SCÈNE III
Quelques Voyageurs, ««mpai-»*- a * Portefaix toi port*» 4c* Imtmtl Ir ibéJtr*; pan SIR EDOUARD MORTON ■tcc DEUX MATELOTS qui pufteal m CMuila JACK
SUE PPA RD.
RIR ÉDOUARD, au* Mau loti '-»J
Il faudrait aller avec cela jusqu'à l'hôtellerie.
■ Le» MaleloU •’élolgMiL) PREMIER MATELOT, <|«i rit i«alR.
Bon ! coure après!... Quand la besogne donne, c’est toujours comme ça.
SIR ÉDOUARD
Eh bien, mon brave, cbargez-vous-en, vous!
LE MATELOT
Impossible, milord, nous ne pouvons nous éloigner du bâtiment.
SIR ÉDOUARD
Mais, alors, comment vais- je faire?
LE MATELOT
Écoutez, je vas vous chercher du monde, et, dans tous les cas, je tâcherai de revenir., Mais il faut attendre.
Attendre !
(Le Matilul «’éSpirfii*. Morion remonte ta seine comme pour chercher un cummiuiuniiairfl. Jack. v.’;u en élégant gentilhomme, s'approche dtB tugagci do air Edouard Morton el lit le nom qs’il* portent.) JACK, liant.
Sir Edouard Morton, c’est bien cela... A mon rôle.
SIR ÉDOUARD, mtacudkat»
Tous cc3 hommes sont donc retenus...
. rit te ptomine avec impatience, tandis que Jack en feit autant de •on côté.)
fin ÉDOUA11D, appelant en bommo <te peiee qni paiw an (and «Airjé de ta6»P«*
llolà, eh! l’homme!
JACK, l’appelant anari.
Par ici, eh! l’ami!
L’a O MME.
Impossible, milords, je suis retenu... j'ai d'autres malles à porter.
SIR ÉDOUARD
Comment! je ne trouverai donc personne pour se charger de ceci?
JACK, |M malle*.
personne pour porter mon bagage.
(D paie* à gauche.)
Son bagage... qu'est-ce qn’it dit donc?
(U pus* h -Irait*.)
JACK , retardant U malle, A lui-même.
Ah çà! je ne peu cependant pas...
SIR ÉDOUARD, même jeu.
Je ne puis me charger moi-même.
JACK
Après tout...
61 R ÉDOUARD
Essayons...
(IU pr*unent chacun ut cM de la malle, qu'ils toulèveal, et ce regard' ut étonnée.)
SIR ÉDOUARD
Pardon, monsieur. •
JACK
Excusez, mon gentleman...
(lli •« saluant.)
SIR ÉDOUARD
„ Pourquoi touches- vous à ceci?
JACK
Moi?... mais j'allais vous demander pourquoi vous touchez à cela.
Pourquoi je touche à...
uca,
A mon bagage, oui, monsieur.
SIR ÉDOBARD.
Votre... bagage... Vous savez lire, monsieur?
JACK
Quand c'est nécessaire, oui, moniteur.
SIR ÉDOUARD, n«*iraai l'adr** 'ai w *iw» *«r la maRt.
Voulez-vous prendre la peine de regarder ce nom?
JACK
Je n’ai pas besoin de le regarder, monsieur; je sais mon
nom.
« SIR ÉBOUARD.
Votre nom!...
Oui...
IIR ÉDOUARD.
Voulez-vous me faire la grâce de me le dire?
JACK
Sir Édouard Morton, du comté d Argyle eu Ecosse.
SIR ÉDOUARD
Comment!... vous prétendez... vous cwes dire...
J'ose dire que je suis : moi, oui, monsieur...
(U paasa à droit*.)
l'homme DE PEIHK, rtawaal.
J’ai fait ma besogne; oü faut-il porter ça, milords?
SIR ÉDOUARD, nowatoM.
Portez-lu à l’Iiôtellerie de la...
JACK
A l'hôtellerie de la Licorne.
SIR ÉDOUARD
De la Licorne!.. . vous savez...
JACK, an aillas.
Je sais chez qui je vais; oui, monsieur, dans Grosvenorstreet, n* 40.
SIR ÉDOUARD, pamat léra>U.
Un instant... ce n'est pas là que j'entends aller; conduisezmoi chez lord...
JACK
Chez lord Rowland... oui, décidément je vais chez lord Rowland.
SIR ÉDOUARD
Vous connaissez lord Rowland?
JACK
Parbleu!... (a rsomaa d* p*##.) Allons, prends et pars...
(Il paue à gauche.)
fil R ÉDOUARD.
Si tu touches à ceci, malheur à toit...
l'homme.
Ah! mes gentilshommes, tâchez de vous entendre. Et d'a* bord, à qui sont ces bagages?
SIR ÉDOUARD
A moi. •
JACK
A u loi.
Rlh F.DuVARD.
Ah! monsieur, c’en est assez...
JACK
C'en est trop, monsieur.
l'homme.
Milords, entendez-vous donc.
JACK
C'est ce que nous allons faire. Éloignez-vous, nous allons nous expliquer, monsieur et moi, et... l'un de nous deux vous rappellera tout à l'heure.
Soit... Éloignez-vous.
l'homme.
J’obéis, milords.
(Il s'éloigne. Edouard et Jack ae trouvent an présence, chacun an pied sur le» bagage*.)
sim Edouard.
Pour la dernière fois, monsieur, je vous prie de cesser cette plaisanterie, et de me dire ce que vous voulez.
JACK
Je veux ma malle et mon portemanteau.
sir Edouard.
Vous prétendez toujours que ces objets sont à vous?
JACK
Parfaitement.
SIR ÉDOUARD
Que vous vous nommez...
JACK
Sir Édouard Morton, du comté d'Argylc en Ecosse, oui, monsieur.
SIR ÉDOUARD
Vous le prouveriez?...
En présence du premier constable venu... Voilà mes papiers.
(Il montra no portefeuille dont il r«tir« d«t papier».)
SIR ÉDOUARD
Mais... mais ce portefeuille m’appartient I... mais ces papiers sont à moi 1
JACK
Vous m'amusez beaucoup, monsieur.
sir Edouard.
Je les avais encore il v a un instant... (i«bu»«di) U faut qu'un adroit fripon me les ait dérobés.
JACK
Vous m'amusez moins, monsieur.
sir Edouard.
Et ce fripon ! c'est vous. —
JACK, la mua Mtr la garde de ton épée.
Vous m'ennuyez, milord.
SIR ÉDOUARD
Je ne refusejamais de me battre, monsieur... mais j’ai l’habitude de prendre mon temps et de savoir avec qui je croise l’épée... Or, aujourd’hui, monsieur, à aucun prix, et sous aucun prétexte. Je ne répondrai à une provocation... de plus, je ne vous connais pas... ou bien je vous connais trop, peut-être.
JACK
Monsieur, nous sommes tous les deux dans la même situation... ce qui est d’ailleurs assez naturel, puisque nous sommes tous les deux sir Édouard Morton.
sir Edouard, avecootere.
Encore!
JACK
Toujours, cher monsieur... Il m’est de toute impossibilité de me luttre avant que j’aie vu sir Rowland; ce n'est pas qu’il s’agisse de mes intérêts personnels ; fi donc! ce n'est pas là ce qui enchaînerait mon bras... niais je dois recevoir de lui quarante mille livres sterling, un beau et bon million de Frauce...
SI R ÉDOUARD
Mais vous savez donc tout!... vous savez...
JACK
Que j'ai de l'argent à toucher?... Eh bien, qui est-ce qui le •aurait donc?
sir Edouard, m meiuu*at.
Achevez, monsieur, achevez...
JACK
Que j'achève ! 1) parait que vous êtes curieux, vous tenez
à connaître mes affaires!... Bah ( avec vous il n'y a pas d'indiscrétion... Je disais dune que je ne peux pas me battre, nonseulement avant que j'aie touché cet argent, mais encore avant que je l'aie mis en mains sûres... aux mains des conspirateurs, mes amis et mes frères, de braves... gentilshommes comme moi... incapables de soustraire... comme quelque adroit bandit, des papiers et un portefeuille, mais qui acceptent noblement avec moi, sir Édouard Morton, du comté d’Argyle en Écosse... l'argent de l'étranger pour conspirer contre l'État et pour attirer ces étrangers sur le sol de la patrie!... Vous voyez que je ne vaux pas grand'ehose, monsieur, et que ce n'est pas la peine de disputer mon nom de sir Edouard Morton , que je suis en train de déshonorer un peu.
SIR ÉDOUARD , »|*é» avoir mi» l«« liacwr* de cMf.
Je vois que tu connais nos secrets, et qu'il faut que je te tue!
JACK, puant à droit».
Décidément nous nous battrons!... ’
6IR EDOUARD
A l'instant....
JACK
Eh bien! soit... Êtes-vous fort à l'épée, monsieur?
SIR ÉDOUARD
Vous allez en juger...
JACK
Avez-vous entendu parler, en Écosse, du célèbre chevalier de Bluskine?
SIR ÉDOUARD
Jamais, monsieur.
JACK
Il fut mon professeur d’escrime et... d'autre chose.
SIR ÉDOUARD
Allons, monsieur, je vous attends !
JACK, »prr* **nlr fitl le ulnt de* «rntM, M mettant ta garée.
Il m’a enseigné deux bottes italiennes, monsieur, l’une qui désarme l'adversaire dès la seconde passe...
SIR ÉDOUARD
Allons donc!...
JACK
Vous ne me croyez pas? Eh bien, voyez plutôt.
(Il» croisent U fer. Jack fait sauter l'épée de sir Édouard.)
SIK ÉDOUARD, (urieni.
Désarmé 1...
JACK
Dites donc, monsieur, voulez-vous me jurer sur votre honneur de gentilhomme de vous éloigner à l’instant, de ne vous présenter devant lord Rowland que demain? nous nous en tiendrons là.
SIR ÉDOUARD
Moi ! que je vous donne ma parole...
JACK
Je m’en contenterai.
SIR ÉDOUARD
Que je ne voie que demain lord Rowland, afin que, pendant ce temps, vous puissiez, ou vous emparer de l’argent, si vous êtes un voleur...
JACK, Iroidcmcai.
Milord 1...
SIR ÉDOUARD
Ou livrer mes amis, si vous êtes un dénonciateur... Jamais, jamais!..»
JACK, 1*1 remUai «a épée.
Alors, monsieur, nous allons passer à la seconde botte italienne de mon noble ami le chevalier de Bluskine... Celle-là ne désarme pas, monsieur, elle frappe en pleine poitrine, je \ous en avertis. En garde!
(Ils croisent le f«r pendant quelques Instants, sans prononcer un* parole. )
SIR ÉDOUARD, Maue.
Ah!...
(Il porte U main h ta poitrine, et tombe.)
JACK, il nos vols wmWt.
En pleine poitrine! je vous l’avais dit, monsieur... (AU»»t « ht.) Monsieur... sir Édouard!... Je dois que je l’ai tué... Bah! il vendait son pays!... (appetuu.) Eh ! l'homme ! l'homme!
LE COMMISSIONNAIRE, retentai.
Eli bien, milord, vous vous êtes expliqués?
JACK
Parfaitement... voyez... (il n.<.au« «ir éoou« 4.) Il n'y a plus
discussion.
LE COMMISSIONNAIRE
Miséricorde I
JACK
Avez-vous des aniis par ici?
LE COMMISSIONNAIRE
Des amis?...
JACK
Pour emporter Us corps.
LE COMMISSIONNAIRE
Eh! John! Peters!...
(Quatre butumci entrent.)
JACK, le*r montrant »lr fckoaard.
Tenet, emportez cet homme et appelez un médecin ou un prêtre... (il u>v <i*bu« duc mw.) Voilà pour vos soins.
LE COMMISSIONNAIRE
Ainsi, milord, c'est bien votre bagage?
JACK
Parbleu!... à présent!...
(La* quatre hommes emportent sir Êilouerd.)