MALADIES SPÉCIALES
Farcir {el djedri, petite vérole). — Les Arabes appelleni le farcin : el djedri, la petite vérole. Us le subdivisent, suivant le danger qu'il présente, en quatre catégories, à chacune desquelles ils assignent un nom différent.
Ces quatre catégories sont :
4* Bon sebahh (le père du chapelet). Ce sont des boutons qui suivent le trajet d'une veine soit à Tencolure, soit sur le corps, ou bien aux extrémités antérieures ou postérieures. On les regarde comme faciles à guérir.
2" Bou salem (le père du sauvé). C'est le farcin qui vient sur différentes parties du corps ou des extrémités, mais à de très-grandes distances. Boutons rares et éloignés.
3* El kholt (le mélangé). H vient aux extrémités antérieures ou postérieures, ne suit pas le trajet des veines et se trouve entremêlé. Il passe pour dangereux, et même apré» guérison laisse toujours des traces.
• 4* Enfin, el ferg (le disséminé). Il vient sur tout le corps, aux lèvres, sur l'encolure, sur les extrémités. Ses boutons,
quî sont petits, paraissent et puis s'effacent ; Tanimal boite d'une jambe, cette jambe se guérit, quelques jours après il boite de l'autre ; il fait toujours face au soleil, renonce à la nourriture, maigrit considérablement et finit par rendre des matières sanguinolentes par les naseaux, c'est un symptôme précurseur de la mort. L'un des signes infaillibles de cette terrible maladie, c'est une corde sans boutons qui s'étend depuis l'oreille jusqu'au poitrail, en suivant l'encolure; le .mal arrivé à cette période prend le nom de bon chekhare (le père du ronflement).
Pour guérir le farcin, bou sebahhy il suffit de faire, avec une faucille rougie, une raie en travers au-dessus du bouton le plus élevé, tous ceux qui sont au-dessous crèveront d'euxmêmes ou sécheront. Les Arabes prétendent que, le farcin gagnant toujours de bas en haut, c'est la seule manière de l'arrêter.
Si les boutons ne crevaient pas d'eux-mêmes ou ne séchaient pas assez vite, on en aurait bientôt fini en les enduisant de miel et en les perçant avec une baguette de laurierrose rougie au feu.
Pour le bou salem, on met le feu au-dessus et de chaque côté des naseaux à une petite glande qui s'y trouve et que l'on nomme oukis. Cette glande, disent les Arabes, est le père du farcin. On va jusqu'à l'enlever, en se bornant, pour tout pansement, à mettre du sel sur les blessures qu'occasionne cette opération. On complète, au besoin, ce traitement en mettant le feu aux boutons avec le miel et le laurier-rose.
Le kholt. On le traite en faisant d'abord, avec la faucille, une raie transversale au-dessus du bouton le plus avancé, pour l'empêcher de gagner, puis on met le feu à tous les fioutons avec le miel et le laurier-rose. Si cette opération a été faite au membre avant qu'il fût enflé, le cheval guérit ; dans le cas contraire, il guérit encore, mai^ fie revient ja-