MISTRESS SHEPPARD, JACK SHEPPARD
JACK
Milady ! toi , une Montaigu ! toi , ma mère !
■ISTRESS SUE P P A Rt>.
Oui, et ce qui eût fait notre orgueil ne fait plus que notre honte.
JACK
Ma mère!
■ I STRESS SHEPPARD.
Je pouvais, moi, pauvre enfant perdue, mol, sans nom, sans famille, sans lien dons ce monde; moi, veuve miségahle d'un malheureux tombé sous le coup de la loi, je pouvais me résigner à cette épouvantable idée de voir monter le fils sur l'échafaud du père; mais aujourd'hui, mon fi)*, l'infamie de ton supplice va rejaillir sur l’un des plus grands noms de l'Angleterre.
JACK
Que voulez-vous dire, ma mère?
MISTRESS SHEPPARD
Pauvre enfant. Dieu t’a regardé d'un œil de colère! mais sa miséricorde est grande !... Allons, ayons du courage, résignons-nous, soyons forts ! *
JACK
Ma mère, ma mère I vous parlez de courage, et vous m'ôte* le mien. Je me sentais fort il y a une heure... et je suis faible et pleurant près de vous.
■ISTRESS SHEPPARD.
C'est que lu puisais ta force dans ton orgueil et que ta faiblesse vient de naître du repentir. Laisse couler tes larmes, mon enfant, après nous prierons ensemble... et quand nous aurons prié, nous nous réunirons dans un embrassement suprême, et puis tu verras, nous serons forts! nous serons forts!... Oh! oui, de la force! Un instant, une minute, et tout sera dit!
JACE, qol a regard* «a m<rr dépoli on iaïUnt.
Ma mère 1 tu m'apportes du poison, donne-le donc, je suis prêt!
■ ISTRESS SHEPPARD.
Tu es prêt, dis-tu? Mais je ne viens pas seulement te parler de sacrifice et d’honneur; je ne viens pas seulement pour t'embrasser une dernière fois et t'exhorter à mourir... je viens mourir avec toi...
Toil mourir!... Je suis seul coupable, je ne veux pas que tu meures.
■ ISTRESS SHEPPARD.
Est-ce que je peux te survivre? J'ai détesté ta vie, tes fautes, tes crimes, mais je ne t'ai jamais maudit, mais je t'ai toujours aimé.
JACE, 1a falaat tuooir A droiie.
Eh bien! ma mère, si tu m'aimes, tu dois vivre.
■■STRESS SHEPPARD.
Vivre!... moi!...
JACR.
Oui, toi, parce que J'ai été coupable, toi, parce que je ne suis pas seulement condamne par les hommes, mais par Dieu, et que Dieu ne peut être fléchi que par tes prières. Oui, tu iras t'agenouiller sui* ma tombe et la baigner de tes larme*, l a mère n’a pu sauver le fils, mais la chrétienne rachètera l’dme qui se repent. Ma mère, il faut que tu vives ; jure-lemoi que tu vivras.
■ISTRESS SHEPPARD.
Eh bien ... ch bien, oui, pour loi, pour toi... c'est mon dernier sacrifice.
JACK, preHtillli âafoo de» iMiot 4e m mita.
Adieu, ma mère, adieu.
( Il le porte & ut lèvre». )
■ ISTRESS SHEPPARD.
Adieu... ad... (foum»»i m cri.) Ah 1 je ne veux pas, je ne veux pas!
(Elle lui errarhe le litron et le jette h terre.)
JACK
Que dis-tu?
LES CHEVALIERS OU BROUILLARD
Ml STRESS SHEPPARD.
Non, je n'ai plus de courage si tu dois mourir seul. Je ne Yeux pas, je ne veux pas!
J ac a.
Ma mère...
MISTRESS SREPPARD.
Tant qu’n reste une heure, une minute, Dieu peut te sauter. Je ne veux pas !
JACK
Quoi ! si je pourais fuir, lu nie permettrais donc de vivre !
MISTRESS SREPPARD.
Ensemble, loin de l’Angleterre ! dans les* larmes et le repentir!... Ah! si cela se pouvait...