‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désertChapitre 23 sur 89 · LES CHETAUX DU SAHARA · texte numérisé non relu

LES CHETAUX DU SAHARA

Quelques-uns, croyant aider à la conception; s'empressent aussi de lui faire une application de henna^ sur les reins ou sur la tunique abdominale.

L*étalon qui ne produit pas est celui dont le membre est courbe, trop court pour lui permettre d'atteindre Touverture de. la matrice de la jument, bu celui dont le sperme est liquide, peu blanc et sans consistance. Les Arabes, pour s'en assurer, échauffent Tétalon avec une jument jusqu'à ce qu'ils aient été mis à même d'en constater la qualité.

On reconnaît que la jument a conçu quand, après la saillie, elle se retourne pour regarder ses flancs ; on n'a plus à en douter si, au bout de sept jours, présentée à l'étalon, elle serre la queue et le repousse par de vigoureuses" ruades, ou si elle ne répand plus cette liqueur blanchâtre qu'à l'approche ou aux hennissements du mâle elle laissait écouler.

Les Arabes- croient que l'excès d'embonpoint s'oppose à la conception; aussi, tantôt par l'exercice, tantôt par une réduction progressive et bien entendue des aliments, fontils maigrir leurs juments avant de les présenter à l'étalon.

Quand une jument ne veut pas concevoir, on lui fait faire une course rapide, et on la présente ensuite à l'étalon, ha« letante et tout en nage, les deux jambes de devant dans un ruisseau. Si elle était présumée stérile, il faudrait alors lui donner un âne de haute taille {massery); elle jetterait un mulet et deviendrait bonne pour la reproduction.

* Le fienna est le lawsmia inertnis des naturalistes. C'est un joli am brisseau qui a une très-grande ressemblance avec le troène, et qui s'élève à la hauteur de trois ou quatre mètres. Ses feuilles sont l'objet d'un grand commerce. On les cueille en juillet et on les fait sécher au soleil, puis on les réduit en poudre très-fine. Les indigènes, et surtout les femmes, s'en servent pour teindre leurs ongles, l'extrémité des doigts, la paume des mains, les orteils, les cheveux ; elles sont employées pour teindre la crinière, le dos, les jambes des chevaux, surtout lorsqu'ils sont d'une çou^ lear Manche. {U Grand Dasertj page 394.)

Chez quelques tribus du désert, renommées pour leur expérience en matière chevaline, il n'est pas rare de Toir employer h méthode suivante :

On place deux étalons assez loin Tun de l'autre, à deux kilomètres, par exemple, de manière cependant à ce qu'ils puissent parfaitement s'apercevoir, ce qui excite leur jalousie et augmente leurs désirs. Gela fait, et la jument mise en transpiration, comme il a été dit plus haut, on la présente au premier.

Dès qu'elle a été saillie, on vient la mettre en relation avec le second ; on la ramène ensuite au petit galop en criant de toute la force de ses poumons: Ûnpoulainj un povlain, s*il plaît à Dieu (an-dia- Allah).

En agissant ainsi, on se conforme d'abord à la parole du prophète, qui recommande, quand on forme un vœu, de n'employer que des mots de bon augure, et puis, ce qui est un point capital, on empêche, dit-on, la jument d'uriner et de rejeter la semence qu'elle a reçue.

Les Arabes ont encore d'autres méthodes pour chasser la stérilité : Un homme se frotte le bras et la main avec du beurre, du savon ou de l'huile; il pénètre dans le vagin de la jument, arrive jusqu'au col de la matrice, l'entr'ouvre avec précaution au moyen d'une datte qu*il tient entre ses doigts allongés, et finit par y introduire la main entière; p«îs, aussitôt son bras retiré, il présente l'étalon : la jument conçoit, car elle n'était que nouée {maâgouda). Cette opération demande de grands ménagements, et celui qui la pratique doit se couper soigneusement les ongles. Ne 8erait4l pas curieux que les Arabes fissent faire une déeouverte précieuse à notre Faculté et à la sdenee?

Trois autres procédés employés en certains pays ont une grande analo;:ie entre eux sans être compléteiÈent identiques. Le premier consiste à pénétrer dans le vagin, comme nous l'avons dit, à entr'ouvrir le col de la matrice

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