MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION
des quais et des grandes dalles des Irolloirs, on remarque |)armi ces beaux blocs de pierre, le rocher de 680 tonnes, sur lequel la slalue de Pierre le Grand, par Falconnet, a été posée sous le règne de rimpéralrice Catherine II; la colonne de 25",60 de hauteur, élevée par Alexandre P', en mémoire du rétablissement de la paix en 1815, enfin les colonnes, toutes monolithes, qui soutiennent les quatre frontons et qui entourent extérieurement la base du dôme de Saint-Isaac.
Ces morceaux de choix reviennent à des prix inconnus, nécessairement fort élevés; en général, l'emploi du granit dans les constructions courantes est trop dispendieux pour que la proximité des carrières de Finlande offre des ressources réelles aux habitants de Pétersbourg. Les maisons particulières et les établissements de la couronne sont donc construits en briques, et la surface en est recouverte d'un stuc qui reçoit toutes les moulures que l'architecte veut lui donner, et qui les perd tout aussitôt, sous l'action des intempéries.
Les blocs erratiques du diluvium Scandinave sont utilisés pour divers usages. Le granit que Ton trouve dans ces blocs est difficile à tailler, mais il est de belle qualité, et ne subit pas d'altération à l'air. On l'emploie surtout pour les parements exposés aux eaux. Rompu en morceaux de 5 à 6 centimètres, il sert à l'empierrement des chaussées, auxquelles il donne sa couleur sombre ; il sert aussi à la fabrication du béton. Le moellon obtenu en coui)ant les j)locs est revenu, sur la ligne de Varsovie, il un prix variable suivant les localités, de 6 fr. 68 à 14 fr. 84 le mètre cube ; le prix s'accroît à mesure qu'on s'éloigne de Pétersbourg ; sur la ligne de Nijni-Novgorod, il a atteint 16 fr. 70. Le prix du mètre cube de granit cassé |)our béton ou pour empierl'ement a été de 10 francs environ à Dunabourg, et de 15 francs environ à la frontière de Prusse.
Pour les maçonneries de grand appareil, le granit a atteint des prix très-élevés, sur la ligne de Varsovie : 92 francs, 111 francs, et jusqu'à 241 francs le mètre cube. Ce dernier prix se rapporte à Varsovie. ^
On trouve aux environs de Varsovie une pierre siliceuse, le grès vachok, qui a sem |)our les maçonneries de grand appareil, et qui est revenu à 127 fr. 25 le mètre cube. Près de Moscou, on a aussi trouvé des pierres siliceuses, qui, employées en plaques de faible épaisseur, reviennent à 8 fr. 90.
Il serait impossible d'énumérer toutes les carrières qui ont été exploitées pour la construction des ouvrages des lignes, et dont un grand nombre ont été découvertes parles recherches spéciales des agents de la Grande Société. Quelques-unes seulement méritent d'être signalées. La carrière de Pouliloff fournit à Pétersbourg les pierres employées pour construire les socles sur lesquels s'élèvent les murs en briques des
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maisons; la pierre esl susceptible de recevoir une jolie laille. Elle se présente dans la carrière sous forme de veines d'une faible épaisseur. Les veines rouges et jaunes ont O^jlSS de hauteur; la veine grise n'a que 0™,i45. Le prix du mèlre cube est revenu, à Pétersbourg, à 122 francs. A Oslroff et sur les bords de la Vélikaïa, on Irouve un moellon très-résistant, qui s'emploie souvent pour remplir un parement dans un encadrement granitique. 11 a été affecté à cet usage dans les culées du pont sur la Dvina, à Dunabourg. Nous pouvons enfin noter les carrières de Kovroff, sur la ligne de Moscou à Nijni-Novgorod, ouvertes par le chemin de fer dans le massif où il s'engage à la sortie du pont de la Kliazma.
Les calcaires produisant la chaux hydraulique font complètement défaut de Moscou à Nijni-Novgorod. On en trouve à Varsovie, mais à un prix très-élevé. La chaux grasse de Pskoff, a été distribuée au nord et au sud, le long de la ligne de Pétersbourg à Dunabourg. Cuite en pierre, elle revient à 57 fr. 10 le mètre cube ; éteinte en pâte, à 24 fr. 49 ; éteinte en poudre, à 30 fr. 40. La chaux hydraulique de Brody a coûté, à Varsovie, 64 fr. 90 à l'état de chaux vive, et 55 fr. 65 à l'état de chaux éteinte en poudre. A la frontière de Prusse, la chaux grasse, prise à l'état de chaux vive, est revenue à 48 francs le mètre cube ; sur la ligne de Moscou, à Nijni, le prix a varié de 26 francs à 33 fr. 40.
Les briques que l'on trouve en Russie ne sont pas d'une qualité bien remarquable.
Le grand obstacle à la fabrication des briques est dans la proportion du calcaire con-
tenu dans les argiles; la fabrication n'en est d'ailleurs pas aussi soignée en Russie que dans le nord de l'Allemagne, où l'on trouve de superbes maçonneries de briques
qui conservent des arêtes vives comme la pierre de taille, sans exiger aucun enduit
extérieur. Les briques russes sont plus volumineuses que les briques prussiennes ; elles ont pour dimensions minimum 6 verchoks de long, 3 de large et 1 Vs d'épaisseur, ou 0'",267, 0'",133 et 0"',067. Le prix de briques s'est considérablement élevé depuis que les travaux publics se sont développés dans l'empire russe. Les briques de première qualité, de 3,450 à la sagène cubique, ou de 355 au mètre cube, ce qui doinie à la brique un volume à peu près double de celui des briques françaises, sont revenues en moyenne à 65 francs le mille (38 fr. 46 le mille de briques de 600 au mètre cube) ; à la frontière de Prusse, le prix s'est élevé à 93 fr. 60 le mille (55 fr. 36). Les briques de seconde qualité employées pour les remplissages sont revenues dans les mêmes circonsUmces à 57 et 86 francs par mille.
Nous uè pouvons mieux compléter ces indications sommaires, qu'en citant quelques prix de maçonnerie :