DE LA CASTRATION DES CHEVAUX
Le cheval par excellence, le compagnon du guerrier, Vhàle de la grande tenle, est celui qui possède toute la plénitude et toute l'énergie de ses facultés.
On s'imagine volontiers que la castration des chevaux est iqueroent connue en Europe, c*est une erreur ; celte opé- .ion se pratique dans le désert. Toutefois elle n'est en usage e chez les pauvres; le cheval du riche en est exempt, •jrquoi ? C'est ce qui est facile 5 comprendre. Le cheval entier rencontre dans le désert des sources conueiles d'excitation. L'air qui l'entoure lui apporte des inissements de juments et des senteurs d'herbes odori feues. Gris et parfums agissent sur ses sens et le rendent !icile à contenir, ^s gens riches peuvent seuls suffire à la
veillance qu'il exige. Qui ne peut faire garder son che-
est obligé de le castrer.
Voici comment se pratique la castration. On abat le chc-
et on lui fait une très-forte ligature au-dessus des testies, puis avec une faucille très-mince du dos, que Ton a uiffée a blanc, on pratique une incision assez forte pour X la peau se fende complètement et laisse apparaître les liculçs. Une fois les testicules au dehors, on les lie avec un
donnct de soie à la partie interne, on reprend ensuite la
cille et on les coupe en avant de cette seconde ligature.
ssitût cette opération terminée, on fait rougir et non plus
blanchir au feu un instrument en fer, rond comme le canon d'un pistolet. On cautérise avec cet instrument les parties que le fer vient de frapper, en ayant soin, toutefois, de no pas détruire les ligaturés. Après la cautérisatloD, on prend un tampon fait avec du sel que Ton plonge dans l'huile chaude où Ton a mis dissoudre du beurre, et l'on tamponne la blessure.
Pendant les trois premiers jours qui suivent sa castration, le cheval doit boire trèâ-peu. Pendant huit ou dix jours il doit porter une ceinture en cotonnade ou, à défaut de cotonnade, en laine. Cette ceinture, qui s'attache à ses reinâ, est destinée à préserver de tout contact avec l'air les parties où l'opération a été pratiquée. La nourriture Joit rester la même, mais la fatigue doit être nulle. Pendant dix ou douze jours le cheval gardera un repos absolu. On ne le montera ensuite tout le premier mois qu'avec de grands ménagements.
Comme il faut qu'une superstition s'attache toujours & toutes les coutumes du désert, on a soin de pratiquer un trou dans le sable immédiatement après la castration, et d'y enterrer les testicules coupés.
Si quelque animal venait à manger, ou si quelque ennemi venait à voir ces débris sanglants, ce «erait là un accident funeste, une cause certaine de malheur.
On castre les chevaux depuis l'âge de deux ans jusqu'à celui de huit ans. Les accidents sont très-rares. Les chevaux dont on n'a pas su garantir la blessure de l'air sont les seuls qui meurent
Dans certaines tribus, au lieu d'opérer la castration par un instrument tranchant, on masse les testicules de manière à les annihiler complètement; mais cette opération ne peut être faite que chez les poulains de six mois à un an.
La castration est tellement en usage dans le désert, qu'on l'applique même aux chameaux. Le chameau castré supporte la fatigue avec plus d'énergie que le chameau entier, parce