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Antiquité. — Hippocrate recommande d'utiliser les che-
ee / nilles « quand la matrice suppure après un accouchement où un avortement ». Il faut, en pareil cas, « enfoncer dans
l'orifice utérin une sonde introductrice; puis recueillir les chenilles du tithymalle (rns rôoualos Evlhetas) lesquelles ont un aiguillon, l'exciser doucement de manière que la matière alimentaire ne s'écoule pas; les faire sécher au soleil et les broyer; de même prendre des vers de fumier, les sécher au soleil et les piler ; il y aura des chenilles deux oboles d’'Egine, de vers le double; on mêlera un peu d’anis… car cette préparation prend une mauvaise odeur. On pile bien. Quand la femme a bu, elle éprouve de la pesanteur et de l’engourdissement dans le ventre. »
Le tithymalle est une euphorbe des sables maritimes (Eu-
phorbia Paralias L.) et les naturalistes du début du x1x° siècle désignaient encore le papillon de l’euphorbe (Deilephila Euphorbiæ) sous le nom de deilephile du tithymalle. La chenille de ce lépidoptère, commune dans la région méditer-
ranéenne, porte une corne rouge à l'extrémité postérieure,
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c'est vraisemblablement cet appendice qui était considéré tort par Hippocrate comme un aiguillon.
Une telle thérapeutique ne devait pas être inoffensive, car les euphorbes sont vénéneuses ; les chèvres qui en mangent
donnent un lait toxique et le corps des chenilles, qui se nourrissent exclusivement de ces plantes, doit constituer un poison assez actif. san Fi | nur RTE.
Les deilephiles ont des poils présentant des glandes venimeuses à leur base (Holmgren), mais elles paraissent peu ‘urticantes. Dot j
Galien, après avoir traité des cantharides et des buprestes (Livre IT), ajoute: « Les chenilles qui viennent aux pins ont aussi de semblables propriétés. » Il les considère comme faisant pourrir les chairs et utilisables pour l'épilation.
Pline, après avoir traité des cantharides, continue ainsi :
Vis earum adurere corpus, crustas obducere. Eadem pityocampis in picea nascentibus, eadem bupresti, similiterque Præparantur, efficacissimæ omnes ad lepras, lichenas. Dicuntur et menses ciere et urinam; ideo Hippocrates et hydropicis dabat (1).
Dioscoride fait également mention de l'utilisation des Pityocampæ: « Les buprestes aussi, qui sont une espèce de « cantharides, et les chenilles de pins se préparent ainsi: € pour les faire mourir il les faut suspendre en un crible, « sur des cendres chaudes jusqu’à ce qu’elles soient un peu « rôties, puis on les serre pour s’en servir. Tous ces animaux « sont de qualité corrosive, ulcérative et qui provoquent
(1) Cette dernière proposition se rapporte aux cantharides, dont Hippocrate prescrit l'emploi ‘aux hydropiques (trad: Littré, t. II, D. 513). Les chenilles du pin ne sont nulle part mentionnées par cet auteur, bien qu’elles soient répandues en Grèce:
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