CHIENS DE SAINT-HUBERT, NOIRS
On connaissait, dès le XIII siècle, deux espèces de chiens de Saint-Hubert : les noirs et les blancs.
On estimait surtout les nors, dont les abbés du monastère de Saint-Hubert, en Ardennes, gardaient précieusement la race en l’honneur et mémoire du saint qui estoit veneur avers saint Eustache! Jusqu'en 1789, ils envoyaient, tous les ans, de ces chiens aux rois de France. On les eut d’abord en grande estime pour le vautrait, car Charles IX déclare déjà qu’ilsne valent rien pour le cerf. Quand bondit le change, ils restent ahuris, ne chassant plus ni le change ni le droit, ce qui indique des chiens lents, chassant de forlonge et par le menu, de haut nez et très-collé à la voie.
Il n'est pas sans intérêt de remarquer que cette race notre était fortement lavée de roux. Ces chiens étaient de moyenne taille, longs de corsage et bas de jambes, quatre-œ1llés de rouge et jambes de même couleur, ne portant de poils blancs qu’au poitrail. Le roi les trouvait, ainsi que Du Fouilloux, &« meilleurs à la main que hors du couple, » aussi en faisait-on d’admirables limiers pour le noir.
Il paraît certain que cette race avait été déjà beaucoup modifiée par des croisements, en 1530 ; Salnove les cite comme existant encore chez quelques seigneurs du nord de la France.
Cette race noire n'existe plus en France ; elle était déjà rare avant la révolution; mais elle paraît s’être conservée en Angleterre, sous le nom de b/oodhounds noirs. Warrior et Brenda, magnifiques spécimens noirs, chaussés et œillés de rouge que M. le comte Lecoulteux de Canteleu avait ramenés d'Angleterre, et exposés en 1873 au Jardin d’acclimatation, peuvent être des derniers descendants de cette race. Ils ont reçu le premier prix, et le méritaient.