‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désert (volume 2)Chapitre 16 sur 60 · AFFECTION NERVEUSE · texte numérisé non relu

AFFECTION NERVEUSE

EL MEGuRLA (fétanos). — Quand un cheval a la caroncule lacrymale gonflée, qu’elle s’étend sur l'œil, et que l’ongle de cette caroncule prend la dimension d’un pois chiche, on reconnait que l’animal est atteint de tétanos. On se confirme dans cette opinion, s’il se couche, se relève alternati- vement et n'aperçoit plus les objets extérieurs.

Pour le guérir on fait l'opération suivante :

Abattre l'animal, passer dans une forte aiguille deux ou trois crins de l’encolure, piquer avec cette aiguille ce qu'ils appellent l’ongle, réunir les deux extrémités des crins, les rouler autour du petit doigt de la main gauche, glisser l’indicateur de la même main sous la caroncule lacrymale, et enfin couper horizontalement la petite fève qui en est exubérante. Sans attendre un seul instant, mettre dans l'œil opéré du sel mélangé avec du beurre rance, et le cheval ne tarde pas à guérir.

Dans la première expédition de la Kabylie, en 1844, j'ai vu opérer et guérir ainsi le cheval de l’un de mes Mekhaent. Î fut traité par le caïd des Ysseurs, qui riait beaucoup

de notre incrédulité et surtout du danger que nous prêtions à une pareille opération.

OBSERVATIONS DE L'ÉMIR ABD-EL-KADER

Pour ce qui est de connaître les maladies du cheval et la M manière de Îles traiter, il y a des vétérinaires, tant dans les Sahara que dans le Teull, en fort grande réputation; il est bien rare qu'une tribu, même petite, n’en possède pas un ou deux : de ces vétérinaires, les uns traitent toutes les maladies, la plupart n'en savent guérir que quelques-unes. Le manque d'écoles vétérinaires empêche les Arabes Me cette science d'une manière plus complète, et je ne connais: d'école de ce genre n1 dans le Sahara, ni dans le R° arb (empire du Maroc).

Tout ce que peut faire aujourd'hui celui qui veut étudier cette science, c’est de s'attacher à un vétérinaire instruit et d'assister à ses traitements.

Il arrive le plus souvent que l'élève étudie d’abord l'art vétérinaire avec étendue, mais que, réussissant inégalement dans les traitemenis qu'il entreprend, sa renommée ne s'établit que pour certaines affections, et dès lors 1l néglige les autres.

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