CHAPITRE III
Traitement
Accidents cutanés. — Réaumur (Obs. I) après avoir vainement essayé divers remèdes contre la dermite provoquée par le Cn. processionea, frictionna les endroits douloureux avec du persil et obtint un excellent résultat. Cinquante ans plus tard, Amoreux préconise un lavage à l’eau chaude suivi d’une application de persil, mais il ajoute qu’à défaut on peut
employer l’eau fraiche ou l’eau de goulard.
Gervais et Van Beneden admettent les bons effets du persil, mais estiment que quelques bains donnent un résultat analogue. Fabre ayant les deux mains endolories, d’avoir fouillé un nid de processionnaires du pin, frictionna l'une avec du persil et l’autre avec du pourpier, cette dernière plante se montra la plus efficace. Par la suite, ce naturaliste obtint des résultats analogues avec les feuilles de la tomate et de la laitue; tout feuillage tendre et juteux a donc une certaine efficacité. Fabre rapporte à cette occasion que, dans son village, on calme la douleur d’une piqüre d’abeille en frictionnant le point atteint avec trois sortes d’herbes, les premières venues ; il a’constaté lui-même la valeur du remède mais il admet qu’une seule plante est aussi efficace que trois. Dioscoride prescrivait déjà le rpukiov (c'est-à-dire une plante trifoliolée?) contre le venin des serpents.
Pourquier et Parazols-Danoy affirment également que le
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persil est souverain contre le prurit de la mile érucique. « Sans doute, ajoute ce dernier, ce: remède est un moyen empi-
- rique, un remède de bonne femme, maïs nous en avons constaté les bons effets sur nous-même et sur un enfant dont
nous rapportons l'observation (Obs. XVI). »
Ce même médecin rejette comme inefficaces les moyens employés contre l’urticaire en général, même l’eau froide et la glace que Dorthes recommande. Les bains, les lotions fraiches ne donneraient aucun résultat, pas plus que la mise à l'abri de l’air par un bandage ouaté. Les lotions d'eau salée, d’eau alcalinisée n’ont pas eu plus de succès.
La poudre de tale, l’huile mentholée, l’eau-de-vie camphrée et même les compresses chloroformées, n’ont donné que des soulagements fugitifs, toutefois Parazols-Danoy a obtenu une courte amélioration avec une poudre du professeur Moussous :
Fécule de pomme de terre....., NIOuS Te FSalicylate de bisruth...%, 44 5 gr.
Acide salycilique
Re ns Camphre pulvérisé 81. 5
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Kuchenmeister et Zürn recommandent les Corps gras et l’'ammoniaque dilué.
Ratzeburg est partisan des frictions d'huile ou de crème, des lotions et fomentations de lait tiède.
Rohr fait un lavage au crésyl et met ensuite de la poudre de talc mélangée de salicylate de bismuth.
Kaposi a préconisé contre le prurit ortié l'application de compresses imbibées d’une solution de sulfate d’atropine à 1 %, mais il faut employer ce remède avec prudence. Lalesque indique les lotions avec une solution concentrée de cocaïne.
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| ; — 127 — ; Ke | Clifford recommande la teinture d’arnica contre les effets urticants du Porthæsia chrysorrhæea. | | Calas, atteint d’une éruption causée par le Cn. pityocampa,
s'est soigné en humectant à différentes reprises les régions
prurigineuses avec de l’'ammoniaque officinal non dilué.
À priori, cette méthode apparaît logique; l’acide formique devant se combiner à cette base pour donner du formiate d'ammoniaque:; mais est-il possible de neutraliser avec un liquide volatil les minimes quantités d'acide qui sont mises
en liberté progressivement à la surface et surtout dans l'épais-
seur des tissus. On peut en douter; les préparations alcalines n’ont donné à Parazols-Danoy aucun résultat appré- ciable. | \ j = Duponchel et Guénée recommandent les lavages à l’eau vinaigrée contre les piqûres du Bombyx Rubi et du B. Quercus. Bois-Duval, W. Dubreuilh et Ch. du Bois sont d'accord pour traiter la dermite érucique par les lotions vinaigrées et nous sommes d'avis qu'il faut s'en rapporter à leur expérience . Nous préconisons donc ce remède préparé en ajoutant à de l’eau ordinaire 10 à 30 % de vinaigre, qu'il s'agisse de prurigo seulement ou de prurigo compliqué d’urticaire. La formule suivante, recommandée par le professeur Gougerot contre les dermatoses prurigineuses, parait également utile à prescrire:
ACTE DHÉIAURS AUT SMS. RASE Flydrate de Chloral.. 7... he ci A ARE en 2 RP M EEE 45 gr.
NANAPTÉ ATOMIATIQUEL 2 02 su eme ne 180 gr.
(Deux cuillerées à bouche dans un verre d’eau très chaude
pour lotion.)
24280 “ASE L'effet bienfaisant du vinaigre au cours des accidents éruciques nous permet de supposer que le suc des plantes agit également par son acidité.
Les bains vinaigrés sont aussi utilisés contre l'urticaire
généralisée (1 litre de vinaigre par bain).
A fections des yeux. — Morax et Terson indiquent, comme seul traitement efficace, l’ablation des poils de chenilles en s’aidant de la cocaïne et de la loupe. de
Affections du tube digestif. — Artault de Vevey traite la stomatite érucique par la teinture de myrtille, qu’il considère comme le « vrai médicament » des stomatites en général.
Au cours de l’angine légère que nous avons contractée en maniant des chenilles, nous avons essayé les gargarismes au salicylate de soude; le soulagement a été immédiat. k
Dans les cas sévères, dans l'urticaire suffoquante de la langue en particulier, on peut recommander, comme le fait
le professeur Gougerot pour cette affection, quelle que soit son
origine, de baigner la bouche avec un quart de verre d’eau
‘contenant XL gouttes de solution d’adrénaline au millième et d’avaler ensuite le liquide.
D'après Dioscoride et de nombreux auteurs anciens, on doit remédier à l’ingestion des chenilles de pins par « les mêmes remèdes dont on use contre les cantharides.. Toutefois au lieu d'huile d'olive simple et d’huile de racine de flambe (c'est-à-dire d’iris), il faudra user d'huile de pomme de coing ».
Ratzeburg recommande aussi de boire de l'huile ou du lait et de faciliter le vomissement. :
Il est possible que les corps gras apportent un soulagement, mais quelques cuillerées d’une solution au millième de chlo-
ir LE — 129 —
| + __ rydrate de cocaïne, l’eau chloroformée et le cas échéant une injection de chlorhydrate de morphine seront certainement 1 plus efficaces pour calmer la douleur.
Affections de l'appareil respiratoire. — L'œdème du larynx | pourra être traitée par des pulvérisations intralaryngées à 3 : base d’adrénaline. Une application de teinture d’iode pure, après badigeonnage à la cocaïne, peut aussi flétrir cet œdème. Les scarifications, faites sous le contrôle du laryngoscope, % pourront devenir nécessaires, à moins que l’on préfère re- 4 courir au tubage. | < Contre les affections pulmonaires d’origine érucique, Rat- zeburg prescrit dix à vingt sansgues sur la région douloureuse et recommande de faire couler le sang après leur chute au moyen de cataplasmes humides et chauds de farine de graine de lin. F
Les moyens préconisés contre l’æœdème pulmonaire, en particulier la révulsion, paraissent devoir être essayés.
Traitement général. — Il est tout indiqué, en cas d’accident grave, de soutenir le malade par les moyens ordinaires ; dans les cas bénins, les toniques légers peuvent être ordonnés. Il convient surtout de calmer l’irritabilité nerveuse, puisque la généralisation des éruptions est vraisemblablement d'origine réflexe; on prescrira donc le repos, les douches tièdes et même quelque calmant tel que la valériane, mais on évitera l'abus des antinervins et surtout l’usage interne de produits médcamenteux qui pourraient provoquer des manifestations éruptives, tels que bromures, arsenic, atropine, jusquiame ou datura. S'il existe de la fièvre, la quinine et l’antipyrine ne devront être donnés qu’à doses minimes.
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