‹ Les chiens de chasseChapitre 20 sur 104 · ÉPAGNEUL FRANÇAIS · texte numérisé non relu

ÉPAGNEUL FRANÇAIS

mandie. Ne vaudrait-il pas mieux lire : de la G'rande- Bretagne? Car, de tout temps, les épagneuls ou chiens d'arrêt à longs poils, furent en honneur et très-soignés en ce pays sous le rapport de la race. John Dudley, duc de Northumberland, fut, au dire des plus anciens auteurs anglais, celui qui, le premier, en 1335, dressa l’épagneul à arrêter pour la chasse de la tirasse.

Or; n'est-ce pas merveille que la permanence de certains faits! Dès cette époque, les chiens épagneuls anglais étaient la plupart blancs ou marqués de grandes taches rousses, et on y apportait de France des chiens marqués de taches diffuses sur fond blanc. Le noir et le rouge étaient très-rares.

Il en est encore ainsi aujourd'hui, car les épagneuls bruns et noirs qui passent le détroït ne viennent point d'Angleterre, mais bien d'Écosse et d'Irlande; à la dernière exposition de chiens (1873), parmi les épagneuls français, nous n'avons pas trouvé un seul animal vraiment beau. La plupart de ceux que nous avons vus là sentent le sang anglais dans leurs ascendants. Je ne m'en étonne pas. Pour les ignorants, — et, par conséquent pour la plus grande partie du public, il ne faut pas se le dissimuler,— les épagneuls anglais ont toujours paru beaucoup plus jolis que les nôtres ; ils ont donc été accueillis avec la plus grande faveur ; on en a mis partout, avec fureur et sans aucune précaution. En effet, l’anglais est plus léger de formes, son poil est doux, luisant. Notre vieil épagneul français a l'air bourru, le poil ébourifté, le nez lourd, la patte grosse; mais... — 1l y a un furieux mais! — voyez-les tous deux après quatre heures de chasse au soleil !... É

Les épagneuls noirs et feu, — gordon anglais, — font une exception. Ils sont assez durs pour servir, même dans le Midi. Nous en avons vu, là-bas, quelques-uns dont on se montrait satisfait. Ceux que nous préférons nous l’avouons sans détour, ce sont les épagneuls noirs irlandais, — qu'il ne faut pas confondre avec les cokers

et water spaniels de robe noire du même pays, — que l’on avait séparés dans les 49° et 57° classes, et que l’on aurait pu parfaitement rapprocher. Il y avait, à l’exposition, une demi-douzaine de ces épagneuls vraiment remarquables, surtout une chienne avec ses sept petits, les uns noirs et les autres noisette, qui formait une char-

mante et rare famille. Je ne pense pas qu'elle ait été médaillée..

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