MALADIES DE L’ABDOMEN
Pour guérir le merdjoune, on lui fait avaler des infusions de sateur. Les Arabes disent avoir été amenés à l’emploi de ce remède par le hérisson, qui chasse la vipère (lefäa), a prend par le milieu du corps avec ses dents, la tue à coups
de défenses sur la tête sans en recevoir aucune atteinte, et
puis l'emporte toujours à côté du zateur, qu'il se met à man-
| ger avec avidité comme pour se préserver de tout accident.
Couiques (el oudjäa). — Si les coliques ne doivent pas être attribuées à une autre cause qu'à une indigestion produite par une grande abondance d’eau avalée après un repas exagéré, on s'en inquiète peu. Il suffit, disent les Arabes, de provoquer la transpiration chez l'animal, ce qu'on obtient facilement en le faisant un peu courir, surtout en montant.
L'exercice terminé, on a soin de le bien couvrir, et, s'il
vient à fienter ou uriner, on peut être assuré qu'il est guéri.
Mais quand les coliques sont produites par la mauvaise qualité des aliments, surtout par la terre ou la poussière qui sont souvent mêlées à l'orge, on les regarde comme beaucoup plus dangereuses.
Pour les guérir, on a recours alors à des fumigations, faites le plus souvent avec du poivre rouge et du fenouil de race que l’on fait brûler sur des charbons ardents.
Dans les tentes de distinction, on trouve toujours, pour le même objet, des rats que l’on appelle faret-el-khreil (le rat des chevaux) et qui, après avoir été saignés, vidés et fortement salés, ont été lentement desséchés au soleil. Quand on veut s'en servir, On en coupe un petit morceau, qu'on met sur des charbons ardents, et on en fait respirer l'odeur au cheval. Cette odeur est nauséabonde, l'animal la fuit ; mais, pour sa prompte guérison, il faut le contraindre à l'accepter.
GASTRO-HÉPATITE, JAUNISSE (bou sefir, le père du jaune), —
Les Arahes prétendent que la Jaunisse ne vient qu’en été ou en automne, lorsque les chevaux mangent trop tôt de la paille deblé, qui, suivant eux, ne doit pas être donnée avant l'hiver.
Le cheval qui a la jaunisse maigrit, son poil se pique, sa peau jaunit; il perd l'appétit et manque de force.
On reconnait qu'un cheval a la jaunisse lorsque, dans la conque de ses oreilles, on trouve de petites taches jaunes, que le blane de ses yeux devient jaune, qu’en relevant les lèvres on lui trouve la membrane buccale jaune, parsemée de petits boutons, et que, sous la queue, la peau se trouve aussi jaunàtre. Outre ces signes, la jument présente en sus, dans l’intérieur de la vuive, des taches jaunes.
Pour guérir l'animal, on lui fend la peau entre les deux naseaux, de manière à mettre à nu un nerf peu profond et assez épais, que l’on nomme Île nerf de la jaunisse : quand on l’a trouvé, on s’en empare avec une aiguille munie de quelques crins, on le tire à soi, on le dissèque, et puis on le coupe en haut et en bas, de manière à en Jeter la longueur d'un demi-pouce. Le sang coule ; on met sur la plaie du sel et du goudron.
Pour compléter le traitement, on fait des scarifications à la partie interne des oreilles, aux lèvres, ainsi qu’à la partie inférieure de la queue. Ces scarifications sont pansées avec du sel et du goudron. La guérison arrive assez promptement.