‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désertChapitre 40 sur 89 · MALADIES DES PARTIES OSSEUSES DES MEMBRES · texte numérisé non relu

MALADIES DES PARTIES OSSEUSES DES MEMBRES

Éparvin {el djeurde). — L'éparvîn, quel que soit son emplacement, est toujours très-dangereux, mais il devient, aux yeux des Arabes, une cause invincible d'exclusion de tout service, quand il est placé sous la saphène ou que même il l'avoisine.

Ils y appliquent le feu de manière à Tenceindre par des pointes assez rapprochées. Le cautère est passé trois fois, et chaque fois les traces de feu sont recouvertes d'une couche de goudron. Au centre de la circonférence et sur Féparvm même on a soin d'appliquer également une pointe de feu, plus profonde que les autres.

Les Arabes ont renoncé à guérir Téparvin sec. Ils repoussent, pour la guerre, Tanimal qui en est affecté.

SuRos (aadom chiche). — Le suros n*est dangereux que suivant la place qu'il occupe; le cas le plus%rave est celui où il avoisine les tendons.

Les Arabes croient que les suros partent du genou pour descendre progressivement et successivement vers les extré-

mités. Il faut, disent-ils, los arrêter dès leur début, parce que cette maladie de Tos (inirait par atteindre le boulet et mettre Tanimal hors de service.

Ils essayent de le faire en prenant un pain rond, sortant du four, le coupant en deux et l'appliquant sur la partie malade.

Si ce moyen n'a pas réussi, ils bassinent le suros avec un petit sachet plein de sel qu'ils trempent dans Thuile bouillante imprégnée de bou nafâa.

Le poil repoussera, et le cheval ne sera pas déprécié.

Ils prérérent ce mode à celui du feu appliqué par le fer.

Formes (louzze, amandes). — Les formes, suivant les Arabes, proviennent de Taccumulation et du séjour du sang dans la partie du pied où elles se manifestent. Des entraves trop serrées peuvent les occasionner.

Dès qu'elles paraissent, il faut se hâter de saigner l'animal aux veines du paturon. Cette simple opération suffit souvent pour en arrêter le développement ou même les faire disparaître.

On nomme fekroune (la tortue) la forme placée en avant de la couronne. Elle est regardée comme la moins dangereuse. On y met le feu de manière à l'enceindre par des pointes assez rapprochées."

On nomme louzze, amande, là forme qui se montre sur l'os de la couronne, elle est très-dangereuse à cause des tendons qui sont dans son voisinage. Pour la guérir on y fait trois applications de feu alterné de goudron, en ayant, en outre, l'attention de placer une autre points de feu trèsprofonde à la partie, interne de la fourchette. On regarde celte dernière opération comme indispensable.

Quoi qu'il en soit, les formes sont très-redoutées et font exclure un cheval du service de guerre.

BOITERIES DES ARTICULATIONS

BoiTEniE. — Toutes les boîterîes dont la cause est apparente, disent les Arabes, peuvent se guérir plus ou moins facilement. H n'en est pas ainsi de celles qui partent des articulations scapiilo-humérale et coxo-fémorale.

BoiTfiRïE DE l'épaule (djefcdfl, tiraillement). — Pour reconnaître la boiterie de Tépaule, il faut se mettre devant le poitrail du cheval, prendre dans la main le pied du membre qu'on croit malade et le tirer fortement à soi. Si Panimal, pour éviter la douleur, cède, se porte ou même s'élance en avant, soyez assuré que le mal est dans l'articulation scapulo-humérale. Si, au contraire, il recule, cherchez le mal ailleurs.

La boiterie provenant de l'articulation scapulo-humérale se nomme djehda (tiraillement).

Voici le traitement employé dans ce cas :

Depuis le tiers de Tencolure jusqu'à Tarticulalion, pincer la peau, la traverser avec une aiguille à passer et de dix li«

gnes en dix lignes y faire un nœud bien serré avec de la soie. Il en résulte une irritation favorable à la guérison.

BoiTERiE DE LA CUISSE. — Ou reconnaîtra toujours que le siège de la boiterie est dans Tarticulation coxo-fémorale, lorsque, ayant forcé le cheval de gravir une montée très-rapide, on le voit souffrir horriblement et manifester ses douleurs par de violents efforts.

Alors de deux choses Tune : ou il n'y a que tiraillement du ligament rond (medila), et il suffira de mettre le feu sur Tarticulation coxo-fémorale; ou la tête du fémur est sortie de sa cavité, et alors, avant de mettre le feû, on devra s'appliquer à l'y faire rentrer.

Pour obtenir ce résultat, les Arabes placent le cheval sur un terrain incliné, ils le maintiennent attaché à un piquet par une entrave placée au paturon du membre affecté, puis le forcent à grands coups de fouet à s'élancer en avant. Les efforts que fait l'animal, se trouvant à chaque instant contenus, suffisent à rétablir l'articulation. Ils arrivent encore à leur but en contraignant l'animal à ne prendre son point d'appui que sur le membre malade, pendant une journée entière.

Dans ce dernier cas, le moyen qu'ils emploient est celui-ci:

Prendre une corde de laine et serrer fortement au-dessus du jarret le membre opposé au membre malade, sur lequel l'animal est inévitablement forcé de se reposer par la vive douleur que liii occasionne la ligature.

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