RÉCAPITDLATION DES CHEVAUX VAINQUEURS
i"* Course, — Cheval du Caire, appartenant à M. Pastré, monté par lui-même.
2* Course. — Cheval barbe, appartenant à M. Ferd. de Lesseps, monté par lui-même.
3* Course, — Cheval du Caire, appartenant à Hussein-Efîendi, monté par lui-même.
4* Coui*ie, — Chertl nejdi, appartenant à M. Roquerbe, monté par M. Bartolomeo.
Suivant les contentions feites^ les quatre chevaux vainqueurs ayant ensemble parcouru la même carrière, ont dû seuls fournir la ciu- ^ quième course. Ils sont arrivés dans Tordre suivant : \
V Cheval barbe, de Tunis, appartenant k M. Ferd. de Lesseps, monté fit lui-même;
2"* Cheval du Caire, appartenant & M. Jules Pastré, monjé par luindme;
3* Cheval nejdi, à M. Roquerbe, monté par M. Bartolomeo;
4* Cheval nejdi, à Husseih-Eftendi, monté par lui-même.
Certifié Texactitude du compte rendu ci-dessus :
Si^n^; Ferd. DE LESSEPS.
Pour en finir avec le dieval barbe et donner, en sus des autres qualités qu'il possède, une idée exacte de sa force
et de son énergie, je ne puis mieux faire que de consigner âci quel a été le poids porté dans la plupart de nos expèdi" lions par le cheval d*un chasseur d'Afrique.
POIDS PORTÉ PAR LE CHEVAL d'un CHASSEUtt d'aFRIQUE PARTANT EN EXPEDITION.
XILOGR. BECT06R. BÉCi
Cavalier armé et en tenue. . . . 8?^ •
Harnarchement avec le pistolet. . 24 »
Pain pour 2 jours 1 5
Biscuit pour 3 jours 1 6
Café pour 5 J<HiFs •% » ^ ^
Sucre pour 5 jours » 6
Lard pour 5 jours 1 »
Riz pour 5 jours » 3
Sel » »
Fourrageroulépour^ jours. . . • 25 »
Orge pour 5 jours 20 »
Trois pa(}uet^ de cartouches. . . . 1 3
Quatre fers T . 1 6
Total. . . 159 6 3
459 kilogrammes, soit 19 de plus que le cheypl d'un carabinier et 26 de plus qu un cheval de cuirassier en France,
Il va sans dire (jue ce poids diminue a mesure qu'on s'éjoigne de la garnison.
(Remis le 21 février 1847, par le colonel Duri^ger, au moment du départ d'une colonne.)
Maintenant, le cheval qui, dans un pays souvent difficile et accidenté, marche, court, monte, descend, supporte des privations inouïes, et fait vigoureusement campagne avec un pareil poids sur le dos, est-il ou non un cheval de guerro?
Le montement des chevaux, Le lâchement des lévriers Et le cliquetis des boucles d'oreille Vous ôtent les vers d'une tête.
{Chant des Angades.)
CLez un peuple pasteur et nomade, qui rayonne sur de vastes pâturages, et dont la population n'est pas en rapport avec rétendue de son territoire, le cheval est une nécessité delà vie. Avec son cheval, FArabe commerce et voyage, il surveille ses nombreux troupeaux, il brille au combat, aux nocesi) aux fêtes de ses marabouts ; il fait Tamour, il fait 1; guerre ; Tespace n'est plus rien pour lui.
Aussi les Arabes du SaJiara se livrent-ils encore avec pa& sion à l'élève des chevaux; ils savent ce que vaut le sang, ils soignent leurs croisements, ils améliorent leurs espèces. L'étal d'anarchie dans lequel ils ont vécu dans ces derniers temps a bien pu modifier quelques-unes de leurs habitudes ; mais il n'a rien changé à celte condition de leur existence : l'élève, le perfectionnement et l'éducation des chevaux.
L'amour du cheval est passé dans le sang arabe. Ce noble animal est le compagnon d'armes et lami du chef delà tente, c'est un des serviteurs de la famille ; on étudie ses mœurs, ses besoins; on le chante dans des chansons, on Texalte dans les causeries. Chaque jour, dans ces réunions en dehors du douar, où le privilège de la parole est au plus âgé seul et qui se distinguent par la décence des auditeurs assis en cercle sur le sable ou sur le gazon, les jeunes gens ajoutent à leurs connaissances pratiques les conseils et les traditions des anciens. La religion, la guerre, la chasse, Tamour et les chevaux, sujets inépuisables d'observations, font de ces causeries en plein air de véritables écoles où se forment les guerriers, et où ils développent leur intelligence en recueillant une foule de faits, de préceptes, de proverbes et de sentences, dont ils ne trouveront que trop lapplication dans le cours de la vie pleine de périls qu'ils ont à mener. C'est là qu'ils acquièrent cette expérience hippique que Tpn est étonné de trouver chez le dernier cavalier d'une tribu du désert. Il ne sait ni lire ni écrire, et pourtant chaque phrase de sa conversation s'appuiera sur l'autorité des savants commentateurs du Koran ou du Prophète lui-môme. Notre seigneur Mohamed di dix... Sidi-Ahmed'ben'Yoîissefdi ajouté... Si'bcn-Dyab a raconté... Et croyez-le sur parole, ce savant ignorant; car tous ces textes, toutes ces anecdotes, qu'on ne trouve le plus souvent que dans les livres^ il les tient, lui, des tholbas ou de ses chefs, qui s'entendent ainsi, sans le savoir, pour développer ou maintenir chez le peuple l'amour du cheval, les préceptes utiles, les saines doctrines ou les meilleures règles hygiéniques. Le tout est bien quelquetbis entaché de préjugés grossiers, de superstitions ridicules ; c'est une ombro au tableau. Soyons indulgenis; il n'y a pas si longtemps qu'en France on proclamait à peu prAs les mômes absurdités comme vérités incontestables.
Je causais un jour avec un marabout de la tribu des Oulad-