CHAPITRE PRÉLIMINAIRE
J« ne tiens nullement dire : Ceci est hoMj ceci ett «MNf #/<; je àh tout simplement : B(M ou m§M^^i$, voici ce que font les Arabes.
Les cayaliers miinides étaient dëjà renommés du temps des Romains. Les cavaliers arabes ne le cèdent en rien à leurs devanciers. Le cheval est resté, de nos jours, le premier instrument de guerre pour ces belliqueuses populations. Une étude sur les ohevaux algériens, qui présentent encore les caractères des races barbes et arabes, n'intéresse pas seulement Tart hippique, mais aussi notre puissance en Algérie.
Le premier mérite d'une étude de ce genre, c'est l'exactitude des informations. A ce titre, je dois faire connaître les sources où j'ai puisé.
Pendant les seize années que j'ai passées en Afrique, j'ai rempli des missions ou exercé des fonctions qui m'ont mis ea rapports constants avec les Arabes, avec ce peuple si peu connu naguère, et que nous devions étudier pour apprendre i le dominer.
De 1837 à 1839, j'ai été consul de France à Mascara auprès de l'émir Abd-eUKader, puis chargé des affaires arabes dans la province d'Oran, que commandait alors H. le général
de la Moricière, et enfin directeur central des affaires ara* bas de rAlgérie sous le gouvernement de H^ le maréchal duc d'isly. ^
Ces diverses positions me mirent en relations avec les chefs indigènes et les grandes familles du pays.
J'avais appris leur langue, et c'est sur leurs renseignements que j'ai pu publier tour à tour le Sahara algérien, le Grand Désert et la Grande Kabylie , ouvrages qui ont rendu peut-être quelques services à la cause française, en éclairant d'importantes questions de guerre, de commerce et de domination.
L'étude des chevaux arabes, qui avait été l'objet de mes attentives recherches, m'a semblé former le complément de mes travaux antérieurs.
Aussi bien, celle question, pleine d'incerliludes et d'assertions contradictoires, était, comme aujourd'hui du reste, palpitante d'intérêt. En cas de guerre européenne, devionsnous toujours recourir à l'étranger, ou bien l'Algérie pouvait-elle venir à notre secours pour remonter notre cavalerie légère? Telle est la question nationale que je me suis posée et dont j'ai réuni toutes les bases par des interrogations aussi patientes que minutieuses^ pendant mon long séjour en Algérie.
Suivant les uns, les Arabes sont les premiers cavaliers du monde; au dire des autres, ils ne sont que des bourreaux de chevaux. Ceux-ci leur font honneur de toutes les bonnes méthodes admises chez nous ou ailleurs ; ceux-là les représentent comme n'entendant rien ni à l'cquitation, ni à l'Iiygiène, ni à la reproduction.
Qu'y a-t-il de vrai dans tout cela? Quelle est la valeur réelle des chevaux arabes? Quelle est la nature ôos services à en attendre?
J'ai voulu le savoir, non par ouï-dire, mais par lo t.éinni gnage de mes yeux ; non parles livres, mais par les iioinirics.