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___pas réussi, en effet, à extraire le liquide venimeux ;, de plus
les poils ne perdent pas leur propriété irritante après trai-
tement par le chauffage, les acides ou les alcalins; ce pouvoir
cesse seulement d'exister pendant que la chitine Vos l'étui
pileux est ramollie par ‘les liquides.
La longue conservation de la faculté urticante est aussi invoquée à l'appui de la théorie mécanique.
b) Théorie de Goossens. — Goossens (1881) estime que les désordres graves causés par certaines chenilles ne peuvent s'expliquer par l’action mécanique des poils ; il suppose avec Gérard que les processionnaires sécrétent un venin à base
de cantharidine et il cherche à isoler cette substance ; pour
cela, il met un nid de processionnaires du chêne rempli de ses chenilles, dans un bocal, puis il verse de l'alcool à 90° pour couvrir le tout : il laisse macérer pendant plusieurs jours, il filtre et laisse évaporer; il obtient une substance grasse colorée en vert foncé. Après avoir utilisé une partie de cette matière pour préparer un vésicatoire (Voir 4° par: tie), Goossens essaye d’isoler dans le surplus le principe actif d’après la méthode usitée pour la préparation de la cantharidine, mais il obtient des gouttelettes graisseuses et non des cristaux.
Cette théorie paraît surtout inspirée par la littérature ancienne; les médecins de l’Antiquité, comme nous le dirons en exposant le rôle des chenilles dans la matière médicale, réunissaient toujours les Pityocampæ aux cantharides et aux buprestes.
c) Théorie de Will- (1849) et Gorup (1880). — Ces auteurs estiment que le venin des chenilles est uniquement constitué,
comme celui des fourmis et ‘de divers autres arthropodes,
par de l'acide formique.
Wurtz (1870), Berthelot et Jungfleich (1881), Schmidt
(1882), de Lanessan (1885), Laudon (1891), Parazols-Danoy (1895), Lalesque et Mader (1909) et beaucoup cnrs Lo mistes et naturalistes l’admettent également.
Will ayant constaté que le papier Lakmus au tournesol, .
suspendu dans un récipient contenant des processionnaires, rougissait, avait admis que lé contact des poils n'était pas nécessaire et que l’évaporation de l'acide suffisait à causer l'irritation à distance; mais la plupart des entomologistes estiment que le poil augmente, par son action mécanique, l'effet du venin.
Le même auteur aurait réussi à faire passer le venin de la glande dans le’ poil et inversement, mais il s’agit des poils des bourrelets et non des spinules.
Gorup-Besanez a démontré que l'acide formique existait non seulement dans les glandes venimeuses, mais dans tout l'organisme de la larve; il a distillé des chenilles et obtenu cet acide.
De nombreux naturalistes et médecins ont constaté que le liquide où l’on conserve les chenilles acquiert des propriétés irritantes; Parazols a établi la présence de l'acide formique dans l’éther de conservation à l’aide du nitrate d’argent; mais les matières organiques ont pu jouer un rôle dans la réduction constatée.
Lalesque et Mader ont pris des solutions de nitrate d’ar-
gent dans l’eau distillée à 6 et 10 % et les ont fait réagir sur.
les lames et dans des tubes à essais avec les poils urticants broyés. La réduction s’est produite, dans l'obscurité, après un temps variant entre un quart d'heure et plusieurs heures.
La réduction des sels d'argent sur la porte-objet du microscope est moins démonstrative, l’action solaire pouvant intervenir.
D = Mader (in Lalesque: Arcachon, 1919) a obtenu un préci- 3 ” pité blanc. de chlorure mercureux en mettant quelques D gouttes de bichlorure de mercure au contact avec de l'alcool
à -où avaient séjourné des chenilles.
Il faut donc admettre que le venin des processionnaires EE renferme de l'acide formique. Il convient de remarquer que
cet acide existe dans les feuilles de pin; il est surtout abon- L dant dans les aiguilles mortes, entassées et pourries, d’où 4 | les fourmis rouges tireraient leur venin, d’après Redten- | bacher (in Würtz), mais il existe aussi dans les feuilles vertes ; or sur trois espèces de processionnaires, deux vivent sur les pins et se nourrissent de leurs aiguilles.
L’acide formique des pins provient de l'oxydation lente de la thérébenthine qu’ils renferment. Wiggers et Weppen ont montré que l'acidité de l’essence de thérébenthine du commerce était due à une certaine quantité d'acide formique produite par ce processus d’oxydation.
Les chenilles du Cn. Pityocampa et du Cn. Pimvora trouvent donc dans leur nourriture une certaine quantité d'acide formique ; il n’est pas impossible qu’elles en fabriquent également par oxydation de la thérébentine qu’elles absorbent,
: . mais cette hypothèse séduisante par sa simplicité se heurte | à une objection: les larves de Cn. Processionea, au moins À | aussi urticantes que les précédentes, se nourrissent de feuilles 1 de chêne, où il n'existe pas de résine.
s d) Théorie de Keller. — En observant les poils protecteurs de la processionnaire du chêne, Keller avait constaté que le à
liquide qui occupe leur base se concrète plus haut en une matière ‘solide; il en conclut que le venin des glandes se dessèche dans la cavité du poil mais que le contact de Ila peau ‘humide peut le dissoudre ét le reñdre actif. Cetté théorie a l'avantage d'expliquer comment la dépouille des cheñilles peut dereurer urticante Jorsqu’ elle est depuis longtemps desséchée. Mais nous savons aujourd’hui que les poils urticants sont les spinules du miroir et non les poils des bourrelets. La théorie de Keller tendrait à faire admettre
que le principe irritant n’est pas de l'acide formique, car
cet acide est un liquide volatil ne se solidifiant que vers 7° ou 8°. L'hypothèse d’un venin capable de se solidifier amè- -neraït à se demänder s’il n'existe pas une substance venimeuse colloïdale, c’est-à-dire une véritable toxine; Seitz suppose au’il y a de l'acide formique et des férments, ce qui permet de répondre aux partisans de là théorie mécanique, qui se tondent en partie sur la longue persistance du pouvoir urticant des mues des chenilles existant dans les vieux nids: toutefois une substance albuminoïde ne résisterait pas à l'action d’une température élevée.
L'existence d’un venin complexe, analogue à ceux élaborés par les vertébrés venimeux, n’est pas à rejeter a priori car il existe des secrétions de ce genre chez certains invértébrés: Richet et Portier ont étudié les propriétés d’une toxine existant chez les Actinies : l’échidnase ; et Bruck (1911) a isolé du corps des moustiques une toxine hémolytique et urticante qu’il a nommé la « culicine’ ».
e) Théorie de J. H. Fabre. — Fabre pose en principe que la processionnaire du’pin n’a pas d’ appareil glanduiaire spécial élaborant du virus; Sa théorie se résume ainsi:
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‘Le principe: urticant des poils ne prend pas naissance « dans la toison de la bête ». Seules sont. venimeuses en ‘apparence les chenilles: qui se réunissent en. société : dans des bourses de soie encombrées d'excréments. Vivant au milieu de cette -ordure, frôlant sans cesse le crottin, la chenille enduit ainsi ses poils de virus.
. Cette hypothèse est à rapprocher de celle de divers auteurs (Laboulbène) qui, tout en admettant une sécrétion venimeuse, croyaient que celle-ci recouvrait extérieurement le poil.
Fabre ajoute que le poison est dans le sang, à la manière de l’urée chez les animaux supérieurs; le sang des processionnaires provoque en effet, par son contact, le prurit, le
gonflement, la sensation de brälure et le suintement de séro-
sité. L'auteur pense que ce virus n’a aucun rôle utile: dans le fonctionnement de l'organisme; c’est, dit-il, un déchet. qui , » Ÿ ?
s’expulse et il recherche le venin dans les résidus urinaires,
c'est-à-dire dans les crottins des chenilles; pour cela il prélève des exeréments dans un vieux nid de processionnaires et les met dans l’éther sulfurique. Un papier buvard imbibé du filtrat et appliqué sur le bras provoque une tuméfaction des tissus. Les excréments du ver à soie, les déjections rouges des papillons frais éclos, les résidus urinaires des coléoptères, des hyménoptères donnent les mêmes effets et l’auteur conclut que les déjections des insectes, surtout à la fin de la métamorphose, contiennent un produit urticant.
En un mot, les poils des chenilles urticantes sont venimeux par les souillures dont ils se couvrent au contact de leurs excréments; le poison est à l'extérieur des spinules. Cette théorie mérite d’être discutée. …