LA NEIGE
chasse-neige, des quantilés énormes peuvent être amenées en un même |)OÎnl d'une voie, el la circulation des li-ains s'y trouve forcément interrompue. Les petites tranchées que rencontre la neige en mouvement sont immédiatement comblées. La topographie du pays exerce d'ailleurs sur les chasse-neige une grande influence : en certains j)oinls privilégiés, le chasse-neige ne se produit jamais, quelque vent qu'il souffle.
On ne connaît encore qu'un moyen eflicace de combattre l'elTet des chasse-neige : c'est de protéger la voie, du coté des vents régnants, par des plantations suffisamment serrées.
L'invasion des sables non fixés présente de l'analogie avec les chasse-neige. Ici l'emploi des végétaux est encore le seul moyen de donner de la fixité au sol mobile. Près doDunabourg, le chemin de fer coupe des dunes de sable qui menacent de tout envahir. On les fixe en y semîml une herbe, la spavgoide des chamj)S (spergula arvefisis), qui, sous la protection de quelques branches d'arbre, croît en une dizaine de jours.
Les plantations d'arbres et de haies vives au bord des chemins de fer opposeront auj chasse-neige un écran d'une efficacité certaine. C'est malheureusement un remède lent contre un mal qui exerce ses ravages chaque liiver, et qui ne cessera, jusqu'à l'entière croissance de ces massifs protecteurs, de troubler la régularité des trains. Cependant on aurait tort de croire que la neige exerce sur l'exploitation des chemins de fer russes uno perturbation proportionnée à l'abondance avec laquelle elle tombe. L'expérience de plusieurs années montre que ses inconvénients sont renfermés dans une limite très-reslreinle. On pensait primitivement qu'elle empêcherait la circulation des lignes pendant des mois entiers; à peine l'a-l-elle arrêtée un ou deux jours par an, ce qui arrive aussi de loin en loin dans les contrées même méridionales *.
L'expérience des chemins de fer ne modifiera donc pas l'impression générale produite par la neige sur les habitants des pays du Nord, impression bien différente de celle que nous éprouvons lorsqu'elle envahit pour quelques jours nos contrées plus tempérées. Elle est pour nous un obstacle de plus à surmonter ; le Russe voit au contraire en elle un auxiliaire qui vient lui faciliter la vie et contribuer à ses plaisirs. Chez nous la neige n'est jamais qu'un étranger; pour le Russe, elle est un hôte qui sans doute a ses exigences et ses caprices, mais dont le retour annuel est désiré avec ardeur et salué par de joyeuses fêtes.
* Les dépenses extraordinaires pour renlèvement des neiges montaient en 1860 à 7 ou 8 pour 100 dans les dépenses totales de r exploitation, qui n'était alors établie qu'entre Pétersbourg et Dunabourg, région exposée plus que toute autre aux chasse-neige. L'extension du réseau et les plantations latérales ont dû vraisemblablement réduire cette proportion. — Sur les moyens de prévenir les amoncellements de neige, V. Annales des \)onl% et chaussées, 1865, 2« semestre, u<» 105, note de M. NordUng.