SCÈNE PREMIÈRE
TAMISE, CÉCILY. Il* «air#*t I«r la dreiu.
CÉCILT.
Tamise I mon cher Tamise! depuis deux ans, n'avoir pas donné de vos nouvelles.
Pardonne-moi, Cécily, j’étais à Paris. Une recommandation de monsieur Wood a suffi auprès d'un de ses amis de France pour me faire faire mon chemin. Aujourd'hui, j'ai un étal, une position, presque de la fortune... il ne me manque plus qu’un nom que je puisse l'oIUr». et je reviens en Angleterre pour le trouver. Une lettre de Jack Shcppard vient de mu rappeler rapidement à Londres.
CÉCILT.
Jack Sheppard ! une lettre de lui ! mais il est emprisonné à Ncwgatc.
TAMISE
C'est en effet ce qu'il me dit. Mai* il ajoute qu'aujourd’hui, ce soir, à huit heures, je le trouverai ici, et qu'il me remettra tous les papiers qui intéressent ma naissance.
CÉCILT.
Lui! ici!
TAMISE
Vous frissonnes! je dcTlne... ce nom est devenu célèbre.
CÉCILT.
Oui, depuis deux ans, Jack, l’ami, le compagnon de notre enfance, est devenu un objet du terreur pour le* habitants de tendres... une cause de douleur pour nous; et sa mère, Irappée de désespoir et de honte, est tombée dans des accès de démence qui deviennent chaque jour plus fréquents.
TAMISE
Je sais que vous veillez sur elle, Cécily, comme vous avei veillé sur cette mère que vous avex perdue.
CÉCILT.
Oui, mon père a voulu me la confier... et j'habite ici avec elle, dans celte petite maison, aux pales de Londres. Mais je ne suis pas seule pour accomplir ce pieux devoir... Tum est auprès d'elle.
TAMISE
Tom?... Qu'est-ce que c’est que Tom?...
CÉCILT.
C’est un malheureux nègre que mon père a trouvé mourant de faim à la porte de celle maison, qu'il a secouru, et qui, depuis ce jour, n'a plus voulu s’en al'er... Il n u jamais pu comprendre que l'hospitalité qu’on lui avait donnée ne fut que temporaire, il s'est établi ici comme clie* lui... et il s'est fait uotre serviteur, notre esclave même... C'est lui qui
fait tous tes achats de la maison, et avec quelle économie, quelle intelligence! Moi, qui ne m'étais jamais occupée de cela quand vivait ma pauvre mère, je serais bien embarrassée sans lui... je ne sais le prix d’aucune chose... mais tout ce qu’il achète, lui, me parait toujours si bon marché, qu'il me serait bien impossible de l’avoir à ce prix.
BLUSKINE, rv .V ber*.
Petit maitresse li qu’est pas là?
TAMISE
Le voici...