‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désertChapitre 63 sur 89 · CHASSE DE U GAZELLE · texte numérisé non relu

CHASSE DE U GAZELLE

Les jours de la chasse ne comptent point parmi les jours de la vie*

La chasse de la gazelle n'est pas comme celle de l'autruche une entreprise lucrative et pénible à la fois; c'est un exercice, un jeu, une partie de plaisir. La gazelle ne vaut guère qu'un franc ou un franc et demi, et ce n'est pas pour une proie d'un aussi faible prix qu'un Arabe préparera, entraînera, fatiguera un cheval, qu'il en risquera la perte, comme il arrive fréquemment à la chasse de l'autruche.

D'ailleurs, à cette chasse, le principal emploi n'appartient ni à l'homme, ni au cheval, pour lesquels ce n'est à proprement parler qu'une promenade, il appartient au lévrier, cet aulre compagnon du cavalier noble du désert, dont je ne tarderai pas à m'occuper.

Au reste, si la gazelle est de si peu de valeur, elle n'est pas rare. Partout, mais principalement dans le Sersou, on trouve le sine ou gazelle de petite taille ; dans le Tell et la montagne el ademiy la plus grande espèce ; el rime, l'espèce mtermédiaire pour la taille, se trouve dans le Sahara, on \q reconnaît à la blancheur de son ventre et de ses cuisses et à la longueur de ses cornes.

Toutes, elles voyagent par troupeau de quatre, cinq, dix, tingi, trente et cent; on en trouve parfois, assez fréquemment même, jusqu'à deux ou trois cents réunies. De loin, on croirait voir le troupeau d'une tribu en émigration. Le troupeau de gazelles est nommé djelliba,

La chasse de la gazelle n*est pas un plaisir exclusivement réservé aux cavaliers. Dans ces émigrations de tribu qui se renouvellent tous les jours au Sahara, une fois le bivouac établi près d'une source, d'une rivière, les chasseurs partent en grand nombre, ayant soin de se mettre contre lèvent; la gabelle à l'ddôràttfèg-développé, les émanations de l'homme que le vent lui apporterait la feraient immédiatement fuir.

Le chasseur s'avance en se cachant d'arbuste en arbuste, il imite de temps en temps le cri de la gazelle. Celle-ci s'arrête, regarde de tous côtés, cherche sa compagne égarée; le 3hasseur arfîve tout près d'elle, il peut en être aperçu sans qu'elle s'enfuie. A distance convenable, il tire un coup de fusil; rarement il manque, « à moins qu'un sort jeté sur son orme ne lui fasse faire long fen, et ne Tempêche toute la journée de partir. »

Au coup de fusil, tout le troupeau s'enfuit avec rapîdîtc; à une lieue ou une lieue et demie, la frayeur est dissipée; le souvenir de ce qui a causé son alerte est perdu, il s'arrête pour brouter comme auparavant.

Le vrai chasseur est vigoureux, marcheur infatigable, son expérience infaillible lui décèle le lieu où la troupe s'arrêtera; il s'élance de ce côté, s'embusque encore et recommence la châsse : It en peut dans sa journée tuer ainsi trois ou quatre, que ses amis et ses domestiques enlèveront et seront glorieux de rapporter au camp.

Au printemps, quand les petits djedi dorment dans l'alfa repus du lait de leur mère, on en prend quelquefois douze ou quinze dans nne matinée. C'est leur mère qui les dénonce le plus souvent.

GUàSSË de la gazelle. 551

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