LA NEIGE
une série de petites poutres métalliques à treillis qui soutiennenl les milieux des arbalétriers intermédiaires. L'espace à couvrir était situé au fond de la gare proprement dite, qui a une largeur de 10 sagùnes, comprenant deux trottoirs el trois voies. Les colonnes ajoutées se trouvent donc dans le prolongement des deux façades intérieures qui dans la gare regardent les voies, el cette addition, qui i^éduit à peu près au quart les efforts subis j)ar la charpente, a pu s'opérer sans nuire ni au bon effet de la construction ni à la commodité du senice.
i? i. — LA NEIGE.
La neige est d'une immense ressource \)o\xv les pays du Nord. Elle facilite les trans|K)rts, loin de les arrêter; elle donne naissance à un mode de locomotion, le traînage, plus doux que ceux dont on peut se servir en été. Le traîneau est un moyen de transport à la fois rapide et économique, dont on se sert universellement dans les villes et dans les campagnes. C'est le véhicule préféré des Russes.
La neige donne pendant l'hiver aux rues des villes une viabilité que leur état d'entretien ne leur assure à aucune autre époque. Le grand dégel du printemps, au contraire, rend un peu plus tard la circulation extrêmement pénible. A Pétersbourg, les rues principales ont un pavé de bois formé de prismes hexagonaux posés debout sur un plancher en madriers jointifs. Quand ce i>avé est neuf, il offre aux voilures une surface très-roulante, mais il se mâche vite sous les pieds des chevaux, surtout pendant les temps humides ; il est entièrement ruiné par l'hivei", et il faut le renouveler chaque année. Les pavés de bois et les caniveaux garnis de cailloux qui complètent la largeur de la rue sont d'ailleurs recouverts au printemps d'une couche épaisse de glace que l'hiver y a formée, et qui doit èlre piochce comme un champ en friche pour que la surface de la chaussée soit mise à nu. Qu'on juge des épreuves subies par les voitures pendant la saison où s'opèrent ces changements d'état.
I^ fin de riiivcr amène de même de uraves difiicultés sur les routes el les chemins dans la campagne. En cette saison les voyages ont parfois une longueur désespérante ; le mode de transport à adopter, traîneau ou voiture sur roues, varie d'un point à l'autre de la route ; il en faut changer à tous moments, el on change souvent mal à propos. Les chemins de fer du moins n'exposent pas à ce genre d'in-
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décision, cl sonl encore rinsliument qui convient le mieux aux nécessilés diverses des saisons dans tous les climals.
Sur les cliaussées de nos pays, nous ne connaissons guère que les ornières longitudinales, creusées par les roues dans l'épaisseur de rempierrement. La circulation des Iraîneaux sur les chaussées empierrées de la Russie, y forme des ornières transversales, appelées oukhaby beaucoup plus étendues que nos ornières longitudinales: ce sont comme des vagues égales et également espacées, qui se succèdent quelquefois sur une très-grande longueur de roule. Chaque Irahieau, descendant dans le creux <le la vague, en racle le fond, et en apporte les matériaux sur le sommet suivant ; la dét^ession se creuse ainsi de plus en plus, tandis que les sommets sont surhaussés à chaque passnge de traîneau. La dénivellation augmente de plus en plus à mesure <|ue l'hiver s'avance, et linit par transformer la route en une surface ondulée, trèsfatigante pour les voyageurs.
11 tombe à Saint-Pétersbourg de telles masses de neige chaque hiver, qu'on est obligé de l'enlever des rues, où on la retrousse chaque jour en tas qui atteignent bientôt une hauteur de 1 sagène. On la jïorte sur la j\éva et en divers autres lieux de dépôts. Sur certains points, sur les ponts, par exenqile, on doit quelquefois répandre de la iieige et compléter la couche qui y est naturellement tombée, pour faciliter le traînage.
Si la neige est utile sur les roules, elle ne Test jamais sur les chemins de fer.
La voie devant être toujours maintenue libre, il faut disposer d'un personnel assez nombreux pour déblayer rapidement la neige dès qu'elle est tombée sur le sol. L'emploi du wagon chasse-neige ne réussit que pour des épaisseurs de 0™,80 au plus . pour les épaisseurs plus grandes, il y a un véritable déblai à effectuer.
L'abondance des neiges a conduit à adopter en Russie cerlaiives règles |X)ur le tracé et la construction des lignes. On doit éviter les passages du remblai au déblai, parce que c'est en ces points que les neiges tendent le plus à s'accumuler. On supprime les banquettes, qu'il est d'usage de laisser ailleurs dans les talus des tranchées, et qui fixent des quantités de neige nuisibles à l'équilibre des talus. On estime que les remblais sont moins exposés aux encombrements que les tranchées, bien que l'observation démente quelquefois ce principe. Une précaution utile consiste à j)roscrire dans les ouvrages d'art toute saillie de médiocre hauteur sur le plan de la voie.
Ce n'est i^s lorsqu'elle tombe à la façon de la pluie que la neige occasionne les plus gi^ands accidents. Lorsque le vent la chasse horizontalement et la soulève dans les plaines oii elle s'était d'abord déposée, phénomène connu sous le nom de