‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désertChapitre 42 sur 89 · MALADIES DE L'ABDOMEN · texte numérisé non relu

MALADIES DE L'ABDOMEN

Œstres dahs l'bstomag (el merdjoune, el metliiour). — On appelle el merdjoune le cheval qui a dans Testomae des. vers (œstres) assez gros, courts, blancs, à tête noire et couverts de poils sur le corps. Ces vers lui percent les membra- . nés de Testomac, et, au bout d'un certain temps, qui varie de six mois à un an, il succombe inévitablemenjl. , >

Les Arabes croient que cette maladie provient de. ce que les chevaux ont mangé de l'herbe qui a poussé sur le corps d'un serpent mort au pnntemps et dont la putréfjGiction commençait à enfanter les mouches que l'on nomme debatm.

On reconnaît le merdjoune aux signes suivant^ : quand il rend ses crottins, ils ont la couleur ordinaire ; au bout de quelques minutes ils deviennent rouges; Il pisse rarement, mais avec abondance ; son urine est huileuse, et reste pal terre pendant assez longtemps réunie en écume. Il perd Tappélit.

' Cette maladie est au nombre des principaux cas rédhibitoires. Au bout d'un an, Ton peut encore choisir des experts, ouvrir l'animal et faire constater le fait.

Pour guérir le merdjoune, on lui fait avaler des infusions de zateur. Les Arabes disent avoir été amenés à l'emploi de ce remède par le hérisson, qui chasse la vipère {lefâa), ja prend par le milieu du corps avec ses dents, la tue à coups de défenses sur la tête sans en recevoir aucune atteinte, et puis l'emporte toujours à côté du zateiir, qu'il se met à manger avec avidité comme pour se préserver de tout accident.

Coliques (el ondjâu), — Si les coliques ne doivent pas être attribuées à une autre cause qu'à une indigestion produite par une grande abondance d'eau avalée après un repas exagéré, on s'en inquiète peu. Il suffit, disent les Arabes, de provoquer la transpiration chez Tanimal, ce qu'on obtient facilement en le faisant un peu courir, surtout en montant. L'exercice terminé, on a soin de le bien couvrir, et, s'il vient à fienter ou uriner, on peut être assuré qu'il est guéri.

Hais quand les coliques sont produites par la mauvaise qualité des aliments, surtout par la terre ou la poussière qui sont souvent mêlées à l'orge, on les regarde comme beaucoup plus dangereuses.

Pour les guérir, on a recours alors à des fumigations, faites le plus souvent avec du poivre rouge et du fenouil de race que Ton fait brûler sur des charbons ardents.

Dans les tentes de distinction, on trouve toujours, pour le mêôe objet, des rats que Ton appelle fareUel-khreîl (le rat des chevaux) et qui, après avoir été saignés, vidés et fortes ment salés, ont été lentement desséchés au soleil. Quand ov veut s'en servir, on en coupe un petit morceau, qu'on met sur des charbons ardents, et on en fait respirer l'odeur au cheval. Cette odeur est nauséabonde, l'animal la fuit; mais, pour sa prompte guérison, il faut le contraindre à l'accepter.

Gastro-hêpatite, jaunisse (b(m sefir, le père du jaune). —

Les Arabes prétendent que la jaunisse ne vient qu'en été ou en automne, lorsque les chevaux mangent trop tôt de la paille dei)lé, qui, suivant eux, ne doit pas être donnée avant l^biver.

Le cheval qui a la jaunisse maigrit, son poil se pique, sa peau jaunit; il perd Tappétit et manque de force.

On reconnaît qu'un cheval a la jaunisse lorsque, dans la conque de ses oreilles, on trouve de petites taches faunes, que le blanc de ses yeux devient jaune, qu'en relevant les lèvres on lui trouve la membrane buccale jaune, parsemée de petits boutons, et que, sous la aueue, la peau se trouve aussi jaunâtre. Outre ces signes, la jument présente en sus, dans 1 intérieur de la vulve, des taches jaunes.

Pour guérir Tanimal, on lui fend la peau entre les deux naseaux, de manière à mettre à nu un nerf peu profond et assez épais, que Ton nomme le nerf de la jaunisse : quand on Ta trouvé, on s'en empare avec une aiguille munie de quelques crins, on le tire a soi, on ie dissèque, et puis on le coupe en haut et en bas, de manière à en jeter la lotigueur d'un demi- pouce. Le sang coule; on met sur la plaie du sel et du goudron.

Pour compléter le traitement, on fait des scarifications à la partie interne des oreilles, aux lèvres, ainsi qu'à la partie mféf ieure de la queue. Ces scarifications sont pansées avec du sel et du goudron. La guérison arrive assez promptement.

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