‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désert (volume 2)Chapitre 1 sur 60 · AVANT-PROPOS DE LA SECONDE ÉDITION · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS DE LA SECONDE ÉDITION

et jai pu ajouter dans cette troisième édition, à des lettres déjà connues du public, six lettres nouvelles, confirmant les suffrages que j'ai eu le bonheur de recueillir. De plus, on trouvera à la fin de chaque chapitre les observations d'Abd-el-Kader, de l’homme qui est à coup sûr la plus complète personnification du peuple Arabe, et dans la seconde partie quelques nouveaux détails de mœurs sur la vie arabe et sur la noblesse au désert. J'espère que cette troisième édition empruntera une valeur particulière à ces importants documents, et que mon œuvre aura conquis un titre de plus à la bienveillance dont elle a été honorée.

Paris, le 4 février 1851.

«Je viens de lire, mon cher Général, votre ouvrage sur les chevaux du Sahara algérien. Ce travail joint à un intérêt historique incontestable le mérite de présenter, sous une forme très-séduisante, des considérations pleines d’actualité.

« Les hommes qui se consacrent à l’étude de la science hippique reconnaissent aujourd’hui que la propagation du sang oriental est le véritable principe régénérateur auquel il est urgent de recourir.

« Déjà cette pensée reçoit son application : l'administration des haras se dispose à envoyer dans l'Arabie centrale des agents spéciaux, pour faire l'acquisition d’étalons et de juments d'Orient. D'un autre côté, le ministre de l’agriculture, sur la demande du conseil de perfectionnement du haras de Saint-Cloud, réclame des crédits spéciaux pour créer, dans un établissement normal, et conformément à la volonté législative, une race arabe pure, de l’ordre le plus élevé.

« Tous ces faits sont de nature à donner à votre ouvrage une importance et un intérêt particuliers. S'il était publié;

n | LETTRES il nous initierait à des traditions, à des usages, à des convictions qui offriraient de précieux renseignements.

« Persuadé de l'utilité de semblables publications, le ministre de l’agriculture fait en ce moment traduire et imprimer un vieux manuscrit arabe dont l'existence était à peine connue à la Bibliothèque nationale.

« Votre ouvrage sur les chevaux du Sahara aurait une importance bien plus générale ; aussi je désirerais vivement que le ministre de la guerre, dont la sollicitude pour les progrès hippiques est si éclairée, voulût bien le faire imprimer et répandre. |

« Ge serait un service rendu à la question chevaline, à la France entière, et, en particulier, aux corps de troupes à cheval que nous entretenons en Algérie.

« Recevez, mon cher Général, la nouvelle expression de ma haute considération et de mes vieux sentiments d’attachement.

« Le général de division,

« OuDINOT, DUC DE REGGIO. »

Paris, le 11 avril 1851.

« Mon cher Général, j'ai lu avec le plus grand intérêt le travail que vous avez bien voulu me confier et qui donne d'une manière si intéressante et si complète l'histoire de l'éducation du cheval dans le désert.

« Cet ensemble de faits si peu connus, et pourtant si diunes de l'être, permet de se rendre compte des causes vraies de la perfection à laquelle est arrivé le cheval dans les mains des enfants d’Ismaël. Il serait bien désirable que, pendant que vous êtes au ministère de la guerre, le gouvernement lit imprimer cet ouvrage, où nos éleveurs trouveraient tant d'utiles enseignements.

« Recevez, mon cher Général, l'assurance de mes senti-

ments affectueux.

« Le général de division,

«De La Moricièrr, »

Paris, le 19 février 1851.

« Mon cher Général, je vous remercie de m'avoir communiqué votre ouvrage sur les Chevaux du Sahara. Je ne doute pas qu’il ne soit lu avec intérêt par les officiers de cavalerie et par tous les amateurs de chevaux.

« Si quelques coutumes paraissent ne devoir être attribuées qu'aux croyances superstitieuses des indigènes, il faut reconnaître que, dans leur langue pittoresque, les Arabes expriment le plus souvent, sur l'éducation et l'appréciation des chevaux, des idées d'une justesse incontestable, qui sont pour eux le résultat d’une expérience traditionnelle. C'est d’après nature qu'ils dépeignent le cheval de race, le buveur d'air, et le portrait qu'ils en font est bien celui d’un cheval essentiellement propre aux combats et susceptible de fournir des courses longues et rapides. Puisque ces chevaux existent dans l'étendue de nos possessions d'Afrique, il faut les trouver, dût-on les aller chercher jusqu'aux dernières limites du désert. Ce sera un service de plus que nous aura rendu l'armée d'Afrique: transportés sur notre sol, ces chevaux précieux deviendront le type d'une race pure indigène.

« Quant à l'opinion émise au chapitre qui traite de la monte, de la gestation, ete.: « La jument n'est qu'un sac « dont on retirera de l'or quand on y aura mis de l'or, mais « dont on ne tirera que du cuivre si on n'y a mis que du « cuivre, » je suis loin dela partager ; mais il convient de la produire sous toute réserve et de rechercher si elle n’est consacrée que dans le Sahara algérien, contrairement aux convic-

tions établies chez les autres peuples del'Orient. [serait possible que ce fût une des causes de l'infériorité relative du cheval barbe, comparativement au cheval arabe proprement dit. «Je vous engage done, mon cher Général, à ne pas tarder à faire paraître un ouvrage qui ne pouvait être fait que par vous et qui aura en ce moment tout le mérite de l'opportunité, puisque le gouvernement est à la veille de faire des sacrifices considérables pour se procurer des types de reproduction d'origine orientale.

« Recevez, mon cher Général, la nouvelle assurance de l'affection bien sincère de votre tout dévoué, « Le général, chef du service de la cavalerie, au ministère de la guerre,

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