‹ Les Chevaliers du Lansquenet (volume 2)Chapitre 12 sur 33 · SB LE TROU À ROMÂ'N · texte numérisé non relu

SB LE TROU À ROMÂ'N

Pierre Aubry prit le devant en effet, et, comme tout était tranquille, il fit le signal convenu.

Romain vint aussitôt le rejoindre et ils descendirent la vallure.

— Quand ttt es seul en revenant du village, — dit Pierre Aubry, — tu dois te trouver bien embarrasé?...

— Bah ! je passe tout de même...

— Comment fais- lu?

— C'est bien facile, — il ne faut qu'un peu d'attention...

— Mais encore?...

— J'arrive tout doucement près du poste, et j'écoute. — Si j'entends les douaniers causer entre eux, je puis juger qu'ils viennent de dormir et qu'ils s'éveillent. — dans ce cas ils ne tardent pas à faire une ronde et j'attends qu'ils soient passés; — si, au contraire, ils viennent de faire leur tournée et de rentrer au poste, il n'est pas plus difficile d'en juger, car, dans ce cas, ils parlent très-haut d'abord, puis la voix dymlnue petit à petit et, un moment après, tout rentre dans le silence. — Ils dorment alors comme des taupes dans leur trou, et je passe tranquille comme Baptiste.

Pierre Aubry se mit à rire.

Tout en causant les deux pêcheurs descendirent la vallure et suivirent d'un pas sûr le sentier tortueux et glis saut qui conduit au passenx des fontaines.

Lorsqu'ils eurent dépassé cet endroit, Romain s'arrêta et dit, en désignant la falaise qui s'élevait sur la droite comme une gigantesque muraille.

— C'est là que j'habite, à une hauteur de plus de cent pieds, — c'est là que je dors tranquille, car je ne crains pjs qn'uu indiscret vienne m'y surprendre...

-— A une hauteur de plus dç cent pieds!.., Oui.

LE TROD h ROMAIlf. ^S3

— £st-ce. possible?...

— Tu le verras.

— i)lai3 de quelle façou ?...

Romain interrompit le pécheur.

— Je t'expliquerai tout, lui dit il, — mais plus tard. - Allons d'abord faire notre marée de pêche, car voici que le temps nous presse...

Pierre Aubry fil un signe d'acquiescement et les deux compagnons prirent le large et comwiBacèrent la pêche aux houlles.

Cette pêche demande une grande habileté, surtout la nuit.

Le pécheur est armé d'ui) lo9g bâton, au bout duquel Sd trouve un fort croc de feu.

C'e^t ce qu'on appelle une gaffe.

Le pêcheur s'aide du manche de celte gafe pour franchir les endroits les plus périlleux du rocher.

Il fouille avec le fer dans les houlles encore couvertes d'eau.

S'il reconnaît qu'il y a quelque chose dans ces houlles, il attire à lui un tourteau ou le homard par un coup sec et qui demande une adresse extrême.

Nous avons dit qu'Aubry et Romain se séparèrent, afin de ne pas se faire un tort réciproque.

Romalu commença sa pêche à Fontaines.

Pierre Aubry à Vaudieu,

Comme 1 henre de la basse mer approchait, il f^illut se dépêcher, afin de pouvoir visiter toules les houlles.

Quand les pêcheurs se rejoignirent, à peu près au milieu de la passe qui sépare Vaudieu des Fontaines, la mer commençait à monter.

Le résultat de la pêche avait été extrêmement satisfaisant.

— fist-ce que ce n'est pas toi, — demanda alors

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