‹ Les chiens de chasseChapitre 26 sur 104 · FA · texte numérisé non relu

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nos pères. Doué d’une intelligence hors ligne, — quoique chien d'aveugle, dit-on! — le caniche vaut, pour rapporter, tous les retrievers du monde. Nous sommes des fous de ne pas l’employer à cela; d'autant qu'il va partout, sans sourciller, avec sa bonne grosse mine éveillée, avec son œ1l clair et interrogateur, avec sa figure caressante!

Qu'on ne s'y méprenne pas. Du griffon au caniche, en passant par ce que nous appelons aujourd'hui le barbet, la transition est insensible. Ce que nous nommons maintenant barbet, est ce que Buffon appelait un chien bouffe, métis des deux extrêmes, et gardant sur le dos un pli qui rappelle la crinière du lion.

D'où vient le caniche ? Est-il indigène comme le griffon et le barbet? La question est délicate. Le Danemark et le nord de l’Allemagne en ont une race toute noire, extrêmement puissante. Ces chiens sont très-féroces, d’une grande force, gardant bien tous objets auprès desquels on les place et chassant volontiers à voix.

L'origine septentrionale des chiens à toison laineuse, partant très-chaude, comme le caniche, le spitz, etc., nous semble beaucoup plus probable que toute autre. La nature ne fait point de contre-sens: Elle retire toute toison aux chiens des pays chauds et en fait des chiens nus. Le havanais, malgré son nom, est un métis fabriqué, tandis que le caniche est un produit naturel.

La chèvre angora n'a sa toison laineuse que parce qu'elle habite les montagnes, partout ailleurs la chèvre a le poil ras au midi et demi-ras chez nous : l'animal transporté sous d’autres climats revient tout seul et rapidement à son pelage primitif. Nous en avons eu des

exemples pendant les efforts qu'a faits la Société d’acclimatation pour introduire ces animaux en France : c’est à peine si en Italie, ils gardent leur belle toison. Leur éducation ne s’y fait pas sans dépense, si nous en croyons les lettres de M. Benvenuto Comba, directeur des élevages dans l’admirable parc de la Mandria. Ce parc appartient à DS. M. le roi d'Italie; c’est là où ce prince se livre aux essais les plus remarquables d’acclimatation de grands gibiers exotiques.

CHIENS COURANTS

Par leur structure, par leur descendance, par les emplois qu’on leur a fait tenir dans les chasses, les dogues, mâtins et lévriers ne peuvent être séparés du chien courant ; cependant, nous ne nous appesantirons pas sur eux. Les premiers sont, désormais, peu ou point employés à la chasse, même pour le vautrait où ils pourraient rendre de grands services : les seconds, proscrits par la loi, ont disparu du chenil pour entrer au salon ; aussi peu caressants, aussi peu civilisés à un endroit qu'à un autre.

Quant aux chiens d'ordre, la noble pépinière de nos meutes, nous adopterons presque entièrement, après mûre réflexion, la classification si consciencieuse proposée par M. Lecouteulx de Canteleu dans sa Vénerte française pour nos races aborigènes connues depuis des siècles, et

dont un certain nombre avaient résisté pures jusqu’en

A la suite des chiens d'ordre, viendront tout naturellement ce qu’on pourrait appeler leur dégénérescence et qui nest, en réalité, qu'un moule réduit pour les besoins particuliers. Nous avons nommé le briquet, souche estimable de nos meutes de second ordre, en somme, les plus répandues. C’est avec le briquet que l’on chasse partout le chevreuil, le lièvre, le renard, le lapin.

‘était, autrefois comme aujourd’hui, le briquet qui composait le cheml des petits gentilshommes, du peuple des chasseurs, car, alors comme maintenant, les moins riches étaient les plus nombreux!

Dès 1627 il en était ainsi, et M. de Maricourt définit le briquet de son temps absolument comme s’il parlait du nôtre :

€ Le propre des briquets est de courre le connil. Ils « ne peuvent pas s’assujettir à courre un lièvre pen- € dant longtemps. »

En cela, nous avons progressé. Nos briquets chassent le lièvre pendant longtemps, souvent de meute à mort, tout aussi bien que les chiens d'ordre ; ils ont beaucoup gagné en fond par leurs croisements avec les harriers et les beagles, s'ils ont perdu sous tant d’autres rapports. Malgré cet avantage que nous sommes trop francs pour ne pas reconnaitre, il serait grand temps de répudier ces alliances étrangères, et de créer, de toutes pièces, avec nos admirables matériaux, des races de briquets incomparables. Nous possédons, comme races du pays, tout ce qu'il faut pour cela et rien ne sera plus

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facile dès qu'on le voudra sérieusement. Il ne faut, répétons-le, qu'un peu de patience et d'adresse pour diriger les sélections dans le sens que l’on désire. Cependant, 1l n’est vraiment pas sans intérêt de curiosité de voir combien les goûts ont changé dans notre pays. € Des nombreux passages, dit le baron de Noirmont, où le briquet est cité dans les romans de chevalerie, on peut induire que c'était un chien de petite stature, très-lent, très-collé à la voie, criant d’un ton bas et lamentable et rapprochant à merveille. Dans le roman d’ Aubery le Bourgoing, on cite la petitesse de leurs oreilles :

Petite oreille comme gentil bracon.

€ Ilest probable qu'il était d'usage de couper en pointe les oreilles de ces chiens, comme on le faisait en Espagne au X VIT siècle pour tous les chiens courants » et comme on le fait encore aujourd’hui en Angleterre, tandis que nos veneurs se montrent fiers de la belle coiffure de leurs briquets.

Nous laisserons au dernier plan les bassets des deux espèces : non qu'ils soient à dédaigner en quoi que ce soit, au contraire! Ce sont eux qui, les trois quarts du temps, aujourd'hui, composent tout l'équipage de ceux qui ne possèdent point de grandes chasses. Et avec raison... Autres temps, autres mœurs! Maintenant que la propriété est morcelée à l’excès, que l’on ne peut prendre le plaisir de la chasse qu'avec le bon vouloir de ses voisins dans la plupart des cas, on a raison de raccourcir ses

chiens, et de rester, autant que possible, chez so1. d

Or

, les bassets remplissent admirablement ce pro-

gramme. Telle est la cause de leur faveur.

Revenons aux chiens d'ordre, dons nous voulons es-

quisser l’histoire. On peut estimer à douze les souches

dont nous avons tiré nos chiens courants en France : :

Les quatre races royales.

Griffons courants

Braques courants,

ds

[Re

[ep]

LU DIANCH AUOT TES

. Fauves de Bretagne. .

. Gris de saint Louis. ..

. Chiens de Bresse.

. Vendéens et Bretons.

+ Gascons........ ....

| o AU . Chiens de Normandie. Bordelais

. Chiens de Saintonge. . |

Saint-Hubert noirs. Saint-Hubert blancs ou greffiers.

Vendéens

A dE blancs (?).

| actuels.

Saintongeois

actuels.

à À Chiens Céris et Poitevins actuels,

Chiens du Poitou. .... cl

Artois.

Picards.

Des quatre races royales, aucune n’existe plus aujour-

d'hui, et, si nous en parlons, c’est pour remonter aux origi-

nes connues de nos races actuelles, et permettre aux veneurs de se guider dans les croisements et métissages qu'ils peuvent penser à faire pour rétablir nos races françaises dans leur ancienne splendeur, et leur donner les qualités spéciales qui ont amené l'engouement si fatal des chiens anglais.

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