‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désert (volume 2)Chapitre 15 sur 60 · MALADIES INCONNUES EN EUROPE · texte numérisé non relu

MALADIES INCONNUES EN EUROPE

EL aapeur (la douleur). — Quand on desselle trop vite un cheval qu’une longue course à mis en transpiration, il peut contracter une maladie très-grave qu'on nomme el aadeur, la douleur.

On la reconnait aux signes suivants :

IL sort de petits boutons sur le dos, les côtes, les flancs, le ventre et les extrémités; deux ou trois jours après leur apparition, ils crèvent et sont immédiatement remplacés par d’autres. La matière qui en sort est fétide ; elle ressemble à du pus. Ces sorties de boutons, alternéesde guérison, peuvent durer un an; elles entraînent presque toujours la mort de l'animal.

Le cheval maadour marche la tête levée, les jambes de derrière. écartées, les yeux hagards ; il ne peut plier l’encolure.

Les Arabes déclarent ne pouvoir guérir cette maladie: seulement, ils ont remarqué que si les premiers boutons partent du dos pour se rendre dans les extrémités, l’animal s’en tire quelquefois, tandis que s'ils partent des extrémités

MALADIES INCONNUES EN EUROPE. 205 pour se diriger sur les flancs et sur les côtes, 1l meurt indubitablement.

Quand un cheval qui a été acheté meurt et est soupconné maadour, l'acquéreur demande une expertise ; on ouvre l'animal, et si dans l'artère qui est au-dessous de la colonne vertébrale on trouve du pus, le vendeur est condamné à restituer le prix qui lui en avait été donné.

Bou Dinar (le pére du dinar ‘). Les Arabes ont donné le nom de bou dinar à une maladie qui se révèle par des taches ressemblant à des pièces de monnaie, qui apparaissent sur la peau depuis l’encolure jusqu'aux flancs.

Ces taches sont boursouflées quand le vent du nord soufle; elles disparaissent par le vent du sud. On a remarqué que, lors de leur présence, les lèvres de la vulve chez la jument devenaient toujours béantes.

Cette maladie survient quand, pour en avoir un mulet, on a donné à la jument un âne qui n'était pas sain.

Si la jument a concu, et si son fruit meurt, elle est sauvée.

Dans le cas contraire, le givre de l'hiver la fait inévitable-

ment périr. de

Si, pensant que la jument n'a pas concu avec l’âne, on lui a donné un cheval, le cheval prend le bou dinar, et, S'il n'en meurt pas. son membre reste à jamais flasque et pendant.

Les Arabes croient que cette maladie est occasionnée par ces grosses mouches (debube) qui, après S'être repues des serpents que l’on trouve en si grande quantité au printemps, se sont imprégnées de leur venin et l'ont déposé sur le membre de l'animal.

Dans la seule tribu des Beni-Selyman, il est mort, en 1846, plus de quarante à cinquante juments affectées du

! Dinar, pièce dé monnaie musulmane;

bou dinar, et les chefs étaient tellement convaincus que cette maladie provenait de la cause énoncée plus haut, qu'ils firent publier dans tous les marchés qu'on eüt à enterrer les serpents profondément, et cela sous peine d’une forte amende.

La mort de l'animal affecté du bou dinar est constatée par des experts. C’est un cas rédhibitoire ; le vendeur est « tenu d'en restituer le prix à l'acheteur.

Quand les dinars ont disparu, on ne peut constater cette maladie qu’à l’inspection de la vulve de la jument, en l'entr ouvrant, on y remarque de petites inflammations trèsrouges, semblables à celles que produirait la piqûre d’une puce.

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