octobre, suivie presque immédiatement d'une débâcle, et une seconde prise, celle-ci pour tout l'hiver, le 9 novembre. Ces débâcles d'automne, extrêmement rares sur la Neva, sont, au contraire, assez fréquentes sur les fleuves moins septentrionaux, la Dvinj ou le Niémen.
LY*poque de la débâcle de la Neva est variable comme celle de la prise. 11 résulte d'une série de 147 obsenations que la débâcle la plus précoce a eu lieu le 6 mars, en 1822, et la plus tardive le 50 avril, en 1810; et que le jour moyen de la débâcle est le 9 avril (ancien style), le 20 ou 21 avril (style nouveau).
La température de l'air ne commence à s'élever notablement qu'après la débâcle, et quand les glaces du lac Ladoga sont passées. Il arrive quelquefois que les glaçons charriés par la rivière font prise de nouveau quelques jours après la débâcle. Jamais cet hiver supplémentaire n'est de longue durée, et dès que les glaces du Ladoga ont
' V. le plan de Saint-Pétersbourg, planche XXXYII.