LES CHEVAUI DU SAHARA
On regarde comme très-dangereuses les atteintes sur les tendons, surtout lorsqu'elles ont amené un engorgement. Le moyen curatif est l'application d'un emplâtre de fine fleur de froment délayée dans des blancs d'œufs. Cet emplâtre, étendu sur u;ie bande de toile de trois ou quatre pouces de largeur, doit être maintenu en haut et en bas par un ruban plat, jusqu'à ce qu'il soit de lui môme devenu adhérent. Cet, effet ne tarde pas à se produire, si bien que, le temps venu de i'ôtar, on ne (}oit le faire qu'avpc précaution et^u moyen de l'eau tiède.
Crevasses (seurr). — Éloigner avec soin la boue, l'urine, la malpropreté enfin.
Fairp des applications de son bouilli dans l'eau à laquelle on aura ajouté un peu de vinaigre.
Ou bien mettre sur la crevasse une espèce de pâte faite sçit avec du henm et iumije pilé, soit avec du beurre frais et du toutya * réduit en poudre.
Avant df) renouveler lç§ applications, il faut toujours nettoyer les parties malades avec du savon et de l'eau tiède.
Equ^çure;. — On appelle 1^ cheval fourbu medrovbe he chair — (frappé par l'orge). — Qiiaflc} on a commis l'imprudence de faire boire un cheval qui a mangé beaucoup d'orge, il deviçn^ r^drovpe he cliaïry — frappé par l'orge.
ia pftiuQi^ d^ 0)9iQS> les orteils, les cheveux ; elles sont eiqployées ponr veindre la ciinicre, le dqs^ ie^ jambes des cbçyau^j surtout lorsqu'il a^nt d'une couleur blanche.
Dans la médecine arabe, on emploie le henna contre les contusions^ les blessures, les gonâements, les abcès, etc., pour endurcir les parties, les cicatrices récentes; on l'applique encore sur les muqueuses, dans la bouche, contre le mal de dents, etc. , pour diminuer la trop frrande transpiration d*une partie du corps.
* Toutya, — Sous ce nom, les indigènes désignent le sulfate de cuivre (vitriol bleu, couperose bleue] et le sulfate de zinc (couperose bl:inche).
MÉDECINE VÉTÉRINAIRE CHhZ LES ARABES. 211
n faut se hâter de le saigner aux avant bras et aux saphè« nés. Ensuite, chaque matin, pendant plusieurs jours, on lui fait prendre up. bain d'eau fraîche. On l'y tiendra depuis la pointe du jo'ûr jusqu'à ce que le soleil commence à devenir chaud. '
Pour compléter ce traitement, on diminue la nourriture du cheval et on le purge en mêlant ^ sa boisson du jus d'oignon.
Coups de pied. — Pour les coups de pied avec ou sans plaie, voici les moyens curatifs que Ton emploie :
Prendre de la racine de bou nafâa *, débarrassée de son écorce, la couper par morceaux et la faire bouillir dans l'huile jusqu'à ce que cette dernière se soit imprégnée de ses principes au point de devenir rougeâtre. Tremper dans l'huile ainsi préparée un chiffon renfermant du gros sel, et bassiner la partie lésée. Elle se gonflera d'abord pour revenir ensuite à son état naturel.
Faute de hou nafâa, appliquer sur la plaie un cataplasme composé de graisse, de résine et de goudron qu'on aura fait bouillir ensemble.
* Bou nafâa, — Le père de rutililé, la chose utile ptr excellence Ge noin est eno^pe synonyme de dria». Ces deux roots son( indUtinctcment employés pour désigner deux ou trois espèces de plantes ombellifères du genre thapsia.
Lef Arabes font un grand usage du bou nafâa. On remploie contre les engorgements, les maladies chroniques de U poitrine» de l'abdomen, etc., etc. (Vpir h Grand Déiert, p. 387.)